Alternatives aux pesticides : colloque national à Périgueux

Agriculture

Un colloque national qui devrait mobiliser le public va se tenir à Périgueux les mercredi 13 et jeudi 14 novembre 2019. Intitulé : Altenatives aux pesticides. C'est un communiqué  de la confédération paysanne, de l'association la promotion des préparations naturelles peu préoccupantes (ASPRO-PNPP), AgroBio Périgord et l'institut technique de l'agriculture biologique (ITAB) qui l'annonce. Un autre sujet sera évoque : les préparations naturelles peu préoccupantes.

"Depuis 13 ans, des agriculteurs mènent une véritable « guerre de l’ortie » pour être autorisés à utiliser des préparations naturelles en lieu et place des pesticides sur leur ferme. L’emblématique purin d’ortie est le symbole de cette lutte, mais reste la partie visible de l’iceberg : décoction d’ail, vinaigre blanc, purin de fougère, petit-lait… De nombreuses préparations végétales, minérales et animales, utilisées traditionnellement par les paysans, sont expérimentées depuis plus de 20 ans et se présentent comme des alternatives efficaces aux pesticides chimiques de synthèse. Toutefois, malgré des évolutions récentes, le contexte législatif empêche toujours le recours à bon nombre d’entre elles.

LIRE AUSSI : Reprise de la grève des labos d'analyse médicales... et en Dordogne, les biologistes des "réquisitions abusives" de l'ARS

L’ASPRO-PNPP, la confédération paysanne et leurs partenaires s’impliquent depuis de nombreuses années pour faire évoluer la réglementation en faveur des agriculteurs qui souhaitent utiliser ces alternatives. En 2016, une première victoire a vu une liste de 144 plantes autorisées à la commercialisation. L’ortie en fait partie mais de nombreuses autres plantes restent interdites, bien qu’elles soient comestibles, respectueuses de la santé des paysans et des consommateurs, libres de droits et qu’elles aient prouvé leur efficacité dans les pratiques agricoles, telles la consoude, la fougère ou la prêle.

LIRE AUSSI : La culure occitane se porte (très) bien

A l’heure où la préservation de l’environnement devient un enjeu crucial pour la société en devenir, le gouvernement lance un plan Ecophyto II+ qui vise à réduire de 50% l’utilisation des produits phytosanitaires à l’horizon 2025. L’interdiction de ces préparations apparaît alors comme une aberration législative. En pleine crise agricole, les PNPP vont à l’encontre des logiques mercantiles des multinationales, offrant aux paysans la possibilité d’augmenter leur autonomie en ayant recours à des produits courants, qui leur permettent de se libérer de la dépendance aux brevets sur le Vivant. Dans ce contexte, malgré leur motivation à adopter ces techniques, les agriculteurs se voient entravés dans leurs initiatives par ce cadre réglementaire. Les multiples actions et négociations engagées pour le faire évoluer vont-elles enfin aboutir ?

LIRE AUSSI : FO Dordogne durcit le ton : une grève illimitée pourrait se déclarer

Fin 2019, le ministère de l’Agriculture statuera sur la publication d’un arrêté qui pourrait autoriser l’utilisation de nombreuses autres plantes ou parties de plantes consommées dans l’alimentation humaine ou animale. Les paysans, techniciens, chercheurs et consultants présents à ce colloque viendront témoigner de leur expérience et échanger sur leurs pratiques, avec pour enjeu de convaincre du bienfondé de l’utilisation des préparations naturelles en agriculture et de leur autorisation".