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"Le plus dur reste à faire"

GM&S

GM&S Industry sera repris par le groupe d’Alain Martineau GMD. La décision du tribunal de commerce de Poitiers est tombée jeudi en début d’après-midi. Si ce n’est pas une grande surprise, les salariés s’y attendaient, de nombreuses questions restent en suspens dont la première d’entre elles, l’avenir des 156* qui vont rester sur le carreau.
«C’était prévisible», avoue Vitor Silva. Sentiment partagé par Me Jean-Louis Borie, avocat du comité d’entreprise qui les a suivis de nombreuses fois sur leurs actions dont hier matin à Sept-Fons pour attendre avec eux la décision du tribunal qui est intervenue sur le chemin du retour sur l’aire des vérités... (voir par ailleurs). «Ce n’est pas une surprise, c’était un choix entre une liquidation et une reprise». La seule inconnue qui restait était la date d’entrée en jouissance de GMD sur le site sostranien. Ce sera ce lundi 11 septembre. Une prise de possession rapide mais le tribunal malgré la demande d’Alain Martineau de la décaler de deux à trois semaines n’a pu acter ce délai en raison du manque d’argent dans la procédure. Me Borie note dans ce jugement la porte d’entrée laissée à Alain Martineau quant à ce nombre de salariés repris lorsqu’est évoqué «l’autorisation de licenciements économiques dans la limite de 156 emplois supprimés sans préjudice des améliorations sociales pouvant encore intervenir».  «C’est une invitation lancée à Mr Martineau pour que celui-ci soit en adéquation avec le chiffre d’affaires, poursuit-il. «On évite le pire mais ce n’est pas suffisant», ajoute Etienne Lejeune premier adjoint au maire de La Souterraine et président de la communauté de communes Monts et Vallées Ouest Creuse regardant le site, «quand vous voyez la structure, cela ne peut pas tenir. Il faut continuer à demander !»
«120 c’est une offre de merde, tempête Yann Augras. Ok, il y a 120 personnes de repris mais qu’est-ce qu’on fait des 157 autres ?» Une situation qui inquiète. «Ils vont partir sans supralégale, qu’est-ce qu’ils vont faire ? Cela m’inquiète. Quels sont les moyens d’alerter là-dessus ?», se questionne Etienne Lejeune. «Pour les 156, il faut multiplier par 5 ou par 8 l’impact sur le bassin d’emplois», déplore Vincent Labrousse pointant du doigt «l’irresponsabilité» du gouvernement de par son attitude. D’une part, l’envoi des CRS mais aussi le fait de proposer puis de retirer des rendez-vous. «Qu’on me prenne pour un c..., j’en ai rien à faire mais l’ensemble des salariés, c’est lamentable».  Par contre sur la validation de la reprise, le ministre de l’économie Bruno Le Maire et Benjamin Griveaux, secrétaire d’Etat n’ont pas hésité à communiquer soulignant qu’elle permettait «de reprendre 120 emplois et une activité industrielle pérenne sur le site de La Souterraine. Ils précisent aussi que «l’urgence est maintenant de redémarrer l’activité».
Comment ? Qui vient lundi ? Les 276 salariés ? Même ceux qui vont être licenciés et qui ne le savent pas ? Les lettres de licenciement ne partiront qu’après l’homologation du plan de sauvegarde de l’emploi (sic) par la Direccte qui interviendra 4 jours après l’avis envoyé par le comité d’entreprise qui se réunit lundi pour évoquer ce plan de cession et la cellule de reclassement. En plus les salariés qui ont reçu leurs lettres pour un départ volontaire ont jusqu’à lundi 9 heures pour les transmettre. Les salariés qui ne savent pas qu’ils vont rester auront-ils la force de reprendre ? «Je n’ai pas la tête à aller travailler,  confie Didier qui va désormais zyeuter le courrier. «On se dit ça va être un soulagement en disant que c’était long mais que ça se termine mais cela va être très dur quand les lettres de licenciement vont arriver. Le plus dur reste à faire», ajoute-t-il.
«On a bien l’intention de continuer à se battre», lance Vincent Labrousse devant les médias, applaudi par ses camarades. Aujourd’hui, les salariés se réuniront une nouvelle fois en assemblée générale pour décider clairement des suites à donner à leur mobilisation sans faille. «J’ai vraiment la conviction que si rien ne s’était passé depuis décembre, il n’y aurait plus personne, c’est grâce à vous que 120 salariés sont repris. Bien évidemment ce n’est pas assez. Le futur c’est à vous de jouer», note Me Borie. Lui a déjà pensé à des actions en justice que ce soit sur le plan administratif, judiciaire pour rechercher les responsabilités des constructeurs ou prud’homales même si ce n’est pas la panacée. La lutte est loin d’être finale.
*Dans le jugement, il est question de 276 salariés et non 277, entre-temps, une personne est partie. Ce jugement précise aussi que la société qui reprend GM&S peut être GMD ou une de ses filiales mais elle doit avoir au moins un million d’euros de capital.

Alain Rousset entre «espoir et vigilance»
Dans un communiqué, le président de la région Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset prend acte de la décision du tribunal de commerce. Il précise que la région lancera le vendredi 22 septembre un programme d’accompagnement à la reconversion du territoire appelé Cadet. Il appelle «les acteurs de ce dossier compliqué à unir leurs efforts pour rétablir le climat de confiance nécessaire à la relance de cette belle industrie. Les élus restent vigilants et attentifs au respect des engagements de chacun».

Le chiffre

156
C’est le nombre de salariés qui vont rester sur le carreau. «Un chiffre à multiplier par cinq ou par 8 pour le bassin d’emploi», admet Vincent Labrousse.

Sept-Fons

Retour sur une mobilisation
Après avoir passé la nuit près du site PSA de Sept-Fons (voir notre édition d’hier), les salariés n’ont pas voulu quitter les lieux comme cela et ont symboliquement défilé jusqu’au site avec leur banderole GM&S. Là encore comme la veille à Poissy et à Flins, ils ont été bloqués par les CRS. «Le gouvernement a changé», constatent certains salariés rentrés sur La Souterraine dès mercredi soir. «On défend nos emplois», précisent-ils.

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