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Indispensables et invisibles

Social

Depuis fin juin les deux services les plus indispensables à notre sécurité et à notre santé, à savoir les urgences et les pompiers, sont en grève. évidemment, comme ils continuent à assurer leurs missions de service public, se contentant d’afficher des étiquettes « En grève » sur leurs véhicules et tenues, ça passe inaperçu.

Il nous semble tellement évident que les pompiers répondent présent quand nous avons besoin d’eux, ainsi que les Urgences des hôpitaux publics, que finalement, nous nous soucions peu de savoir comment et dans quelles conditions ils le font. Pourtant, leurs conditions de travail ne cessent de se dégrader. Prenons les Urgences par exemple. Qui a eu la malchance de se re-trouver dans un état nécessitant de s’y rendre a pu constater que l’attente peut y être particulièrement longue. Certes, nous ne sommes pas au point où une personne est restée cinq jours sur un brancard, mais plusieurs heures, oui. « Le plus dur à vivre pour nous, c’est d’être maltraitant » confient les soignants, « de ne pas faire de soins de qualité, de voir des gens âgés attendre des heures sur des brancards, se souiller sans que nous n’ayons le temps de les changer, leur donner à manger... ». La souffrance est réelle chez ces professionnels pour qui le soin physique ne peut que s’accompagner de réconfort psychique, ce qu’ils n’ont plus le temps de faire. « Nous passons cinq minutes à peine avec les gens. Il y a les informations que nous devons ren-trer sur l’ordinateur, tout est tracé, c’est vite vite ! Résultat, quand on rentre à la maison, on se dit : aujourd’hui, j’ai fait un boulot de m...., et quand on arrive, on a la boule au ventre en se demandant combien de patients on va trouver dans les couloirs ». Cet état de fait n’est pas tombé sans préavis du ciel. Les restrictions budgétaires des hôpitaux couplées à un changement de pratiques et de moyens de la médecine de ville, moins présente sur le territoire par manque de médecins, et parce que ceux-ci veulent désormais, et c’est heureux, profiter d’une vie de famille et ne pas passer tout leur temps dans leurs cabinets, en sont à l’origine. Le week-end et la nuit, pas d’autre solution pour ceux qui se blessent, même légèrement, que de se rendre aux Urgences. Résultat, la « bobologie » a explosé, engorgeant le service qui, dans le même temps, doit continuer à faire face aux pathologies lourdes, accidents de la route, cardiaques, pulmonaires, domestiques... Insidieusement, le nombre de passage augmente, et en juillet 2019, le service de Périgueux en a comptabilisé 136 de plus par rapport à juillet 2018, avec plus de 25 jours où plus de 100 patients se sont présentés. 94 de ces personnes ont eu besoin derrière d’une hospitalisation, ce qui soulève le deuxième gros problème : faire sortir les patients. « L’été, entre les lits fermés dans les services, et les touristes, sans oublier l’impact de la fermeture de la chirurgie à Sarlat où la population explose en période estivale, nous passons certaines fois un temps infini à téléphoner à tous les services pour trouver un lit disponible ». Ce temps, tout comme celui consacré à l’informatique, sont impératifs, et empiètent sur la prise en charge des nouveaux arrivants, et sur les minutes à consacrer à chaque patient, et en attendant qu’on leur trouve une chambre, les patients attendent sur un brancard, dans un couloir. Le troisième problème est encore plus invisible du grand public. Par manque de moyens humains, les personnels, toutes catégories confondues, sont épuisés. Depuis des années, ils sont rappelés sur leurs congés, exceptionnellement, ou repos, souvent. Conclusion, chaque agent des Urgences compte entre 100 et 130 heures supplémentaires, ni payables ni récupérables ! Sur la totalité des services de l’hôpital, ce sont plus de 23 000 heures que les soignants ont offert à la société. « L’ambiance se tend. Tout le monde est épuisé. Depuis trois ans, les choses se dégradent vraiment, quand ils ont commencé à s’appuyer sur les heures supplémentaires pour faire face aux arrêts maladie, qui avant étaient remplacés ». Les médecins urgentistes ne sont pas mieux lotis (voir encadré ci-contre), et l’annonce par la ministre de la Santé, Agnès Buzin, d’un coup de pouce aux cliniques, quand l’hôpital public est étranglé financièrement, n’est pas de nature à inverser une situation simple : l’hôpital soigne tout le monde sans moyens, les cliniques soignent certains, avec des sous, et la politique ultra-libérale du gouvernement Macron met à mal notre sécurité sanitaire. Mieux vaut payer des radars...

Pompier, un petit boulot pépère ?
C’est ce qu’on peut se demander quand on constate que ces professionnels ne sont même pas reconnus comme exerçant une profession à risque.
Ce point fait partie de ceux qui les ont poussés à se mettre en grève, mais ce n’est pas le déclencheur. Le nombre d’interventions, qui a explosé, et le manque de moyens humains en sont à l’origine. « Depuis une décennie en Dordogne, le nombre d’interventions augmente de 10 % par an, et nous sommes entre  1 000 et 1500 sorties en plus chaque année » confient les pompiers. Dans le même temps, leur nombre baisse, puisqu’ils étaient 235 sapeurs-pompiers professionnels en 2014, et ils ne sont plus que 226 aujourd’hui. Alors bien sûr ils s’appuient sur plus de 1 200 volontaires, mais ceux-ci sont difficiles à recruter. « Nous sommes dans un département rural très vaste, et l’activité est très contraignante pour des personnes occupant un emploi. D’autant qu’ils doivent suivre une formation initiale, et se remettre à niveau régulièrement, ce qui demande beaucoup d’heures et d’investissement ». De plus, il faut savoir qu’en moyenne (chiffre national), un volontaire restera pompier sept ans. « Il n’y a pas de pérennité dans cette ressource. Certaines années nous en avons beaucoup, d’autres pas ». Conclusion, les professionnels sont la seule variable stable pour assurer les missions qui explosent, au vu de l’engorgement des Urgences, de la raréfaction de la médecine de ville, et de fermetures de services, comme les maternités. Il n’est pas innocent que depuis quelques mois, les pompiers soient formés pour effectuer des accouchements. « Nous avons fait front durant des années en silence, mais aujourd’hui nous sommes le dernier rempart contre cette fragilité des services publics, et nous ne pouvons plus absorber ». En 2018, les pompiers périgourdins ont assuré 27 000 interventions, sachant que ce nombre est trop élevé pour leurs moyens. Là dessus, 4 000 relèvent de ce qu’on appelle aide à la personne (et non secours), c’est-à-dire des ivresses, des fuites d’eau, des problèmes d’assainissement, de serrurerie.... « Avec 23 000 déjà, nous serions en difficulté. Là, ça devient très compliqué ». Cerise sur le gâteau, quand ils chargent un blessé qu’ils doivent amener aux Urgences, comme celles-ci sont surchargées, ils doivent attendre leur tour. « Il nous arrive d’attendre 45 mn à une heure dans le sas, que notre victime soit prise en charge ». Si la population les soutient et n’hésite pas à leur apporter des douceurs ou à venir les voir pour leur exprimer sa solidarité, « aucun élu n’a pris la peine de s’interroger pour comprendre pourquoi les pompiers, qui sont des professionnels, ne font pas de bruit, qu’on ne voit pas, dont la parole est rare, lancent aujourd’hui ce cri d’alarme. Serge Mérillou, le président de notre conseil d’administration, nous a reçus, mais juste pour nous demander comment nous allions nous y prendre pour la grève. Nous avons envoyé un courrier au président du conseil départemental, qui nous a très vite répondu et qu’on doit rencontrer en septem-bre ». Le Service départemental d’incendie et de secours (Sdis), comme partout en France, fonctionne avec une dotation du Département, qui est passée de 3 % de son budget en 2014 à 0,5 % aujourd’hui, et les contributions des communes à travers le contingent incendie qu’elles payent en fonction de leur nombre d’administrés. On connaît les difficultés financières de ces dernières, elles ne peuvent donc amplifier leur participation. Conclusion, avec des missions augmentant de façon exponentielle, et des moyens qui stagnent, voire régressent, les pompiers se sentent écartelés, ignorés, voire méprisés. D’autant que d’autres problèmes, sur leur statut et leurs retraites en particulier, sont dénoncés, sans
être pris en compte, depuis des années. Alors oui, il y a le feu à la maison pompiers, les Urgences se noient, et nos politiques continuent à regarder à côté, là où se trouve la sacro-sainte règle des 3 % et de la maîtrise de la dette publique. Est-ce à notre santé et à notre sécurité de les payer ? La question est posée.      

Le coût de la santé, moins élevé que celui des dividendes

Président du Grand-Périgueux, maire de Boulazac-Isle-Manoire et conseiller départemental, le communiste Jacques Auzou a, malheureusement pour lui, pu tester l’importance d’une prise en charge médicale rapide. Pourlui c’est clair, le mouvement de  grève actuellement observé par les pompiers et les services d’Urgence (230 sont dans le mouvement actuellement), renvoie à la question de la société que nous voulons construire. Il remarque que sur ce sujet, on en revient toujours aux coûts et aux charges. Pourtant, et c’est une réalité soulignée par tout le monde, la France est la championne d’Europe pour la distribution de dividendes. « Il s’agit donc d’un choix de société » glisse-t-il. « L’éducation, la santé, devraient être au coeur des préoccupations, et la protection des biens et des personnes, à travers les pompiers, devrait être une priorité ». Au-delà du constat, cet homme pragmatique veut en venir à la réflexion sur les solutions. « Je conteste le fait qu’il s’agisse de charges. C’est la contribution à la santé et à la sécurité de nos concitoyens ». Lorsqu’il était jeune, la mère de ses enfants a suivi une formation dans le para-médical, qui était payée. En contrepartie, elle devait effectuer un certain nombre d’années de pratique au sein du service public. « Aujour-d’hui, le libéralisme est poussé au maximum. La société supporte les coûts de formation des médecins et professionnels de santé pendant parfois 8 à 10 ans, sans que ceux-ci n’aient la moindre obligation envers la société ». Il avance aussi un problème d’organisation, notant que du vendredi en fin d’après-midi au lundi matin, « il n’y a pas de réponse de la médecine libérale, ce qui engorge les Urgences. Il pourrait y avoir une organisation différente, mais là on touche à la sacro-sainte liberté d’exercer ». Il rappelle également que les gouvernements qui se sont succédés ces dernières années ont réduit le numérus clausus, « et aujourd’hui on manque de médecins ». Il a discuté avec les grévistes des urgences, qui lui ont confié que 40 % des gens viennent pour de la bobologie. « Une infirmière bien formée pourrait les soigner, sans faire appel à un toubib ». S’il estime donc qu’il doit y voir une réflexion sur l’organisation, il note qu’il existe en premier lieu un problème de moyens. « Au total en France, 800 postes seraient ouverts pour les Urgences, et non pourvus » s’alarme-t-il. La Dordogne a des spécificités, et sa population vieillissante n’en est pas la moindre. Disposer de soignants qui pourraient les prendre en charge sans qu’un médecin soit obligatoirement dérangé, en cas de pathologie simple, pourrait être une solution. Mais évidemment, pour qu’il y ait du personnel supplémentaire, il faudrait plus de moyens financiers. Notre régime de santé est nourri par les cotisations des salariés et du patronat. Or, « six millions de personnes ne cotisent pas, à leur corps défendant, car elles sont au chômage. Si nous étions proches du plein emploi, les comptes sociaux seraient positifs. Ce qui pèse, c’est l’absence de moyens qui découle de l’absence de cotisations, et des cadeaux faits aux entreprises, comme le Cice ». Il note également que la France, qui veut jouer un rôle international, « assume la sécurité militaire de l’Europe, avec les Anglais, vu le désengagement des Usa. Les Allemands, les Italiens..., n’ont pas ces charges militaires. Il devrait y avoir une juste reconnaissance de cette situation. Qu’on applique les mêmes règles de déficit et qu’on regarde les dépenses publiques, c’est un fait, mais dans notre budget, il y a les besoins militaires et l’entretien du parc atomique. C’est donc bien un problème de priorité. Nous devrions exiger au niveau européen des règles budgétaires prenant en compte les charges spécifiques des pays comme la France et l’Angleterre. La politique, c’est des choix ».

Les médecins à 100 % en grève
Les médecins urgentistes sont eux aussi en sous-effectif criant. L’attente dans le service en dépend également. Ils ne sont que quatre au lieu de six par permanence, sachant qu’ils assurent le Samu (deux médecins), la régulation, c’est-à-dire quand vous composez le 15 (un médecin), et les urgences (où il devrait y avoir trois médecins mais où, concrètement, il nen reste qu’un). Celui de la régulation ne peut quitter son poste, et ceux affectés au Samu renforcent celui des urgences. Mais si deux équipages du Samu doivent sortir en même temps, il ne reste qu’un toubib aux Urgences. Dans ces coups de temps là, il ne reste qu’à espérer très fort qu’il n’y ait pas plusieurs personnes en urgence vitale arrivant en même temps à l’hôpital.