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Le stress est le meilleur ennemi d’un sapeur pompier

Rencontres de la sécurité 2019

Aux rencontres de la sécurité 2019, le préfet de la Dordogne Frédéric Perissat a demandé au SDIS 24 de participer. C’est ainsi que l’unité spéciale GRIMP est intervenue sur les hauteurs de Saint-Front. Occasion, pour son conseiller technique Jean-Louis Chadroux de mettre ses stagiaires en situation. Après, c’est débriefing.

« Là où les moyens traditionnels des sapeurs pompiers ne permettent pas d’intervenir en toute sécurité ». C’est, dans l’idée, le motif pour mobiliser le groupe de reconnaissance et d’intervention en milieu périlleux -GRIMP- du SDIS de la Dordogne. Concrètement, ce groupe se charge de porter secours « en hauteur ou en profondeur ». Pour exemples, il va aller chercher sur une grue son conducteur qui a fait un malaise, dans les sommets d’un immeuble des occupants en danger ; dans un puits, une personne qui a chuté ou dans un gouffre, un vacancier qui est coincé. En Dordogne, c’est aussi le GRIMP qui est dépêché en cas de détresse sur une palombière, dans des gorges… Toutefois, le commandant et conseiller technique départemental de ces missions très spéciales Jean-Louis Chadroux précise -« et l’opinion le sait moins »- que le GRIMP est aussi convoqué sur des cas d’« interventions sapeurs pompiers » plus classiques, comme l’incendie d’une maison, dès lors qu’il faut évacuer des personnes à l’étage. 

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Formation trapue et entretenue

« Tout sapeur pompier peut intégrer le GRIMP, qu’il soit professionnel ou volontaire ». Après une formation spécifique trapue, ça va de soi. Une première sélection est opérée parmi les candidats pour mesurer leur appréhension du vide. Puis s’ouvre une période de six mois, destinée à les rendre autonomes en progression à la corde. S’ils y parviennent, c’est alors à une formation d’équipier opérationnel qu’ils sont soumis. Celle-ci dure deux semaines. Ce n’est qu’au terme de ces trois étapes qu’ils intègrent l’unité spéciale. A condition toutefois de suivre des sessions de formation continue, tout le long de l’année. Celles-ci permettent d’« entretenir la cohésion du groupe, l’esprit d’équipe et de s’entraîner ». C’est qu’on ne surprend ni un élément du GRIMP, ni le GRIMP lui-même : l’unité doit toujours être prête à intervenir, sans réglage de dernière minute. Aujourd’hui, elle dispose d’un volant de 37 sapeurs pompiers. « On souhaiterait, avec le roulement des gardes, amener l’équipe à 40. On préfère se garantir ».

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Distinguer compétence et performance

« Le GRIMP est intervenu en démonstration à la cathédrale Saint-Front pour descendre une personne victime d’un malaise dans les hauteurs, devenues accessibles au public ». Le commandant Chadroux est formel. « Il n’y a qu’une équipe du GRIMP pour procéder à ce type d’opération ». Mardi dernier, il s’agissait donc d’une démonstration dans le cadre des rencontres de la sécurité et le préfet Perissat est venu y assister… mais il s’agissait aussi, en interne, de « faire travailler des hommes qui suivent la formation d’équipier opérationnel ». Diablement utile, « surtout que nous avons fait évoluer notre pédagogie ». Désormais, l’approche de celle-ci s’effectue« par compétences ». Le commandant Chadroux explique que le SDIS distingue en effet la compétence et la performance. « La compétence, c’est l’intellect : l’analyse pratiquée… et le stress, l’émotion ressentis conjointement, tandis que la performance, c’est le savoir et la savoir faire, les techniques apprises ». En amenant les stagiaires « au plus près de la réalité », on procède à « une mise en situation professionnelle ». Bien sûr, le conseiller technique Chadroux a débriefé le déroulement de celle-ci. 

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Savoir faire périgourdin

« Le résultat attendu était bien… mais les équipiers ont connu du stress, lié principalement à la présence de caméras et d’appareils photo. Aussi, nous avons perdu en rapidité et en précision, même si l’analyse de la situation était bonne ». Ce « stress »est le meilleur ennemi de l’élément du GRIMP et il faut travailler et encore travailler pour qu’il ne corrode pas la qualité d’une intervention, sachant que « même quand on est un sapeur pompier aguerri, il y a des situations qui provoquent quelque chose en soi ». Il suffit qu’une scène fasse écho avec son histoire personnelle et la tâche sera rendue encore plus complexe. Mardi, les stagiaires venaient du Lot. C’est que « la Dordogne est école zonale de formation en milieu périlleux ». Depuis 1992. Aussi, le commandant Chadroux est également conseiller technique de ces formations GRIMP sur la zone Sud Ouest entière.

Fabienne Ausserre