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« Urgence médicale absolue »

L’Indre est un des départements les plus impactés par la désertification médicale. Aujourd’hui, il compte moins de 150 médecins généralistes et de 100 spécialistes et si rien n’est fait, on pourrait passer sous la barre des 100 généralistes d’ici 2020.

Depuis le mois de décem-bre, le village d’Ambrault, 950 habitants, dans l’Indre n’a plus de médecin. Pour trouver son remplaçant, la mairie a diffusé environ 300 affichettes dans les trente-deux facultés de médecine du pays, les départements, mais aussi à l’étranger, en Espagne ou à l’ambassade du Togo... Pour le moment. « On n’abandonne pas l’idée de voir revenir un médecin. Tous les habitants attendent, mais pour le moment, pas de projet bien inscrits » déplore-t-on en mairie. La solution pourrait venir de médecins castelroussins prêts à tenir des permanences, mais rien qui assure une présence constante et un bon accès des habitants aux soins. Et ce problème n’est pas propre aux villages éloignés des centres urbains. Sur Châteauroux aussi, trouver un médecin peut s’avérer une affaire très compliquée. « Quand nous sommes arrivés, impossible de trouver un généraliste, se rappelle Antoine*. C’est finalement grâce à une cooptation, un collègue qui changeait de médecin en s’installant dans le sud du département, que nous avons pu prendre sa place dans un cabinet. »
La situation se répète partout. L’Indre est l’un des pires départements français en terme de présence médicale, en « situation d’urgence absolue » martèlent les élus. Avec une diminution de -15,7 % du nombre de médecins entre 2007 et 2016, 172 praticiens pour 100 000 habitants, ces indicateurs sont tout en bas des classements nationaux. La Creuse, 205 praticiens pour 100 000 habitants et la Dordogne, 201, connaissent également des situations tendues. Le département essaie d’attirer les praticiens et les étudiants via une bourse, 600 € par mois pendant 3 ans, pour les étudiants en médecine générale qui s’engageraient après l’obtention de leur diplôme, à s’installer comme praticiens. Il aide également les internes en stage en leur proposant un logement à prix préférentiel. Mais peu de personnes ont demandé à en bénéficier.
En première ligne pour voir la situation se détériorer d’années en années et recevoir les doléances de leurs concitoyens, plusieurs élus ont décidé de prendre les devants et de ne pas attendre une réponse généralisée de la part du gouvernement.
Trouver des solutions sur le terrain
Ainsi, sur la commune de Mézières-en-Brenne, en plein cœur du Parc naturel régional, à 40 minutes du centre hospitalier de Châteauroux, le maire Jean-Louis Camus a choisi de miser sur la télémédecine. Après avoir sollicité plusieurs financements publics, il a pu faire équiper la maison de santé pluridisciplinaire et la maison de retraite. Cette technologie doit permet-tre des consultations à distance avec des spécialistes. L’équipement est prêt. Reste que l’établissement doit faire face à une série de problèmes auxquels les porteurs du projet ne s’attendaient pas. « Nous sommes en partie bloqués car il n’y a toujours pas de raccordements à la fibre optique, un vrai souci pour la qualité de l’imagerie, s’indigne Jean-Louis Camus. C’est inadmissible, Orange nous demande un prix complètement exorbitant. » Sans compter les spécialistes à l’autre bout de la chaîne, difficile à trouver et qui ne jouent pas toujours le jeu. Le recrutement de nouveaux professionnels, notamment des spécialistes, et donc l’augmentation du numerus clausus restent donc une nécessité absolue.
à Valençay, dans le nord du département, à 45 minutes du centre hospitalier de Châteauroux et 40 minutes des urgences d’Issoudun, les élus œuvrent depuis dix ans à la mise en place d’un réseau de maison de santé pour mailler le territoire. Réunis autour d’un pôle principal à Valençay, cinq pôles secondaires répartis sur des communes de l’ancien canton travailleront en collaboration. « Nous espérons que ce dispositif nous permettra d’avoir des consultations avancées. ça doit en être l’avantage car la tension est partout sur l’ensemble du secteur, explique Claude Doucet, maire de Valençay et président de la communauté de communes d’écueillé-Valençay. Nous avons déjà des personnes qui ont signé pour s’installer, d’autres qui sont intéressées, mais nous allons faire un large tour de table pour encore trouver. » La priorité est l’arrivée de généralistes, mais des spécialistes et des professionnels para-médicaux sont aussi recherchés. D’autant plus que le territoire compte plusieurs établissements nécessitant des professionnels de santé comme une maison de retraite, un IME... 450 emplois y sont rattachés.
Un accord a été passé avec les facultés de médecine de Tours et Limoges pour favoriser la venue d’étudiants en stage. Mais l’image du département vieillissant, éloigné des centres urbains en détournent beaucoup. « Certains viennent en stage, mais ils ne restent pas après » déplore Claude Doucet. Pourtant, pour lui, le territoire ne manque pas d’atouts et d’une bonne qualité de vie. Reste à convaincre les futurs professionnels qui sortiront des facultés dans les prochaines années de sauter le pas.
 * Le prénom a été modifié.
Par Morgane Thimel

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