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Ces vies devenues noms sur des stèles

Histoire

Il y a 75 ans, alors que la fin de la Seconde guerre mondiale approchait, des troupes répressives étaient appelées à renforcer la garnison nazie à Périgueux, pour faire face aux actes de résistance et de sabotage qui se multipliaient. Leur passage sur le territoire périgourdin fut meurtrier.

L’année 1944 a laissé des cicatrices sur tout le territoire périgourdin, et le mois d’août à lui seul en aura occasionné pratiquement chaque jour. La semaine qui s’annonce sera riche en commémorations, et il n’est pas inutile de rappeler leur sens.
Bien qu’il nous ait quittés en juillet 2015, la voix de Roger Ranoux retentit encore dès qu’on parle de la Résistance en Dordogne, et ses écrits et discours sont une manne historique qu’il a laissée en héritage aux jeunes générations. Ses souvenirs d’août 1944 sont restés vivaces jusqu’à son dernier jour, et il les a largement partagés. « Fin juillet, début août 1944, le rapport des forces est nettement changé en faveur de la Résistance. Dans la majorité des secteurs de Dordogne, les troupes du maquis laissent peu de répit aux convois allemands qui s’aventurent hors de leurs cantonnements. Un convoi militaire envoyé en renfort à la garnison de Brive par le commandement de Périgueux le 9 Août, n’est arrivé que dans la journée du 10. Il a été "retardé" et considérablement éprouvé par de nombreux accrochages dont les plus importants ont eu lieu près d’Azerat, près du Lardin, le dernier au lieu-dit la Galibe où la colonne passe la nuit. Elle attend le lendemain des renforts de Brive pour reprendre la route, et arrivera très diminuée » rappelait-il lors de la commémoration de la Libération de Périgueux en 1991. « Deux autres actions sont significatives de l’importance de certains engagements qui précèdent la Libération. Le 5 août à Virolles, commune de Saint-étienne-de-Puycorbier, un fort contingent allemand sera opposé aux 4e et 14e bataillons Ftpf (700 hommes) de 6 h 50 le matin à 22 heures. L’ennemi qui n’a pu pénétrer la défense des maquisards est contraint d’abandonner le terrain. Les 14, 15 et 16 août,  les Ffi libèrent Sainte-Foy-la-Grande, occupée par une centaine  d’allemands. Trois jours de combats sporadiques mais souvent âpres ont été nécessaires aux unités de Demorny, Loiseau, Ponton-Martin pour obtenir ce résultat ». Pendant ce temps l’occupant, craignant l’encerclement de Périgueux, se scinde en deux groupes sur les hauteurs de la ville, et les combats seront acharnés à Saint-Laurent-sur-Manoire, Bassillac, Eyliac, Atur... Ainsi à Saint-Laurent-sur-Manoire, entre le 13 et le 18 août 44, six résistants Ftp ou Ffi, sont capturés et fusillés à chaque fois devant l’église du bourg. Ce mercredi 14 août 2019, au lieu-dit Lalivain à Bassillac, la population est appelée à se recueillir en souvenir d’André Debet, 38 ans, qui faisait partie du groupe Mercedès, et fut malheureusement rejoint dans la mort par de trop nombreux camarades. Jeudi, c’est Atur qui se souviendra de ce funeste 15 août 1944, où six résistants tombèrent au combat en plusieurs sites de la commune, aux lieux-dits Le petit Chabanier, Moreau, au carrefour de Raubaly et sur la route d’Atur à Marsaneix. Le plus jeune avait 18 ans. Ven-dredi, c’est au lieu-dit La Roquette, sur la commune d’Eyliac, qu’on commémorera le destin tragique de neuf membres du groupe Mercedès, âgés de 20 à 39 ans, qui furent faits prisonniers par les nazis et torturés avant d’être exécutés au lieu-dit Le-Chaubier. Il y a aussi ce jeune combattant de 19 ans, Jean Auphelle, du groupe Hercule, tué lors d’une mission de renseignements sur la route des Versannes. Et il y a ces fusillés du 5e Chasseurs à Périgueux, 40 patriotes exécutés entre le 12 et le 17 août, les combats meurtriers de Montanceix, Saint-Astier, Le Pizou... Aujourd’hui, il ne reste de ces femmes et ces hommes qui ont été tués en défendant leur pays, ses valeurs et sa liberté, que des noms sur des stèles, et des souvenirs jaunis au sein de leurs familles. Ils étaient jeunes ou pas, mariés ou pas, croyants ou pas, politisés ou pas, ouvriers ou intellectuels, paysans ou fonctionnaires, et tous avaient des projets d’avenir, des envies, et surtout une vie que la guerre a mis en suspension. Ils auraient pu, ils auraient dû vieillir paisiblement, entourés des familles et amis qu’ils se seraient construits au fil des ans, mais l’appel de la liberté, et des valeurs de notre République a été trop fort pour qu’ils n’y répondent pas, s’engageant sans moyens dans des combats totalement déséquilibrés contre une armée puissante, qu’ils ont contribué à mettre à genoux. Ils l’ont payé de leur vie.

Les forces en présence
Les forces en présence en ce mois d’août 44 sont les suivantes (source : texte de Roger Ranoux au nom du Comité de liaison de la Résistance et de la Déportation) : du côté de la Résistance, trois grandes familles combattantes : L'Armée Secrète (As), les Francs-Tireurs et Partisans Français (Ftpf), et l'organisation de Résistance de l'Armée (0ra), soit approximativement 20 000 hommes en armes, tous volontaires, qui ont en commun, le courage et la volonté de combattre pour chasser l’occupant.Du côté ennemi, environ 2000 hommes de différentes nationalités, encadrés par les Allemands, tiennent garnison à Périgueux, Bergerac, Saint-Astier. A cela, il faut ajouter les supplétifs, milice, Gmr, une légion Nord-Africaine, la Hilspolizei dont le comportement fut particulièrement odieux, sans compter les unités répressives venues de l'extérieur du département durant cette année 44.

Jeunes, si jeunes !
Parmi les maquisards, beaucoup étaient très jeunes, et quand on regarde sur les stèles, on peut voir que certains martyrs avaient 16 ans, 18 ans, 20 ans. Nous parlions plus haut de Roger Ranoux, Hercule dans la Résistance dont il a pris les rênes au niveau départemental, à la demande de ses pairs, et qui a eu 18 ans moins de deux mois après la déclaration de guerre. Rappelons qu’à l’époque, la majorité était à 21 ans. Ils étaient à peine sortis de l’adolescence, et ont pourtant su lever fièrement la tête et refuser l’occupation.