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Fête et revendications

Festolérance

C’est devenu un événement que certains ne manqueraient pour rien au monde. Le festival Festolérance, organisé par le collectif Jeunes cheminots de la Cgt, revient pour la quinzième année consécutive avec un programme toujours alléchant, et un clin d’oeil spécial aux enfants.

La formule imaginée à l’origine par le collectif Jeunes cheminots Cgt de la Dordogne a dès le départ montré sa pertinence. Entre moments festifs et débats revendicatifs, les citoyens y trouvent leur compte et assurent la pérennité de l’événement.
Chaque année, surtout si la météo y met du sien (ce qui devrait être le cas cette année), Festolérance anime le dernier samedi du mois de mai avec ses propositions diverses, qui vont du débat de l’après-midi aux concerts du soir, en passant par des animations pour les enfants, des stands d’informations tenus par différentes associations, et bien sûr la buvette et la restauration.  
Dans le contexte actuel, où les Marches pour le climat et autres actions en faveur d’un développement durable, insistent sur l’urgence à changer de comportement pour sauver notre planète, le débat organisé par les Jeunes cheminots Cgt prend une dimension particulière. Il portera en effet sur l’avenir ferroviaire, et son lien évident avec l’écologie. Il ne s’agit pas d’une conférence-débat, mais bien d’un débat, ce qui signifie que chacun est invité à s’exprimer en toute liberté, sur ce thème qui nous concerne tous, sans qu’une parole « autorisée » ne dirige les discussions sur un domaine unique. « Le transport est un des plus grands émetteurs de gaz à effet de serre » rappelle Jérôme Jean, de la Cgt cheminots. Or, au lieu de privilégier ce mode de déplacement, depuis près de 30 ans les gouvernements successifs s’acharnent à détruire la Sncf, fermant gares, lignes et guichets, supprimant des emplois, négligeant l’entretien des matériels et voies... « Il faut faire le lien entre ce qui se passe dans la boîte, et les répercussions sur les usagers, surtout dans un département rural comme le nôtre » reprend Jérôme Jean. Il prend l’exemple des trains du vendredi soir, pris d’assaut par les étudiants souhaitant rentrer sur Bordeaux ou revenir sur Périgueux, et où, souvent, certains passagers sont obligés de descen-dre, « car il y a trop de monde dans le train ce qui crée une surcharge, et déclenche la sécurité qui empêche le conducteur de démarrer ». Alors il faut alléger les wagons en ôtant des voyageurs, qui sont ensuite acheminés par bus, voire par taxis ! Niveau rentabilité, ce sacré-saint mot qui justifie tout, on n’est pas sûr que ce soit efficace...
La Sncf continue à préparer l’ouverture totale à la concurrence,  en utilisant toujours le même argumentaire : l’entreprise est déficitaire, et n’a d’autres choix que celui-ci. Faut-il, encore une fois, rappeler que la dette de la Sncf est dûe à l’état qui n’a pas payé ce qu’il doit à l’entreprise publique ? Les cheminots sont plus que dubitatifs concernant l’ouverture à la concurrence, l’expérience du fret, pour qui c’est effectif depuis 2006, s’avérant loin d’être concluante. « ça a divisé par deux le marché du transport par rail, tous opérateurs confondus, privé comme public » dénoncent-ils.
« 10 000 postes ont été supprimés, rien que dans cette branche, et si on prend tous les services de la Sncf, ce sont 2 000 emplois qui disparaissent chaque année ». Or ce qui ne transite pas par le rail transite par la route, et contribue à accentuer le dérèglement climatique. La démonstration que la soumission au capital est incompatible avec la préservation de la planète est imparable...

Sept groupes et deux tarifs
Mawyd, Corto Maltesse, Le distributeur de son, 69 Ways, Oldon Young, Cam de Ryon feat. Lord Bitum, et la fanfare eklektrik de l’association Virus sont les groupes assurant la soirée musicale. L’entrée entre 16 h et 19 h est de 5 euros, 9 euros après 19 h, et gratuit pour les enfants de moins de
12 ans.

Une entrée pour participer à la solidarité
La majorité des bénéfices de la soirée seront reversées pour des actions de solidarité.
Les bénéfices 2018 ont été reversés à l’Avenir social, et à l’Orphelinat national des chemins de fer (Oncf). Chaque année, les organisateurs sélectionnent ainsi des associations à qui ils destinent les sommes récoltées pour les aider à mener au mieux leurs missions. Les personnes souhaitant participer au débat à 17 h devront donc s’acquitter du prix d’entrée, 5 euros, les Jeunes cheminots Cgt expliquant qu’il s’agit, « d’un acte militant. Cet argent sert pour la solidarité, et alimente les cagnottes destinées aux salariés en lutte. Nous savons qu’aujourd’hui, de plus en plus de citoyens sont à 10 euros, voire cinq euros près, mais nous essayons également de conserver des tarifs accessibles. L’accès à la culture fait aussi partie des revendications de la Cgt ». Les enfants du centre de loisirs du Copo sont associés à la fête, puisqu’ils travaillent, avec les animateurs du site, une chanson qu’ils interpréteront sur scène le soir. Cette année, les bambins se verront en plus proposer une chasse au trésor dans l’enceinte du Copo, gratuitement (une fois le ticket d’entrée payé pour les adultes et les plus de 12 ans), à 16 h. De nombreux stands proposeront diverses informations et communications, avec l’Ud-Cgt, l’Institut d’histoire sociale de la Cgt, Cuba-Linda, l’Avenir social, l’Oncf, Vigilance initiatives des syndicats anti-fascistes (Visa), et le comité Dordogne-Palestine.

Manifestation nationale des cheminots
à Paris le 4 juin
L’actualité ferroviaire est chargée, et les cheminots sont appelés à une manifestation nationale à Paris le mardi 4 juin.
La Sncf va mal, et ses agents en subissent les contre-coups avec d’autant plus de violence que la désintégration de leur entreprise n’a rien d’inéluctable, et tout du fait de choix politiques dévastateurs. Actuellement, c’est le statut du cheminot qui est la cible de toutes les attaques, sous prétexte qu’il serait nocif pour la rentabilité de l’entreprise. Or ce statut assure à chaque usager un service identique sur tout le territoire, des agents à son service en cas de pépin, de besoin d’information ou d’une aide quelconque, et une prise en compte rapide des moindres réparations à effectuer sur les voies. Les habitués de ce mode de transport peuvent constater la dégradation des conditions d’accueil et de voyage depuis plus de 20 ans maintenant, avec des lignes fermées dès qu’il faut intervenir dessus, ces travaux étant externalisés alors que tant qu’ils étaient réalisés en interne, les trains continuaient à emprunter la voie ferrée. « Le président de la Sncf, qui « aime les guichets, les gares », agit comme un marteau-pilon » dénonce la Cgt qui appelle, avec l’Unsa, Sud et  la Cfdt à la manifestation du 4 juin. « Il casse, écrase et détruit, quitte à faire en sorte que la Sncf n’ait plus les moyens humains et matériels de répondre aux éventuels appels d’offres. Il procède au démantèlement méthodique de l’entreprise publique, à l’instar de ces patrons qui vident leur société en une nuit, laissant leurs salariés sur le pas de la porte ». Les cheminots sont donc invités à se battre pour défendre le statut, les métiers et le service public, une organisation de la production qui assure à la fois la sécurité, de bonnes conditions de travail et une réponse de qualité aux besoins des usagers, et réclamer l’ouverture de vraies négociations. « Du rapport de force que nous serons capables de reconstruire ensemble dépendra notre capacité à réorienter les choix du gouvernement et de la direction » conclut la Cgt cheminots de la Dordogne. La manifestation partira à 13 h de la place d’Italie, et les Périgourdins se voient proposer un départ à 7 h 37 à Périgueux et un retour à 21 h 26 pour pouvoir y participer.  

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