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L’art vécu comme thérapie pour oublier son cancer

Des patients de l’hôpital de jour d’hématologie et d’oncologie du centre hospitalier de Périgueux exposent actuellement les œuvres qu’ils ont réalisées au cours de séances d’art thérapie.
« Quand je repars d’ici, je suis en pleine forme. Quand je peins, je m’évade, je pense au tableau. On oublie notre souffrance, notre maladie. Moi, désormais quand je viens à l’hôpital, demandez à mon mari, je suis contente car je sais que je vais retrouver Elodie ». Antonietta, Florence, Simone et Michèle sont presque des artistes accomplies. Patientes de l’hôpital de jour d’hématologie et d’oncologie du centre hospitalier de Périgueux, elle exposent actuellement dans le hall de l’établissement quelques-unes des œuvres qu’elles ont pu réaliser sous la houlette d’Elodie Barbut-Paillard, dans le cadre d’ateliers d’art thérapie.
Financés grâce aux dons de la Ligue contre le cancer et de la fondation de dotation Patrick de Brou de Laurière, ces ateliers sont proposés depuis le mois de décembre 2015 aux patients qui le souhaitent de l’hôpital de jour d’hématologie-oncologie. L’an dernier, ce sont ainsi 60 patients qui ont pu en bénéficier au cours de 250 séances. « Ce sont des soins de support qui apportent un soutien psychologique », souligne Thierry Lefebvre, le directeur de l’établissement.
A la manœuvre de ces ateliers d’art-thérapie, on retrouve Elodie Barbut-Paillard. Plasticienne de formation, elle a suivi un Du spécifique à la fac de médecine de Poitiers pour devenir art-thérapeute diplômée. Petit paradoxe, si le diplôme est reconnu, la profession comme celle de soignant, non. Ce qui n’empêche pas Elodie Barbut-Paillard de dispenser ses soins, bien au contraire. Un moment de plaisir Pour elle, ces ateliers sont « l’occasion d’offrir un moment de plaisir au-delà de la maladie. Les séances offrent au patient un mieux-être pendant et après l’hospitalisation ». Les toiles présentées par l’exposition visible dans le hall de l’hôpital jusqu’au 28 février sont à la fois touchantes et surprenantes, pleines de couleurs et de vie. Elles trahissent également la maîtrise de certaines techniques. Pourtant, près de 80 à 90 % des patients qui participent aux ateliers d’art thérapie n’avaient jamais touché un pinceau de leur vie avant de franchir les portes de l’hôpital. « Ce qui fait la différence, c’est qu’ils sont acteurs de leurs soins pendant les ateliers. Ce sont eux qui décident de la production, de la technique à mettre en œuvre », indique Elodie Barbut-Paillard.
C’est elle qui va au-devant des patients pour leur proposer de participer aux ateliers. Parfois elle essuie des refus, mais dans l’ensemble, l’accueil est plutôt positif. « L’art thérapie est à la fois actif avec la production de toiles, et passif. Le patient peut ne pas vouloir peindre, mais il est toujours possible de discuter sur l’art, sur ce qu’il apporte », explique encore l’art-thérapeute, qui regorge d’anecdotes. « Certains sont très surpris de ce qu’ils peuvent produire ». Ainsi, une patiente a bien mis cinq séances avant de découvrir qu’elle était en capacité de peindre. Des vocations se sont également créées, comme avec cette autre patiente qui aimait dessiner lorsqu’elle était jeune mais qui n’avait plus touché à un pinceau depuis une quarantaine d’années. Les ateliers d’art thérapie ont été pour elle une véritable révélation puisqu’en rentrant chez elle, elle s’est équipée et à ce jour a produit plus d’une cinquantaine de toiles dont certaines ont fait l’objet d’une exposition dans son village, à Aubas. « Bien que les ateliers se passent à l’hôpital, nous sommes dans une relation autre que la maladie », reprend Elodie Barbut-Paillard.
« Pendant les ateliers et quand ils en sortent, ils parlent de ce qu’ils font, pas de la maladie. Le but du jeu, c’est d’atténuer leurs symptômes ». Et à écouter parler Antonietta, Florence, Simone et Michèle, nul doute que le but est atteint.
E.C.

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