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« On dépasse l’acceptable »

Social

Pour la première fois depuis plus de six ans, trois syndicats de l’éducation nationale, le SGEN-CFDT le SE UNSA et la FSU s’unissent pour organiser une journée d’action, mardi, dans les premier et second degrés, qui concerne tant les personnels enseignants que les administratifs.

Il y avait bien longtemps qu’on n’avait pas eu de mouvement unitaire au sein de l’Education nationale. Avec trois syndicats localement et quatre nationalement (avec le SNAC, qui n’est pas représenté en Dordogne), c’est une vraie colère qui devrait s’exprimer mardi dans la rue.
Le monde enseignant est à bout, et ne sais plus où donner de la tête. D’un côté le gouvernement jure, la main sur le coeur, que l’éducation est une priorité nationale, il met en place le dédoublement des CP dans les quartiers prioritaires (16 classes sont concernées sur le département), et de l’autre il prévoit la suppression de 4 500 postes de fonctionnaires, dont 2 650, soit 40 %, dans l’Education nationale. Des suppressions qui vont impacter autant le premier que le second degré, mais aussi les personnels administratifs et non enseignants. « En Dordogne, nous nous sommes vite mobilisés » précisent les responsables syndicaux, Xavier Marliangeas pour le SGEN-CFDT, Jérôme Bousquet pour le SE UNSA, et Teddy Guitton pour la FSU « car nous avons déjà subi, sous les gouvernements précédents, des suppressions. Le résultat est que nous avons de plus en plus de contractuels et, c’est inédit, dans le premier degré aussi ». Ils sont en effet huit à officier dans des écoles maternelles ou élémentaires. « Si on continue à ne pas recruter, ça perdurera. On nous dit que notre territoire n’est pas attractif et que personne ne veut y venir, mais ce n’est pas le problème. Aujourd’hui, on recrute 90 personnes pour 100 qui font besoin. Or les départements ruraux, comme le notre, en font les frais à cause du manque d’infrastructures, de l’état des routes... ». Quand on leur parle de la fameuse « école de la confiance », ils rient jaune. « Nous, titulaires de l’Education nationale en poste, nous avons du mal à la percevoir, alors comment aller recruter du personnel quand elle n’est pas instaurée, que ce soit sur son fonctionnement, les salaires ou le recrutement ? » Quand le discours est à ce point à l’opposé des actes, « c’est destructeur. On dépasse l’acceptable ». Les syndicalistes se font donc le relais de leurs collègues en demandant « l’arrêt de ce projet et des suppressions de postes. C’est le mot d’ordre de la journée d’action ». Le personnel administratif devrait payer un lourd tribut aux suppressions de poste annoncées, surtout dans le second degré, et quand on leur dit que le premier degré ne sera pas impacté, les syndicalistes rétorquent : « On prétend rajouter des postes, mais ça masque une réalité sur les territoires. Car en primaire, l’augmentation du nombre de postes est biaisé, la priorité étant au dédoublement des CP et CE1 en quartier prioritaire qui ne sont que cinq sur la Dordogne. Or pour assurer ces dédoublements, on prend sur le volant de remplaçants ou sur le dispositif Plus de maîtres que de classes. Donc, on a maintenu les postes, mais certaines classes en ont profité, d’autres pas, et en zone rurale, nous n’avons pas l’impression d’être dans le bon wagon ». 16 CP sont dédoublés cette année, et donc, 16 CE1 le seront l’an prochain, ce qui engendre le besoin de 16 postes supplémentaires... dans un contexte de suppressions de fonctionnaires. Alors, sauf à déshabiller Pierre pour habiller Paul, les syndicalistes ne voient guère comment résoudre cette équation. Ce mouvement pourrait n’être que le premier d’une colère qui touche tous les fonctionnaires, et il pourrait s’étendre à toute la fonction publique, d’Etat, hospitalière et territoriale, « ne serait-ce que sur la base des salaires ».

Modalités
Les manifestants sont invités à se retrouver, le lundi 12 novembre à 10 h 30 devant l’Inspection académique à Périgueux (rue Alfred-de-Musset) avant de partir en cortège à travers la ville.