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« Les enfants crachaient sur moi »

Société

Dernièrement sur le marché de Périgueux, la cellule référence migrants organisait une action destinée à la fois à récolter de l’argent pour pouvoir mener à bien ses missions, et à alerter sur la situation de la famille Serjani, Roms d’Albanie, persécutés dans leur pays et déboutés du droit d’asile en France.

Jorgo a 11 ans. Il y a deux ans, avec ses parents Luan et Sonila, et ses deux sœurs Mariana (16 ans) et Eléna (9 ans), il a quitté l’Albanie pour se réfugier en France. « Je n’étais pas heureux en Albanie. Il y avait la guerre, et les gens étaient méchants avec nous ». Malgré son jeune age, Jorgo a
le visage qui se crispe quand il évoque ses premières années dans ce pays qui est le sien mais où, comme tous les membres de sa communauté, il est traité comme un sous-citoyen. « Les Roms ne sont pas en sécurité en Albanie » confirme son père. « Nous n’avions pas de travail, et nous ne mangions pas tous les jours ». Jorgo se souvient de ces jours sombres, où il n’allait pas à l’école car quand il s’y rendait, « les autres enfants nous crachaient au visage, et les adultes aussi. Ils ont tapé mon père, moi, ils m’ont brûlé avec des cigarettes ». Il montre deux cicatrices caractéristiques sur son front, affirme que son père a aussi subi ce sort : « en plus, ils lui ont cassé la jambe avec une grosse pierre ». Il a aussi vu son père menacé par un homme armé, et sa grande sœur ajoute : « en Albanie, nous n’avons pas les mêmes droits que les autres ». La France, pays des Lumières qui semblent éteintes depuis longtemps, et des Droits de l’Homme, eux aussi sous l’éteignoir, était leur espoir, leur Graal, la nation où l’humain est respecté en tant que tel. Le parcours du combattant qui les attendait, ils n’en avaient aucune idée, et c’est avec conviction qu’ils ont commencé les démarches, demande d’asile (refusée), recours (rejeté), et donc sortie du Cada (Centre d’accueil des demandeurs d’asile), quatre mois à l’hôtel, une Obligation à quitter le territoire français (Oqtf) en épée de Damoclès, et pour finir, un hébergement chez un particulier qui, contrairement à son gouvernement, applique les valeurs de la France, liberté, égalité, fraternité.
En dépit des épreuves, la famille arbore sa confiance, et reste souriante malgré l’adversité. Les enfants vont à l’école, Eléna aux Maurilloux, les deux grands à La Rochebeaucourt où ils sont internes. Tous manient le français, et en toute logique, les enfants mieux que les parents. « J’espère beaucoup en la France » reprend Jorgo. « Ici c’est bien, on lit, on va à l’école, on travaille, on fait du sport, c’est trop bien ! » Ses sœurs acquiescent à grands hochements de tête, un sourire radieux aux lèvres. De quoi faire rêver un nombre incalculable de parents français, désespérés de constater que leur enfant ne lit pas, passe son temps scotché sur les écrans, et se montre réfractaire au terme « travail »... Le père est aussi un gros  travailleur. Sa branche, c’est le bâtiment, et il se morfond de ne pouvoir faire preuve de ses compétences. Sans papiers, pas d’autorisation de travail. Son épouse tente, malgré l’adversité, de conserver une ambiance familiale stable et sereine, et confie : « Je pensais que ça irait plus vite pour s’intégrer et être régularisés. C’est vrai que je suis très déçue par cette situation. Heureusement, il y a des citoyens, des associations qui nous aident. Quand nous voyons leur mobilisation autour de nous, ça redonne confiance et espoir, mais l’état, c’est très compliqué ». La pétition proposée à la signature auprès des citoyens se rendant sur le marché n’a pas laissé grand monde indifférent, et les paraphes se sont accumulés pour demander la levée de l’Oqtf et la régularisation de cette famille.

Visibilité et collecte de fonds
Parmi les mouvements intégrés dans la cellule référence migrants, se trouve la Maison 24 qui vendaient des gâteaux et dont une des responsables, Sylvie, expliquait que le but était de se montrer, et de collecter des fonds pour aider les migrants dans tous les domaines de la vie, y compris pour acheter les timbres fiscaux.

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