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Bâtir c’est aussi se reconstruire

Depuis 1997, l’Association des Chantiers des chemins jacquaires (ACCJ) œuvre pour que celles et ceux qui sont parfois très éloignés de l’emploi puissent apprendre ou réapprendre à travailler.

Voilà désormais 20 ans que l’Association des Chantiers des chemins jacquaires veille à l’insertion professionnelle de personnes parfois très éloignées du monde du travail.
Si le public est plutôt jeune avec une majorité de moins de 26 ans qui cumulent les difficultés, l’ACCJ tente de remettre sur les rails des chômeurs de longue durée, des personnes bénéficiant des minima sociaux, des travailleurs reconnus handicapés ou des seniors désemparés : «Nous faisons de l’insertion par le travail avec deux activités principales.
D’abord, nous faisons de la petite restauration du patrimoine bâti, principalement avec les collectivités et de plus en plus avec les particuliers explique Fabrice Cuisinier-Aupetit. Nous procédons également à l’entretien de l’espace public via un appel d’offres positionné avec la communauté d’agglomération Limoges Métropole. Nous nous occupons de l’entretien du Val-de-l’Aurence en fournissant 18 personnes qui sont encadrées et équipées par la communauté d’agglomération», poursuit le directeur de l’association. Ce second chantier est totalement mixte puisqu’il compte autant
d’hommes que de femmes qui se chargent du ramassage des déchets et de l’entretien des extérieurs.
Pour le reste, ce sont exclusivement des hommes (à l’exception d’une femme) qui répètent les gammes de la petite maçonnerie sur différents lieux de la Haute-Vienne : vieux murs, caniveaux, lavoir, fontaine... Parmi les nom-breux chantiers menés par l’association, on peut citer la rénovation remarquée de la rue du Pont-Saint-Etienne l’année dernière. L’ACCJ va ainsi s’occuper de «tout ce qui relève du traditionnel simplifie Fabrice Cuisinier-Aupetit qui précise qu’il ne s’agit pas de former que des maçons». En effet, le travail de la pierre ou l’entretien des espaces verts ne sont que des supports au projet individuel de chaque salarié en insertion, qui bénéficie d’une rémunération au moins égale au SMIC. Les personnes recrutées signent un contrat à durée déterminée dits d’insertion (CDDI), grâce à l’aide non négligeable de l’Etat. Signé pour une durée minimale de 4 mois, il est renouvelable dans la limite d’une durée totale de deux ans.
L’association n’est pas un «organisme de formation donc il n’y a pas de certifications à la fin. Les gens sont là pour utiliser les activités comme support et en parallèle développer leur projet avec les conseillères d’insertion» précise le directeur. En poste depuis peu, il veut pérenniser l’association et développer le tissu local : «Il y a un réel manque de connaissance de l’insertion de la part des entreprises ou des partenaires. On a peu d’échange avec le monde professionnel alors que le but du jeu est de réintégrer notre public dans le monde professionnel. Il faut donc qu’on développe au maximun ces échanges poursuit le directeur qui dit actuellement travailler pour nouer des partenariats avec les CFA (Centre de formation d’apprentis), avec l’AFPA ou encore avec la Fondation du patrimoine avec qui on va bientôt collaborer».
Pour celles et ceux qui passent par ces chantiers d’insertion, il n’y a pas vraiment de parcours type, même si la majorité doit continuer de se former après la sortie : «Souvent, on passe par une formation parce que  ce sont souvent des gens peu diplômés voire pas diplômés du tout, des personnes qui ne sont pas forcément d’origine française donc avec des problèmes de langue. Il y en a d’autres qui ont des problèmes de mobilités, qui sont sans permis de conduire, ni BSR ou ASSR, désormais obligatoires pour pouvoir conduire un 50 cm3. La mission de l’association est donc aussi de favoriser le passage d’un permis pour que les gens n’aient plus de freins liés à la mobilité. En fait, on essaie de lever le maximum de freins que ce soit au niveau de la mobilité, de la langue et de la formation. Notre objectif est que notre public parte avec un emploi ou au moins des pistes pour qu’il puisse se positionner sur de l’emploi».
Quand les emplois aidés ne le seront plus, quid de ce type de structures qui œuvrent à l’insertion ?
Par Johan Detour

Commentaires

Como el sabor
del viento
que regresa
donde la vida
recuerda el color
de las hojas
mojadas, como
el futuro en
un dulce pasar.

Francesco Sinibaldi

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