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18 millions de morts, plus de 21 millions de blessés dans 25 pays

Commémoration

C’est le terrible bilan de la première guerre mondiale, dont on célébrait samedi en France le 99e anniversaire de l’armistice, qui signait la fin de quatre ans et demi de guerre. Le traité de paix était signé huit mois plus tard à Versailles. Comme chaque année, le 11 novembre a été commémoré à Périgueux en présence de la préfète Anne-Gaëlle Baudouin-Clerc, des autorités civiles et militaires, mais aussi de nombreux jeunes.
L’Hexagone est le pays allié ayant payé le plus lourd tribut à ce conflit mondial, avec 1,4 million de morts militaires, 300 000 civils, et près de 4,3 millions de blessés militaires. Depuis 2014, le pays est engagé dans la célébration du 100e anniversaire de la Der des der, et au-delà des grandes opérations militaires connues et reconnues, la bataille de la Marne, Verdun, le Chemin des Dames..., le quotidien de ceux qu’on appelait les Poilus, et la vie dans les tranchées ont été mis en avant. Est-ce ce qui explique ce regain d’intérêt de la génération montante pour cet épisode de notre Histoire ? Ou est-ce l’éloignement des faits, qui affaiblit, voire efface l’aspect émotionnel et (ou) litigieux ? Toujours est-il qu’il y avait beaucoup de monde et particulièrement des jeunes dans l’assistance. Des lycéens de Saint-Joseph et des élèves de la classe Défense et sécurité globale du collège de Saint-Astier ont lu respectivement le message de l’Union française des associations de combattants et victimes de guerre, deux lettres de Poilus et un texte de Clémenceau sur l’entrée en guerre des états-Unis. Il revenait bien sûr à la préfète de lire le message de la secrétaire d’état auprès de la ministre des Armées, Geneviève Darrieusseq, avant les remises de gerbe, toutes effectuées avec la participation d’élèves, par les autorités présentes. La commémoration a été l’occasion de remettre deux insignes de Chevalier de l’ordre national du mérite aux chefs d’escadrons Jacques Mamet et Alain Lacote, du Centre national d’entraînement des forces de gendarmerie (Cnefg), par le colonel de ce centre Stéphane Bras, et la médaille de la protection militaire du territoire, agrafe Sentinelle, à l’adjudant-chef de réserve Didier Lépine par le colonel Arnaud Dartencet, commandant la Délégation militaire départementale (Dmd).
Puis c’est dans les grands salons de la préfecture que Joël Houver, demeurant à Carlux, Jean-Claude Poulaine (Saint-Médard-de-Mussidan), Jacques Roux (Champcevinel), Patrick Thévenot (Boulazac) et Marijan Viler (Sorges), ont reçu des mains de la préfète la Croix du combattant. Cette dernière étant un insigne officiel délivré aux titulaires de la carte du combattant (créée en 1926 pour apporter un statut particulier à ceux qui avaient participé aux combats), sa remise est considérée comme civile et ne peut donc se dérouler au cours d’une commémoration. C’est pourquoi il y eut deux cérémonies distinctes.
Comme il est de tradition, une collecte pour les Bleuets de France avait lieu dans les rues, et était assurée par des lycéens. Quatre élèves vendaient la petite fleur, symbole de la reconnaissance du sacrifice des soldats, rue Taillefer. Participer à cet effort de solidarité moral et financier envers les anciens combattants, les victimes des guerres d’hier et d’aujourd’hui, et désormais aussi celles des actes terroristes, leur a paru normal, même si pour eux, la guerre de 14/18 est entrée dans la Grande Histoire. Seul un d’entre eux savait comment sa famille avait traversé ces quatre ans et demi, puisque son grand-père était pupille de la Nation, son propre père faisant partie du 1,4 million de soldats morts sur le champ de bataille ou des suites de leurs blessures. Les autres ont confié leur ignorance totale sur le vécu de leurs aïeuls durant ce conflit. Pour eux, la première guerre mondiale, contrairement à la seconde, n’a plus de visage proche ou familier pour la faire exister autrement que comme un épisode historique qui a profondément meurtri et changé la société française. Ils l’abordent donc avec plus de sérénité.

 

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