Une Région arc-boutée

Les GM&S avaient fait le déplacement depuis La Souterraine en opération escargot sur l’A20, vers Limoges pour être reçus par la Région.

Depuis décembre 2015,  les salariés de l’entreprise GM&S Industry de La Souterraine, alertent leur direction et les élus sur la mauvaise gestion de l’entreprise, aujourd’hui au bord du redressement judiciaire.
Lorsque que l’entreprise de sous-traitance automobile Altia a été rachetée en décembre 2014, par le groupe italien GM&S Industry pour la  somme de 3 euros, les salariés avaient repris espoir. Dans son histoire l’entreprise est passée entre les mains de plusieurs groupes,  et a vu ses effectifs fondre comme neige au soleil pour atteindre aujourd’hui les 283 salariés. Les constructeurs PSA et Renault avaient  approuvé le projet du repreneur italien, Gianpiero Colla, celui-ci s’était alors engagé à diversifier les activités, mais ne l’a toujours pas fait. 4,2 millions d’euros avaient été versés à l’usine de La Souterraine. Un an plus tard, les salariés de l’entreprise, constatant une baisse de la charge de travail  et  voyant des clients historiques quitter le navire, ont commencé à s’inquiéter. «La direction a touché en deux fois, sur 2015 et 2016, 740.000 euros dans le cadre du CICE. Aucun investissement n’a été fait. L’argent a servi à payer les salaires» rappelle Yann Augras, représentant CGT, «au lieu de gagner des clients, nous avons perdu plusieurs sous-traitants historiques comme Faurecia, Valeo, Plastic Omnium». Il ajoute que les constructeurs, les ont eux aussi baladés. «Pendant des mois PSA nous avait promis deux nouveaux marchés, pour finalement nous annoncer début octobre qu’on ne les aurait pas».  Ils ont été pendant 9 jours en chômage partiel le mois dernier et estiment qu’il le seront au moins 15 jours en décembre. La paie du mois d’octobre s’est faite très difficilement, celle du mois de novembre risque de ne pas tomber. Hier ils étaient devant la maison de la Région à Limoges pour rencontrer les élus régionaux et solliciter leur aide. «Nous n’avons pas été écoutés par notre direction, ni par les élus» déplore David Gunther syndicaliste FO dans l’entreprise. «Si l’usine est en Creuse, nous avons aussi des salariés qui vivent en Haute-Vienne» ajoute-t-il. Les UD et UL CGT de Haute-Vienne et de Creuse étaient venues en soutien, comme les représentants des secteurs métallurgiques de FO et de la CGT et des élus de Creuse, dont Michel Vergnier.
Les salariés étaient venus dire aux élus régionaux qu’ils étaient de nouveau victimes d’un patron voyou, «il a déjà racheté trois entreprises en difficultés dont une, Metaltemple en Aquitaine. On ne comprend pas pourquoi l’Etat, nos élus, le laissent faire, puisqu’à chaque fois, il touche les subventions de l’Etat, sans redresser les entreprises qu’il rachète», s’est agacé Yann Augras.
Pas de dialogue entre la Région
et les salariés
Francis Wilsius, conseiller régional délégué à la restructuration économique et à la sécurisation des parcours professionnels ; Geneviève Barat, vice-présidente chargée de la ruralité, tous deux élus et  Hervé Salomon, responsable de l’unité entreprises en difficulté et Germain Madia, directeur de cabinet adjoint, étaient à la maison de la région de Limoges pour rencontrer une délégation restreinte. Ce qui ne s’est pas fait.  Les deux élus régionaux sont allés à leur rencontre pour leur proposer de discuter avec un maximum de six personnes.  Les salariés, tous concernés, voulaient être reçus ensemble : «C’est tous le monde ou personne» ont-ils décidé. Les portes de la région sont donc restées closes. Une dizaine de salariés ont  alors escaladé une des grilles situées à l’arrière du bâtiment. La réponse de la région ne s’est pas faite attendre les CRS sont arrivés en nombre et ont sécurisé la grille d’entrée du bâtiment. Pour éviter d’éventuels contacts brutaux, la dizaine de salariés, qui avaient pénétré dans les locaux du conseil régional, est sortie mais non s’en rappeler qu’ils étaient là pour défendre leur emploi et rien de plus. «On vient sauver nos emplois et on nous envoie les CRS. Belle image de la démocratie et la Région», pouvait-on entendre dans la foule. Les salariés restent mobilisés, la réaction des élus régionaux n’a fait que renforcer l’image négative qu’ils pouvaient avoir des pouvoirs publics.
Par Fatima Azzoug

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