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L’art contemporain et le Limousin en deuil : Henri Cueco est mort

Nécrologie

Le peintre Henri Cueco est mort ce week-end à son domicile parisien. Il avait 88 ans. Ses dernières années ont été assombries par la maladie d’Alzheimer.
Né à Uzerche le 19 octobre 1919, il était le fils d’un travailleur espagnol installé en Corrèze. Il a eu une enfance et une jeunesse ouvrière, et c’est en autodidacte total qu’il est devenu, dans les années 1960, un des artistes majeurs de l’art contemporain.
Il y a été, on peut le dire, un trublion. En ce milieu de siècle, l’art abstrait tenait le haut du pavé artistique et semblait avoir ringardisé la figuration. Cueco, comme son compatriote et ami Paul Rebeyrolle, resta rétif à l’air du temps, et fut l’un de ces jeunes peintres qui imposèrent le mouvement baptisé plus tard par les commentateurs de l’art contemporain la «figuration narrative» : des images fortement dessinées, réalistes parfois jusqu’au trompe-l’œil, et volontiers militantes. Et ce sont les mouvements étudiants et ouvriers de mai 68 qui remirent sur le devant de la scène en Europe cette peinture dite «engagée», qui accompagna ce mouvement de masse qui allait changer la société française. Et qui allait notamment créer le Salon de la Jeune Peinture, et l’exposition événement la «Salle rouge pour le Vietnam».
Henri Cueco, militant communiste, fut l’un des co-fondateurs de la «Coopérative des Malassis» avec les peintres Lucien Fleury, Jean-Claude Latil, Michel Parré, Gérard Tisserand, Christian Zeimert, pour une œuvre collective majeure, «l’appartemensonge» ( 1971), une installation de toiles assemblées dans laquelle le visiteur était convié à déambuler, entre révoltes ouvrières, luttes du Tiers-Monde et hommage à Che Guevara. Autre travail collectif, à la fois hommage à la grande histoire de la peinture et acte politique, «le radeau de la Méduse», où les naufragés célèbres du tableau de Géricault (1818) étaient ballottés sur un océan  de frites ou de dollars, dénonciation de la société de consommation, avant que celle-ci soit secouée par la crise financière mondiale.
Auteur de la série «Les hommes rouges», popularisée ensuite en lithographies largement diffusées notamment en Limousin par les Fêtes de L’Echo du Centre, Cueco devenu professeur à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris s’assagit peu à peu dans son atelier corrézien du Pouget de Vigeois, qu’il retrouvait aussi souvent que possible entre ses périodes d’enseignement. Mais il resta fidèle à sa pratique figurative en peignant les animaux, les prairies limousines, les nuages, en magnifiant les pommes de terres en minutieuses natures mortes. Il se révéla aussi un écrivain puissant, notamment avec son «dialogue avec mon jardinier», dont Jean Becker fit un film, avec Daniel Auteuil et Jean-Pierre Daroussin. Homme de radio enfin, avec la célèbre émission de France-Culture «Les papous dans la tête», où se croisèrent aussi, entre autres, Jean-Christophe Averty, Gérard Mordillat, Claire Brétécher et bien d’autres.
Devenu vedette internationale, avec des expositions aux Etats-Unis, en Chine et ailleurs, Henri Cueco n’en resta pas moins attaché à son Limousin natal. Limoges lui rendit hommage voici une dizaine d’années (en 2008) avec une grande exposition à la Galerie des Hospices de Limoges, et  Uzerche voici deux ans. Et son œuvre y est installée dans le paysage urbain : il est le père de la petite fille qui court en liberté sur la terrasse de l’Opéra-Théâtre de Limoges.
Georges Châtain
Alain Rousset a réagi hier au décés d’Henri Cueco. «C’est avec une grande émotion que j’apprends la disparition d’Henri Cueco, un artiste reconnu internationalement, mais toujours resté fidèle à sa région natale et plus particulièrement à Uzerche dont il était originaire. Nous perdons à la fois un peintre majeur à qui l’on doit notamment les séries Jeux d’Adultes, Les Hommes Rouges ou Les Herbes/Paysages et un artiste généreux qui exprimait son affection pour notre région à travers son art...» Le président de la Région adresse ses condoléances à sa femme, ses enfants et ses proches.

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