Création d'un pôle public d'éradication de l'amiante : réponse mi-novembre

Victimes de l'amiante

Ce jeudi 17 octobre 2019, près de 70 personnes étaient présentes devant le palais de justice de Périgueux pour soutenir cinq de leurs amis souffrant de maladies liées à l’amiante. Leurs dossiers étaient examinés par le pôle social du tribunal de Périgueux. L'occasion de rappeler que le CERADER entend mener à bien le projet de création d'un pôle public d'éradication de l'amiante (PPEA) et attend les résultats d'une étude sur la faisabilité d'une unité pilote de destructuction de l'amiante à Bergerac.

Cinq dossiers étaient examinés par la justice des affaires sociales ce jeudi 17 octobre 2019 : deux pour des anciens salariés de Aubert et Duval et de la SNPE atteints de plaques pleurales, et trois de personnes atteintes de cancers broncho-pulmonaires ayant travaillé chez Eiffage dans des chantiers navals (STIO, TMC et Normed) et à la SNPE. Tous ces plaignants demandaient la reconnaissance de la faute inexcusable de l’employeur, ainsi que réparation et indemnisation de leur préjudice lié à leur exposition à l’amiante

A l’occasion de cette manifestation, le président du Cerader René Vincent a tenu à remercier les efforts faits par le président du TGI « pour ramener les dates d’audience à des délais raisonnables pour les pathologies lourdes ». Comme à l’accoutumée, il a fait le point sur l’actualité sans oublier d'évoquer le scandale de l’usine Lubrizol. « Dès le lendemain le préfet s’est précipité pour dire que tout allait bien. Quinze jours plus tard les pompiers sont malades, il y a de la dioxine et on retrouve de l’amiante éparpillée sur des kilomètres. Ça ressemble furieusement à ce qu'il s’est passé en Dordogne chez Bouchillou… d’où l’intérêt de se méfier des discours officiels ». René Vincent déplore que « jusqu’à maintenant, le nombre de dossier de personnes malades ait eu tendance à baisser". Toutefois, "ça repart à la hausse, et rien n’est fait pour se débarrasser de ce poison. C’est donc le cœur du combat que nous menons avec notre projet de Pôle public d’éradication de l’amiante (PPEA). Mais nous nous occupons aussi d’autres produits comme le glyphosate depuis notre entrée dans la coordination des associations des victimes de l'amiante et des maladies professionnelles (NDLR CAVAM) ». 

LIRE AUSSI : Dès la rentrée prochaine, les jeunes gens pourront suivre leur 1ère année de médecine à Périgueux

Le PPEA sera d’ailleurs au cœur de l’assemblée générale du CERADER vendredi 15 novembre 2019, qui portera sur la question des déchets en général et des déchets dangereux en particulier. « Nous avons par exemple obligé la commission régionale en charge des déchets à prendre également en compte les déchets dangereux. Cela montre le rôle que nous pouvons jouer dans ce domaine ». René Vincent poursuit. « Nous avons un bon exemple en Dordogne avec tout le travail mené avec le CERADER pour obtenir une déchetterie acceptant l’amiante et les sept centres de transferts qui acceptent de recevoir de l’amiante gratuitement pour les particuliers ». Cette soirée se déroulera en deux parties. Dans un premier temps, Jean-Marc Ségurel du CERADER exposera la question des déchets en général et celle, particulière, des déchets dangereux. Cette intervention sera complétée par le conseiller régional Christophe Cathus.

LIRE AUSSI : Devant le tribunal correctionnel de Périgueux, son imagination se heurte à la réalité : 2 ans ferme

La seconde partie de la soirée sera animée par Michelle Demessine, ancienne secrétaire d'Etat au Tourisme PCF du gouvernement Jospin, qui expliquera, depuis la dimension régionale qui aura été évoquée, ce qui se fait aujourd'hui, notamment au niveau européen. Elle annoncera des projections qui pourraient être positives pour les victimes. « Elle nous a d’ailleurs dit que notre projet de PPEA serait ce qu’il faudrait partout en France, quel que soit le prix. On nous parle de 50 milliards pour tout désamianter mais qu’est que ça représente par rapport à des vies ? ». Et René Vincent de préciser qu'une étape déterminante interviendra mi-novembre prochain. « Nous devrions alors aussi avoir le résultat de l’étude sur le projet d’unité pilote de destruction de l’amiante sur Bergerac. Il s’agit là d’un projet vertueux car c’est du zéro déchet. Une partie des résidus alimenteront l’usine de photovoltaïque d’Agen, et l’autre servira pour l’épuration ». 

Dans les affaires examinées ce jeudi 17 octobre 2019, les décisions seront connues le 9 janvier pour deux dossiers, et le 23  janvier pour les trois autres. 

Philippe Jolivet