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Trop de régressions successives

Social

Jeudi, les électriciens et gaziers de Dordogne, comme leurs collègues de toute la France, seront dans l’action à l’appel de la Cgt, à l’occasion de la réunion prévue à Paris avec les syndicats de leur entreprise et la direction. Entre salaires en berne et dégradation des conditions de travail, le ras-le-bol est réel.

Les agents de ce qui fut longtemps l’entreprise nationale Edf-Gdf n’en peuvent plus, et ont bien l’intention de le faire savoir à l’occasion de la rencontre prévue ce jeudi entre leur direction et leurs organisations syndicales.
Pour l’instant, seule la Cgt appelle à se mobiliser ce jour-là. Si la question des salaires, dont les revalorisations annuelles sont proches de zéro (l’an dernier, ce fut du 0 %, et cette année, on leur propose 0,2 %) est au centre de l’action, la dégradation des conditions de travail et les pressions de plus en plus prégnantes de la direction participent au ras-le-bol général ressenti par les agents. Dans la continuité de leur dernière mobilisation, les électriciens pourraient procéder à des coupures de courant ciblées, malgré les plaintes déposées à chaque fois par leur hiérarchie. éric Rebière, délégué Cgt-énergies à Périgueux, indique que ses collègues ne se laissent pas impressionner par ces manoeuvres : « L’histoire d’Edf est ponctuée de multiples actions de ce type qui n’ont jamais porté préjudice aux agents. Au contraire, elles ont permis de mettre en place des avancées, tant pour l’entreprise que pour les salariés ». Il y avait bien longtemps que ces derniers avaient abandonné ces pratiques, pour préserver l’économie, « mais durant cette période, nous sommes allés de régression en régression, et avons vu notre salaire chuter ». Il précise qu’il y a quelques années, les revalorisations salariales couvraient l’inflation, ce qui n’est plus du tout le cas. La direction préfère instaurer une « prime au mérite », et éric Rebière confie : « Nous sommes sur une pente où elle ne tient plus à augmenter les rémunérations. Le salaire de base ne bouge pas, mais on nous propose des récompenses adjugées au mérite, ce qui est très inégalitaire, car subjectif, et cassant l’unité de traitement entre les agents ». De ce fait, ça porte aussi préjudice à leur statut. Les « mutualisations », « réorganisations » et autres «  rationalisations » ont entraîné, comme l’avaient prévu les syndicalistes,
« une dégradation du fonctionnement de l’entreprise. Les agents sont amenés à faire de plus en plus d’interventions en dehors de leurs heures de travail, ceux de Périgueux peuvent être envoyés à Bordeaux en étant prévenus le matin même, et on est beaucoup plus souvent obligés de faire appel à des unités d’autres départements. Avant, nous disposions d’assez de moyens pour lever du personnel, mais aujourd’hui, dès qu’il y a un coup de vent, comme la situation des effectifs s’est beaucoup dégradée, il faut faire appel à des unités extérieures ». Il précise que sur la Dordogne ils ont perdu, ces dernières années, de nombreux services. Celui de la comptabilité est parti, la branche commerce devrait suivre. « énédis a confié beaucoup de tâches au privé » révèle le syndicaliste qui reconnaît qu’il y a eu des embauches ces derniers temps, « car il y avait une grosse vague de départs en retraite ». La logique qui prévaut à leur action est aussi celle de la réappropriation de leur outil de travail, car les ponctions effectuées sur les bénéfices de l’entreprise, qui en fait, au profit des actionnaires sont de plus en plus élevées. « ça fait aussi partie de ce qui n’est plus acceptable » glisse éric Rebière. L’action devrait se traduire par des piquets de grève sur chaque site.

Petit historique
Dans le cadre de l’ouverture du marché de l’énergie, et « pour permettre un accès au réseau de distribution non discriminatoire à tous les clients quel que soit le fournisseur choisi », Edf et Gaz de France ont mis en place à partir du 1er juillet 2004 deux gestionnaires de réseaux de distribution séparés, un pour l’électricité (Edf Réseau Distribution) et un pour le gaz (Gdf Réseau Distribution). Edf-Gdf Distribution représentait le service commun de ces deux directions. Depuis le 1er janvier 2008, les activités d’Edf-Gdf Distribution sont transférées dans deux entités : Électricité réseau distribution France (Erdf, devenu Enedis le 31 mai 2016, filiale du groupe Edf) et Gaz réseau distribution France (Grdf, filiale du groupe Gdf, devenu Gdf Suez en juillet 2008, puis Engie en avril 2015).