« Jusqu’à maintenant on a été gentils... »

Urgences du centre hospitalier

Ce mardi 15 octobre 2019, les urgentistes de Périgueux menaient une opération de tractage au rond-point de l’hôpital, encouragés par de nombreux coups de klaxon des automobilistes.

 

L'action était organisée par la CGT et FO, la CFDT s’étant retirée du mouvement. Les urgentistes sont, rappelons- le, en grève reconduite depuis le 26 juin et mènent régulièrement des actions spontanées de ce type, tout en étant « solidaires des sapeurs-pompiers dans l’action aujourd’hui ainsi que des agents des EHPAD auprès desquels nous étions présents mardi dernier », explique Marietta Mary, secrétaire générale de la CGT du centre hospitalier de Périgueux. Et si le mouvement s’ancre dans la durée, c’est que les syndicats n’ont pas été entendus.

 

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« Nous pensions avoir droit à d’autres négociations à la rentrée suite aux première négociations du début d’été où nous avions obtenu la promesse de la création d’un poste d’aide soignant de nuit. Mais nous n’avons rien signé car même si c’était mieux ça reste insuffisant car nous voulons un poste d’aide soignant de jour et un de nuit. Nous voulons aussi que soit stipulé qu’un poste de brancardier soit dédié uniquement aux urgences et que les arrêts longs soient remplacés », explique Marietta Mary. « Nous demandons également à avoir un pool de remplacement pour les infirmiers afin d’être en nombre suffisant au quotidien, car durant l’été nous avons fréquemment été à moins un ou moins deux postes et nous avons eu recours à l’intérim. Mais on ne peut pas prodiguer des soins de qualité en étant en sous-effectif ou avec des gens qui n’ont pas été formés comme urgentistes et ne connaissant pas le service », explique Annabelle, infirmière urgentiste depuis 2011.

 

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Et les annonces d’Agnès Buzyn n’apaisent pas la colère des urgentistes, « ça ne suffit pas, l’argent c’est bien beau mais ce que nous voulons ce sont des moyens humains. D’autant que ce n’est pas du plus, c’est de l’argent que l’on déplace d’un budget à un autre pour étouffer les mouvements. Tant que le gouvernement n’aura pas compris que les hôpitaux ont besoin de moyens humains ils auront tout faux. Les sous c’est bien mais pour embaucher du personnel », explique Marietta Mary. Et Annabelle de poursuivre, « l’hôpital ça n’est pas une entreprise et dans les lits ce ne sont pas des marchandises mais des êtres humains ». Et pour Hélène Marquez responsable CGT et aide soignante en EHPAD, « une erreur professionnelle chez nous ce n’est pas casser quelque chose, ça peut aller jusqu’à ôter la vie de quelqu’un, ce n’est pas la même chose ». Localement les urgentistes attendent toujours de nouvelles négociations, « on attend d’être reconvoqués lorsqu’ils auront autre chose à nous proposer », ajoute Annabelle, « on est toujours présents et on a été gentils jusqu’à maintenant... mais ça pourrait ne pas durer s’il faut se faire entendre localement », conclut-elle.

 

Philippe Jolivet