"Je voudrais bien que cette histoire se finisse entre gentlemen"

Municipales 2020

Un secret de Polichinelle, il faut un jour en parler. C’est ce que le premier adjoint à la ville de Périgueux* Laurent Mossion a fait, lundi dernier : il ne repart pas à la conquête de la mairie avec Antoine Audi, le maire sortant candidat. Qui a décoché des propos venimeux, après cette annonce.  

« A la place d’Antoine Audi, je n’aurais pas fait ces commentaires blessants. Je voudrais bien que cette histoire se finisse en gentlemen ». Depuis que le premier adjoint à la ville de Périgueux Laurent Mossion a confirmé qu’il ne repartait pas dans la bataille des municipales aux côtés du maire de Périgueux Antoine Audi, il découvre toute l’estime que ce dernier lui porte. « J’ai pris un militant, j’en ai fait un premier adjoint ». 

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Non seulement Laurent Mosssion a pris une décision qui lui fend le cœur, non seulement il la rend publique quand il n’a pas d’autre choix, non seulement il s’interdit d’apporter sa connaissance des dossiers de la Ville à une liste concurrente au nom de l’amitié qui le lie à « Antoine » et de « la loyauté » qu’elle implique, mais il est prié de comprendre que son prétendu mentor lui reproche de ne pas avoir la reconnaissance du ventre. Si Laurent Mossion avait une inclination pour la traîtrise, il ne verrait dans ce vilain taquet que l’expression du dépit d’un candidat à sa succession qui sait qu’il a perdu gros à quelques mois du scrutin. D’un maire sortant fébrile, qui aura à expliquer que son lieutenant, qui a participé à lui faire ravir la mairie de Périgueux au PS Michel Moyrand« assume globalement le bilan » du mandat… et #enmemetemps, qu’il s’arrête là

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Sans qu’un désaccord sur le fond soit apparu : c’est la manière de faire qui a peu à peu tout gâché. « Des temps de concertation entre les adjoints, qui permettent d’évoquer les délégations de chacun, il n’y en pas eu… ou peu ». Or, Laurent Mossion, qui siège au Grand Périgueux et au conseil départemental de la Dordogne, a pu vérifier que l’absence de « transversalité » à la Ville était bien une singularité, « même quand on est dans l’opposition ». A la ville de Périgueux, c’est un autre mode de « gouvernance » qui prévaut. Et c’est cette autre vision qui « motive la décision » du premier adjoint à en rester là. « Le fonctionnement du cabinet du maire génère trop de tensions, et à des moments qui ne sont pas forcément opportuns ». Laurent Mossion ne verse pas dans la surenchère. « Allais-je repartir pour 6 ans ? Dans la vie publique, 6 ans, ce n’est rien. Mais dans la vie tout court, c’est long ». 

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Et si Antoine Audi continuait de pousser le bouchon ? Eh bien Laurent Mossion resterait fidèle à ses « principes ». D’autant qu’il « n’est pas sûr » qu’il soit à l’origine de ses récents propos mal intentionnés. Son Antoine serait mal entouré. Lui, il le connaît qui aime à citer Montaigne en quête d’ « harmonie entre le dire et le faire ». Reste que Laurent Mossion a prévu de terminer son mandat de premier adjoint. Or, la première salve tirée au lendemain de son annonce laisse présager que ces 6 petits mois pourraient tourner au chemin de croix. A condition que le premier adjoint se découvre une vocation de martyr.

Fabienne Ausserre