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« Ils tuent la République »

Social

Jeudi les agents des trois fonctions publiques, territoriale, hospitalière et d’état seront dans la rue à l’appel d’une intersyndicale plus large en Dordogne (neuf organisations) qu’au niveau national (sept). La déréglementation totale du code du travail est le danger que tous voient poindre à moyen terme.

On le sait, le gouvernement veut supprimer le statut des fonctionnaires, tout en attaquant les conventions collectives. Cette dérèglementation totale du Code du travail est un danger réel pour la cohésion et la survie de notre société avec ses valeurs républicaines.
« Le gouvernement est en train de tuer la fonction publique. C’est très grave. S’il n’y a plus de fonction publique, il n’y a plus de République. C’est la porte ouverte à tout ». Les syndicalistes Cfdt, Cfe-Cgc, Cftc, Cgt, Fa, Fsu, Solidaires et Unsa de fonctionnaires ne manquent pas d’exemples concrets pour appuyer cette affirmation. Il y avait 213 bureaux de Poste en Dordogne il y a 15 ans, on en recense moins de 80 aujourd’hui. Le nombre de perceptions a été divisé par deux, et on est passé de 450 écoles primaires en 2012 à 394 en 2018. Dans la fonction publique hospitalière la situation est tout aussi alarmante. Les titulaires et stagiaires étaient 6 400 en 2011, trois ans plus tard, on en comptait 4 360, et les chiffres 2017 révèlent qu’ils sont désormais moins de 4 000. La saignée franche et brutale que les syndicats et les agents dénoncent depuis des années éclate au grand jour, et les Périgourdins peuvent constater quotidiennement la difficulté de plus en plus grande d’accès aux services de la vie quotidienne.
Pour pallier ces baisses drastiques, les fonctionnaires font tant bien que mal face, devant les élèves, les patients, les contribuables, les usagers, mais c’est au détriment de leur santé, et de leur vie familiale. Et aussi au détriment du service rendu à la population, qui se dégrade malgré leur volonté de respecter l’engagement qu’ils ont pris en s’engageant dans ces missions. La Territoriale est dans le même état, soumise aux baisses des dotations, ce qui complique ses actions. Pourtant, les agents du conseil départemental sont quasiment les derniers à intervenir dans les territoires ruraux. Pour la Prévention maternelle et infantile (Pmi), il ne sont que sept médecins, ce qui ne permet pas d’assurer correctement leurs missions de prévention et de dépistage. Comme ils sont pour ainsi dire les derniers toubibs du service public en zones isolées, c’est en premier lieu la santé des enfants de ces lieux qui ne peut être surveillée comme il le faudrait. Or ce sont aussi ces enfants qui, pour cause de regroupements scolaires, font des journées à rallonge, avec jusqu’à deux heures de bus par jour pour aller et revenir de l’école. Des transports scolaires qui viennent d’ailleurs d’être confiés à la Région, posant quelques petits soucis de trajets, les routes du département vues sur une carte depuis Bordeaux n’ayant pas tout à fait la même configuration que quand on les emprunte avec un car. Bref, la liste est bien longue des obstacles mis sur les chemins de la solidarité et de l’action publique en faveur de la population en son entier, et non seulement des nantis amis du petit banquier qui dirige la France comme une entreprise.
Si les agents des trois fonctions publiques seront dans la rue jeudi, ils seront certainement rejoints par des salariés du secteur privé, victimes eux aussi de mesures anti-sociales qui les précarisent et obstruent l’avenir de leurs enfants. Le manque de travailleurs sociaux et médico-sociaux est aussi criant, pour les espaces verts, les routes, les agents sont appelés sur des astreintes la nuit, et doivent redémarrer le lendemain ce qui engendre des arrêts de travail obligeant les présents à se répartir le travail en endossant une charge supplémentaire... Au quotidien, les agents des trois services publics constatent qu’à effectif complet, ils ont déjà du mal à remplir toutes leurs missions, les réformes de Sarkozy ayant tellement réduit leur nombre qu’ils sont à flux tendu.     Alors faire face aux arrêts ma-ladie relève du défi personnel.  Macron prétend n’entendre aucune colère dans la rue. Pourtant, elle est là, palpable, venue de tous les secteurs, des ouvriers aux cadres, du public au privé, et la journée d’action de jeudi devrait le prouver. « Nous sommes tous des usagers, et nous avons tous eu, à un moment ou à un autre, à déplorer l’altération des services de la Poste, de l’hôpital... » conclut l’intersyndicale qui, en Dordogne, est renforcée par l’Unsa et la Cfdt, deux organisations qui n’appellent pas à cette journée d’action au niveau national.

Les griefs des fonctionnaires
Ils déplorent que leurs métiers ne soient plus attractifs, et pointent leurs nombreuses revendications. Le gel du point d’indice, le rattrapage de la perte du pouvoir d’achat, l’arrêt des 120 000 suppressions d’emplois annoncés, la création de postes statutaires pour intégrer les trop nombreux contractuels, un dispositif pour parvenir à une réelle égalité hommes-femmes, l’état étant loin d’être exemplaire en la demeure, l’abrogation du jour de carence « qui n’amène rien à la fonction publique, au contraire » estiment les agents, qui demandent aussi le maintien du statut des fonctionnaires, et de celui des autres métiers. Ce mouvement s’inscrit dans la continuité de ceux des cheminots et des retraités, qui pourraient être présents. Des salariés d’Edf ont manifesté leur volonté de rejoindre le cortège, et les lycéens devraient aussi rejoindre l’action, étant concernés au premier chef.

Les cortèges
à Périgueux, le rendez-vous pour cette grande manifestation de défense de nos services publics est fixé devant le palais de justice à
10 h 30. à Bergerac et Sarlat, deux manifestations sont aussi prévues, mais sans réelle intersyndicale puisque dans la cité de Cyrano, seules la Cgt et la Fsu appellent à se retrouver à 15 h devant le palais de justice. à Sarlat, la Fsu devrait être rejointe par la Cgt et Solidaires. Les habitants sont invités à 17 h 15 place du 14 Juillet pour exprimer leur soutien et leur mécontentement.

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