Fouilles archéologiques à Sainte-Marthe

Jusqu’au 13 novembre, une dizaine d’archéologues de la société Hadès effectuent des fouilles au niveau du boulevard des arènes, sur l’emprise de l’ancien couvent Saint-Marthe. Le couvent Sainte-Marthe avait été mis en vente en 2015 puis racheté en 2017 par un groupe immobilier qui décide d’y construire une maison de retraite. Ce projet immobilier, et la destruction du couvent qui a suivi, ont mené à la mise en place de fouilles archéologiques préventives sur les lieux. Ayant débuté le 4 septembre sous la direction de Natacha Sauvaître, les fouilles ont déjà permis de révéler plusieurs pans de l’histoire de la ville, et mobilisent une dizaine d’archéologues venus de Bordeaux et de Dordogne. « On est encore dans le nettoyage du site, mais on a déjà des restes d’architectures, très bien conservés, jusqu’à quatre mètres de profondeurs », déclare Natacha Sauvaître. Ces restes architecturaux concernent principalement la période médiévale de la ville, entre des restes de l’ancien enclos épiscopal, et du cloître de l’ancienne cathédrale Saint-Étienne, devenue depuis l’église de la Cité. Mais quelques surprises ont pu se glisser parmi les ruines. « On a découvert un nouveau tronçon, seulement des fondations, de ce que l’on nomme l’aqueduc Sainte-Marthe, et qui daterait du IVe siècle ». Un aqueduc dont certains tronçons avaient déjà été recensés par Max Sarradet au début des années 60. Les fouilles ont également permis de mettre au jour six des dix piles des arcades de la galerie nord de l’ancienne cathédrale Saint-Étienne de Périgueux. Des découvertes qui satisfont la ville de Périgueux. « On est évidemment intéressés par les résultats, le chantier est mitoyen de l’église Saint-Étienne de la cité qui est l’ancienne cathédrale de la ville. Les résultats des fouilles sont donc importants pour la valorisation de notre ville » déclare élisabeth Pénisson, chef de service à Vésunna. « La ville de Périgueux n’a rien à voir avec ces fouilles puisqu’elles sont préventives, commanditées par le groupe immobilier vis à vis de leur parcelle constructible, mais nous jouons le rôle de médiateur et l’on annonce les découvertes faites par l’équipe d’Hadès ». Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’Hadès participe à faire redécouvrir des parts cachées de notre cité. « On a un peu l’habitude de Périgueux » avance Natacha Sauvaître. « J’ai travaillé il y a quelques années sur des caves de la cathédrale Saint-Front, inaccessibles au public ; en 2010 Hadès était présent lors de la réfection de la rue de la République ; et un collègue a travaillé sur l’installation des containers de poubelles ». Les fouilles prendront fin le 13 novembre.
Clément Vergnaud