Quels sont les dangers du passage à la grande région ?

Débat en Haute-Vienne

C’est autour de cette question qu’est organisée ce mardi une réunion publique à la Maison du temps libre d’Isle (87). Robert Savy, ancien président de la région Limousin viendra débattre d’une réforme territoriale toujours controversée.
A chaque trimestre, les membres de l’association Isle terre de gauche (ITG) organisent des réunions publiques sur des thématiques sociétales variées. Après des débats sur les rythmes scolaires, sur l’eau potable ou encore le racisme, l’association a décidé de faire appel à Robert Savy pour un petit tour   d’horizon des problèmes induits par la récente réforme territoriale.
«La disparition de la région Limousin dans la Nouvelle-Aquitaine s’inscrit dans une réforme territoriale globale qui est discutable dans son inspiration et qui est dangereuse dans ses conséquences» explique Christian Vergara, président de l’association ITG. Il regrette que «les responsables politiques nationaux qui ont inspiré et conduit la réforme ne connaissent pas la diversité des territoires de la France. Ce sont des professionnels de la politique dont l’horizon se limite à Paris et sa banlieue». Chez les élites parisiennes, Christian Vergara décèle «une idéologie du management selon laquelle la gestion des territoires est plus efficace et moins coûteuse s’il est plus grand». Il pense également que, «contaminée par l’air du temps libéral, cette réforme encourage la concurrence entre les territoires, au détriment de leur cohésion et de leur solidarité». Il explique qu’«on assiste déjà à la fuite des emplois du tertiaire supérieur vers Bordeaux, et il sera difficile, pour les citoyens comme pour les entreprises, de se faire entendre».
L’un des arguments donnés par les défenseurs de la décentralisation est par exemple l’autonomie offerte aux territoires. Si les membres d’ITG ne remettent pas en cause le principe de décentralisation, faisant que tout ne transite plus par Paris, ils se rendent bien compte que l’autonomie poussée à son extrême, va souvent de pair avec une réduction des aides des collectivités. Avec la redéfinition des régions, on risque d’assister à une sorte de sélection naturelle des territoires, où les plus forts finiront par engloutir les plus faibles.
Comme exemple concret, Pierre Krausz, membre d’ITG, saisit celui de l’université de Limoges : «C’était une université moyenne bien aidée par la région Limousin. Maintenant que tout est centralisé à Bordeaux, les critères de dotations ne sont plus du tout les mêmes. Du coup, l’université de Limoges a déjà perdu beaucoup de subventions.» Annie Alamarguy et Didier Faydi sont aussi membres d’ITG. Alors que la première prend l’exemple des «fermetures de gare et la mise en place de guichetiers automatiques», le second s’amuse d’écouter à la radio qu’«il fait beau sur la Nouvelle-Aquitaine», alors qu’il ne doit pas toujours y avoir les mêmes températures à Guéret et à Pau (64).
Mardi à 20h, vous êtes cordialement invités à vous joindre au débat, «pour parler des problèmes mais aussi pour ébaucher des pistes pour l’avenir de notre territoire» insiste Christian Vergara.
Johan Detour
Plus d’infos : http://www.isleterredegauche.org/

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
CAPTCHA
Cette question permet de vérifier que le formulaire n'est pas soumis par un robot (spam)
Fill in the blank.