Isabelle Valode à la Galerie 66

Jusqu’au 26 octobre, Isabelle Valode expose une trentaine de ses œuvres d’art moderne à la Galerie 66 rue Saint-Front. Vivant à Paris Isabelle Valode peint depuis une vingtaine d’années et si la peinture est son activité principale depuis un an, toute sa vie s’est construite autour de cet art. Et depuis ses débuts, elle utilise la technique de l’acrylique additionnée de poudre de marbre. « Les avantages de cette poudre c’est que ça vient gommer l’aspect plastique de l’acrylique et que ça matifie les couleurs », explique Isabelle Valode, « l’autre avantage c’est que comme le marbre est un minéral, ça donne de la minéralité à toutes mes compositions donc on peut quasiment dire que mon travail est géologique. D’ailleurs elles s’élaborent doucement avec le temps, couche par couche, un peu comme l’étude d’une roche et ses différentes strates afin d’y retrouver des fossiles. C’est comme une signature du temps passé pour savoir qui l’on est aujourd’hui en se souvenant d’où l’on vient et ce qu’on a traversé ». Un travail dans lequel Isabelle Valode cherche à exprimer, « la profondeur des âmes, et le chemin que chacun est amené à parcourir tout au long de son existence. Mais aussi mes émotions, leurs connections avec l’extérieur, l’actualité et les questions récurrentes de la vie de l’homme ». Outre ces grandes toiles réalisées avec cette technique, Isabelle Valode expose également de petits formats réalisés en pastel gras sur papier, sous-verre et encadré. « L’idée, c’est de développer de petites vignettes qui peuvent être développées dans des compositions plus larges à l’acrylique et à la poudre de marbre. Ce sont des invitations à apprendre aux visiteurs à regarder et ressentir. C’est un des fondamentaux de la peinture pour développer sa propre créativité et oser dire ce qu’on pense ». De petits formats qui restent dans les mêmes tons de couleurs et d’organisation de l’espace que ceux des grandes toiles, « ce sont des sujets assez architecturés, construits d’abord au crayon pour pouvoir élaborer une forme, une intention ou un état d’âme ». Isabelle Valode commence par une quantité limitée de couleurs, « la couleur de départ est déclinée dans de nombreuses variations de teintes et de couleurs. Je tiens ça du fait que j’ai commencé ma carrière avec le pastel sec qui propose une large déclinaison des couleurs dans des teintes d’une grande subtilité et la poudre de marbre permet de retrouver des sensations tactiles de souplesse et de fluidité du pastel sec ». L’exposition comme les œuvres (qui sont en vente) ne porte pas de nom, « l’idée de ne pas nommer, c’est de ne pas s’enfermer soi-même dans une idée de la représentation et laisser monter les choses en soi pour avancer, innover et se donner de nouveaux défis », conclut l’artiste.
L’exposition est visible jusqu’au 26 octobre du mardi au samedi de 10 h à 19 h.
Philippe Jolivet