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Une mère-patrie défaillante

Commémoration

Hier l’association départementale des Harkis, veuves et orphelins et leurs amis commémorait le 12 mai 1962, date de leur abandon par l’armée française symbolisée par le télégramme de Pierre Messmer, alors ministre de la Guerre, exigeant des officiers qu’ils empêchent les Harkis de rejoindre la métropole.

La France a toujours eu du mal à reconnaître les fautes et exactions commises par son armée, sous les ordres de ses plus grands chefs. Le Rwanda en est l’exemple le plus actuel, le gouvernement reportant une nouvelle fois la reconnaissance de sa responsabilité dans le génocide des Tutsis.
Les Harkis, qui attendent depuis 57 ans la prise en compte de leur histoire et de sa spécificité, en sont l’exemple parfait. Après avoir, pour la majorité d’entre eux, combattu dans les rangs de l’armée française, ils ont été lâchement abandonnés après avoir été désarmés, aux mains du Fln. Femmes, enfants, vieillards, hommes... on estime à 150 000 le nombre de ceux qui furent massacrés après la guerre. Quelques officiers, malgré les ordres, firent monter leurs hommes sur les bateaux pour qu’ils rejoignent la métropole, faisant passer leur devoir d’humanité avant celui d’obéissance à des ordres injustes et cruels. Ces actes sont revenus aux oreilles du gouvernement et Pierre Messmer le 12 mai 1962, puis Louis Joxe le 16 mai se fendaient de télégrammes pour rappeler avec insistance que les Harkis ne devaient pas être rapatriés. Chaque année depuis 2010, les Harkis célèbrent cette funeste date du 12 mai, qui a signé la mort dans des conditions atroces pour beaucoup d’entre eux. Abdelkader Bahloul est né à Belvès où ses parents s’étaient installés. Ils avaient pu partir dans les premiers car son père, militaire ayant effectué les campagnes de 39/45, d’Indochine et d’Algérie, a été rapatrié avec sa famille sur un bateau militaire. S’il n’a pas transité par les camps, il porte pourtant le vécu de ces Français qui le sont dans leur coeur, mais pas dans le regard de cette mère-patrie indigne, qui a fait le pire qu’une mère puisse faire : abandonner ses enfants à la mort. « L’état ne donne jamais rien » confie-t-il. « Des Harkis de la première génération, il n’y en a presque plus. Ceux de la deuxième génération, comme moi, sommes bénéficiaires de passeports pour entrer dans la fonction publique. ça fait six ans que je me suis
inscrit, et je n’ai eu strictement aucune réponse ni aucun contact. J’arriverai sans doute à la retraite sans avoir obtenu aucun poste dans l’administration ». Sa famille se résume à ses parents et ses frères et soeurs. Ses oncles et tantes, grands-parents, il ne les a jamais connus, car ils sont restés là-bas. Cette mémoire familiale tronquée entre en résonnance avec la mémoire tronquée de leur histoire, dont la reconnaissance est toujours espérée... sans grande conviction. Dans son allocution le président de l’association, Hamid Khemache, soulignait : « Monsieur le Président, pourquoi honorer à juste titre la mémoire des victimes d’un génocide et sembler ignorer le sort subi par les nôtres ? Notre communauté demande une reconnaissance par un projet de loi voté par l’Assemblée nationale et que la date du 25 septembre, qui n’a aucune signification véritable pour nous, soit remplacée par la date du 12 mai, qui a entraîné la mort de milliers de Harkis ». Rabah est arrivé sur le sol français à l’âge de 7 ans, avec ses parents et frères et soeurs. Il a passé trois ans dans un camp militaire, « avec des barbelés autour. Nous allions à l’école, mais quand nous sommes partis à Cognac, on ne m’a pas donné de livret scolaire. Alors l’institutrice m’a mise dans une classe en fonction de ma taille qui lui servait pour estimer mon âge. La scolarité fut compliquée, j’ai dû me battre pour me construire un avenir digne ». Volonté, dignité, les Harkis n’ont guère que ces qualités sur lesquelles s’appuyer pour mener une vie de citoyens à part entière, malgré les freins mis par la société.

Maigre assistance
Pas besoin d’être Shiva hier pour compter les participants, deux mains suffisaient largement. Plusieurs raisons peuvent être avancées, le découragement de beaucoup qui n’espèrent plus rien, mais aussi le Ramadan, débuté la semaine dernière, et pratiqué par certains, surtout parmi les anciens.