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Le summum du flou administratif

Social

Les Accompagnant.e.s d’élèves en situation de handicap (Aesh) étaient dans l’action hier à l’appel d’une intersyndicale très large (cinq syndicats de la Fsu plus la Cgt, Sud, Snalc et Fo). Ce mouvement, relayé en Dordogne, se déroulait au moment où la fameuse loi Blanquer doit être examinée au Sénat.

Même en faisant partie de cette profession, vous auriez du mal à vous y reconnaître au milieu des différents statuts existants chez les Aesh.
Les Aesh interviennent auprès d’enfants qui, pour une raison X ou Y, le plus souvent liée à un handicap léger ou plus accentué, ont besoin d’un appui pour suivre une scolarité normale. Leur travail est donc indispensable à l’égalité des enfants devant la scolarité, et demande l’instauration d’une relation de confiance entre l’intervenant et l’élève. Pour cela, il faut soi-même être en confiance vis-à-vis de son travail et de son avenir, ce qui n’est pas du tout le cas de ces personnels dont les statuts ne sont pas harmonisés.
Ainsi hier en début d’après-midi, ils se sont retrouvés devant l’inspection académique pour cette action intersyndicale, et les trois premiers arrivés, qui effectuent le même travail, révélaient qu’ils dépendaient de trois statuts différents. L’un est en Cdi avec un contrat de droit public de 30 heures, l’autre est en Cdd de droit public avec 20,30 heures par semaine, la troisième en Cdd de droit privé avec 20 h hebdomadaires. La disparité saute donc aux yeux, d’autant qu’en fonction du statut sous lequel ils sont, les Aesh peuvent être embauchés en Cdi au bout de six ans, ou pas.
Depuis des années, ils demandent une harmonisation de leurs contrats, et surtout un vrai statut. Or Jean-Michel Blanquer, dans son projet de loi dit « école de la confiance », tend plutôt à des régressions sociales pour des personnels dejà bien peu reconnus.
« Désormais, tous seraient sous contrat de droit public de trois ans, renouvelable une fois, et transformé ensuite en Cdi » indique David Thibault, du collectif des Aesh de Dordogne. « Pour nous, ce n’est pas suffisant. Nous demandons la reconnaissance de notre métier par la titularisa-
tion ». Normalement, ils doivent bénéficier d’une formation initiale de 60 h, mais tous n’y sont pas invités. De même, c’est le jour de la rentrée qu’ils découvrent de quel élève ils vont s’occuper, et quels sont ses besoins. « Il y a un cadre national qui est flou, et après chaque rectorat et inspection académique aménage les interventions. Ils respectent le droit du travail, mais ne proposent pas obligatoirement la formation, ce qui provient de dysfonctionnements internes à l’administration ». Ce sont les directeurs d’école qui doivent prévenir lorsque des formations sont organisées, mais eux-mêmes parfois ne voient pas passer l’information, et ne peuvent donc la répercuter. Certains de ces professionnels sont appelés à intervenir auprès de plusieurs élèves, par manque d’effctif, et ce genre de mutualisation se généralise, « sans avenants aux contrats » précise David Thibault, et le gouvernement voudrait aller plus loin par la création de Pôles inclusif d’accompagnement localisé (Pial), expérimenté cette année dans certains départements, et qui le sera aussi dès la rentrée prochaine sur les secteurs de Vergt et de Sarlat. « Ce sont les proviseurs des lycées qui chapeauteront le dispositif, même pour les écoles primaires » croient savoir les Aesh qui craignent encore plus de mutualisation, quand eux réclament un cadre réglementaire et des protocoles, « pour que les salariés sachent où ils vont, et que des rencontres aient lieu en amont avec les parents, l’élève, et les professeurs concernés ». Une augmentation de leurs salaires, très bas, fait aussi partie des revendications.

800
C’est globalement le nombre d’Aesh intervenant sur le département auprès d’enfants ayant obtenu une prise en charge par la Maison départementale des personnes handicapées. Sur le territoire national, ils sont 110 000 pour 175 000 élèves suivis.

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