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Une abomination enfin reconnue

Mémoire

Hier matin dans l’enceinte du lycée Bertran-de-Born à Périgueux, la Journée commémorative de l’abolition de l’esclavage était célébrée en présence de personnalités et de corps constitués. Les jeunes stagiaires du Service militaire adapté (Sma), originaires des Dom-Tom, assuraient le protocole.

L’abolition de l’esclavage ne fut pas un long fleuve tranquille. Entre la date où elle fut promulguée, 1794, et celle où elle fut effective, 1848, il sera passé de l’eau sous les ponts.
Et comme le rappelait le préfet de la Dordogne, Frédéric Périssat, dans son discours, s’il fallut 54 ans entre la décision de l’abolition et la publication du décret, ce fut encore plus long pour qu’une loi reconnaisse enfin l’esclavage comme un crime contre l’Humanité (2001) grâce à Christine Taubira, alors députée de la Guyane. La Journée nationale ne fut instaurée que cinq ans plus tard, soit en 2006. Depuis, chaque 10 mai, jour de promulgation de la loi Taubira, la France reconnaît sa responsabilité dans l’enlèvement, la séquestration, le travail forcé, le meurtre ou les mutilations de ceux dont les descendants étaient présents hier matin à B. de B., en tant que stagiaires du Sma, ou élèves du lycée-collège, ou membres de la communauté éducative et administrative... Se déclarant « heureux de pouvoir commémorer cette journée en présence du Sma », le préfet rappelait que cette cérémonie permettait, « de mieux appréhender ce volet sombre de notre histoire. Pendant des siècles, des millions de femmes, hommes, enfants, furent arrachés à leurs terres, leurs maisons, leurs familles, leur culture, enfermés dans les cales des navires, dépossédés de toute liberté, de toute dignité ». Ceux qui se révoltaient étaient mutilés, ou tués. L’abolition, « résultat de la lutte de ceux qui sont allés con-tre l’ordre établi», fut donc obtenue bien avant la reconnaissance des souffrances infligées et de la négation même de l’humanité de ceux qui en ont été victimes, ce qui justifie que l’esclavage soit déclaré Crime contre l’Humanité.
L’identité propre de ces populations, dont « la souffrance de la déportation, de l’exil et de l’asservissement » a été trop longtemps niée, est encore passée sous silence, « et nos compatriotes de Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte..., restent convaincus que cette violence originelle continue à être ignorée, voire méprisée. Ils attendent de l’état la reconnaissance de leur singularité ». Et le préfet admettait à demi-mot que cette certitude n’était pas injustifiée, indiquant : « La discrimination reste encore trop souvent présente. Cette cérémonie doit rappeler l’article 1 de notre Constitution », qui stipule que tous les Hommes naissent et demeurent égaux en droits. Pour les stagiaires du Sma, cette cérémonie est, « une fierté. ça rappelle ce qu’on a vécu ». Dans les îles, ils étudient de façon approfondie cette histoire, et pour eux, « c’est un devoir d’apprendre et de savoir. Nos grands-parents, arrières grands-parents sont passés par là ». Chaque département ou territoire possède aussi sa propre journée de commémoration pour l’abolition de l’esclavage, en fonction de la date à laquelle elle y fut effective. Ainsi, pour La Réunion, c’est le 20 décembre. Deux Mahorais, Abouhari et Ahmed, glissent que « ça fait du bien d’assister à cette cérémonie ». Arrivés en métropole depuis deux mois, ils estiment avoir la chance de venir y suivre une formation, avec juste un petit bémol, « le froid ! ». De nombreux élèves du collège et du lycée ont suivi la cérémonie, ainsi qu’une classe de jeunes Russes en immersion au lycée, qui ont suivi la commémoration avec attention, la trouvant « intéressante, mais un peu difficile pour tout comprendre ».  

L’esclavage
C’est en 1642 que Louis XIII autorise la traite des Africains. En 1672, une ordonnance royale encourage même la traite privée en accordant aux négriers une prime de treize livres par « tête de nègre » importé des colonies ! Le 4 février 1794, le décret d’émancipation et d’abolition de l’esclavage, voté par la Constitution, est étendu aux colonies françaises.

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