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11:02 hélas ne pourra pas lui rendre hommage

GM&S entendue par François Hollande

Brive

En déplacement en Corrèze à l’occasion des derniers vœux présidentiels aux Corréziens, et malgré un programme déjà chargé, François Hollande a rencontré hier les salariés creusois de GM&S Industry dès sa descente de l’avion à l’aéroport de Brive.

A cette occasion, près de 200 des 282 salariés de l’usine menacée de fermeture avaient fait le déplacement en affrétant quatre bus. Pour ces derniers, cet entretien ressemblait à celui de la dernière chance avant le point d’étape fixé au 27 janvier devant le tribunal de commerce de Poitiers. Dans les rangs des salariés réunis en force et dans le calme sur le parking de l’aéroport, cette situation demeure incompréhensible. «C’est le troisième redressement judiciaire que l’on connaît ces dernières années. Et  cela fait plus d’un an que l’on tire la sonnette d’alarme. Quand on voit que le nombre d’immatriculations de voitures neuves a augmenté de 18% en  2016 on peut se dire qu’il y a un gros problème».
Mais si ces derniers jours quelques milliers d’euros ont été débloqués par ces mêmes constructeurs qui s’étaient engagés à donner de la charge de travail à l’entreprise lors de la reprise (4,2Me sur l’année 2015), cette avance n’a servi qu’à payer les salaires du mois de décembre et le flou perdure toujours quant à l’avenir de l’entreprise.
«Cette semaine nous avons eu un jour de travail. Nous en aurons peut-être deux la semaine prochaine. Cela se fait au jour le jour et nous avons toujours cette épée de Damoclès de la liquidation judiciaire au dessus de la tête» tonne un salarié. Après 45 minutes d’entretien, le chef de l’Etat est allé en personne à la rencontre des salariés pour leur livrer la primeur des discussions. «Un travail a été engagé avec la volonté de retrouver une charge de travail. Je sais ce que cette entreprise représente pour la Creuse, pour La Souterraine et pour vos familles. Je connais bien la Souterraine et s’il le faut, j’y retournerais» leur a-t-il glissé.
Dans ces discussions il a bien sûr été question du dossier à déposer le 15 janvier, en vue de l’audience de point d’étape prévue à la fin du moins.
«Le président nous a affirmé que ce dossier sera regardé de près par Matignon et l’Elysée. Nous lui avons demandé une nouvelle audience la semaine prochaine et si au milieu de la semaine prochaine il faut aller à l’Elysée, on ira» a indiqué un représentant du personnel faisant partie de la délégation. «Le président a convenu qu’il fallait arrêter de mettre des chasseurs de primes à la tête de cette entreprise, qu’elle avait trop souffert depuis de nombreuses années et qu’il existait des groupes assez costauds pour pouvoir la faire travailler. Après, on ne s’attendait pas à être racheté par un super groupe aujourd’hui. Mais je pense que ce n’est pas très compliqué pour les constructeurs de mettre cinq millions d'euros chacun pour revenir à l’équilibre et je pense qu’ils ont largement les moyens de nous donner du travail, s’ils le veulent.  Après, l’Etat est actionnaire chez Renault qui peut pousser PSA. On espère juste que le passage à l’acte va être rapide parce qu’il y a urgence. Sans ça nous allons continuer à remuer en poursuivant nos actions. De toute façon on n’a pas d’autres choix, il faut qu’on se batte» a souligné le représentant CGT, Yann Augras, à l’issue de la rencontre.

Mathieu Andreau

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