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«Une fameuse histoire qu’on a tous en mémoire»

Spectacle

Des comédiens en campagne, ça fait du bien ! Ptits Bouts et Cie osent les salles polyvalentes rurales avec Le Loup de Tombouctou, un spectacle qui mêle musique, acoustique, chant choral, texte d’auteur et Théâtre de Rue.

Ré-jouis-sant ! Du fond, de la forme, de la générosité, de la maîtrise, ce qu’il faut de témérité à affronter un public non installé dans une sacro-sainte salle dite équipée - formule alambiquée pour théâtre. Ce qu’il faut de témérité donc à affronter un public pas encore initié parce que trop jeune, un public très proche d’un espace scénique improvisé qui parfois s’immisce vocalement entre deux répliques, un public qui reste à conquérir malgré une démocratisation, une décentralisation, une descente du théâtre dans la rue depuis déjà quelques décennies.
«Le Loup de Tombouctou» créé par Ptits Bouts et Cie d’après un texte d’Éric Dauzon édité chez Goutte de sable, est de ces spectacles que l’on dit «tout terrain» qui contient beaucoup et que l’on aimerait voir plus souvent rôder dans les salles des fêtes. La comédienne Valérie Gerbe raconte avec nuances et corps des phrases poétiques. Le trio de musiciens-zinzins ; Emmanuel Roux, Thomas Horent et Gaspar Chefdeville mise sur un savant décalage, d’interventions musicales et burlesques pour rendre drôle et enlevée l’histoire très sérieuse de ce bon vieux loup qui en a fini d’être méchant tant il en a vu sur cette bonne vielle Terre. Il revient de Tombouctou et forcément rien n’est plus comme avant. Il revient dans sa forêt natale, où jadis... Mais «on a tous en mémoire la fameuse histoire»... Un spectacle qui revisite le mythe du grand méchant. Si l’on s’éclaffe des pitreries des trois petits cochons, si l’on crie à plein poumon ou joue de la trompette à l’unisson, on repart avec une petite question qui trotte... Finalement, qui est donc le vilain prédateur des temps modernes? Celui qui dans cette histoire écrite aujourd’hui a le rôle du méchant ? Le loup, vraiment ? Du fond, de la forme, de la générosité, de la maîtrise ont été donnés à voir et à entendre à Perpezac-le-Noir en cette fin de printemps diluvien où la foudre zèbre nos soirées devenues tropicales.

Sabine Parisot