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Toujours dans le flou !

GM&S Industry

Le feu à l’entrée du sous-traitant automobile GM&S a repris de plus belle en ce lundi matin. Si deux réunions ont eu lieu, les salariés n’ont pas vu la moindre avancée. Tout reste flou.
Les salariés étaient sur le site mais  à quoi doivent-ils s’attendre ? La reprise par GMD a été validée par le tribunal de commerce jeudi et  Alain Martineau, en possession du site depuis minuit, est arrivé à La Souterraine peu avant midi. La grille a été secouée. «Martineau est dans nos murs», indique Jean-Marc Ducourtioux délégué CGT ajoutant  que celui-ci n’a pas dit bonjour aux salariés. De leurs côtés, les représentants du personnel choisissaient un cabinet de reclassement.  Un dossier long, technique, compliqué. D’autant plus que l’incertitude demeure notamment sur les mesures d’accompagnement. Le gouvernement avait annoncé un doublement pour la formation soit 5.000 euros pour chaque salarié mais la moindre formation se rapproche plus des 9.000 euros... La période de reclassement s’étend sur 12 mois, insuffisant pour eux.
L’après-midi, un comité d’entreprise s’est déroulé sur le plan social. Alain Martineau a quitté le site vers 15 heures après avoir été interpellé par des salariés sur leur devenir, son projet industriel. Sa seule réponse  : il n’ira pas plus loin que les 120 salariés. Quant au reste, cela demeure flou même lorsque les salariés, remontés, envahissent la salle Aubusson où se tient le CE. Après des questions aux représentants de l'administrateur, ils demandent à deux de ses hommes,  le responsable du pôle emboutissage et son responsable des ressources humaines, de  venir répondre aux nombreuses interrogations. Ce à huis clos. «Si vous voulez pas de moi, je m’en vais»,  leur lance le responsable emboutissage. «Ce n’est pas ce que les salariés ont dit, ils ne veulent pas de cette reprise là. On ne comprend pas ce positionnement inflexible», explicite Vincent Labrousse. Ils s’interrogent sur la cataphorèse et le peu de salariés repris, le nombre de salariés toujours le même depuis le départ, l’avenir de la tôlerie, l’outillage... Sur ce dernier point, il semblerait que la réponse soit trouvée : «on avait ce fonctionnement et ça nous coûtait plus cher d’être intégrée que de sous-traiter». Quand Me Borie, l’avocat du comité d’entreprise évoque un calcul sur 18 millions d’euros de chiffre d’affaires, le responsable affirme qu’il n’a pas d'élément. Pour les deux responsables de Martineau qui vont être rejoints par toute une équipe aujourd’hui, l’objectif est clair : «redémarrer l’usine et faire en sorte qu’elle fonctionne». Si Alain Martineau espérait le matin-même que ça serait dans huit jours, il semblerait que cela soit plus long. «Nous ne sommes pas assez pour remettre en route les machines», tonnent les salariés. «23.000 m² couverts et travailler en 2/8 avec 120 salariés, ça ne donne pas envie de travailler», ajoute Vincent Labrousse. «Je comprends la nostalgie mais ce n’est pas cela qui fait le business plan», rétorque le responsable. Rien n’avancera.  «A l’aube de reprendre l’usine, il n’y a pas de projet industriel et commercial», résume Yann Augras  au sortir de «cette journée de m..., une journée médiocre». 54 salariés ont indiqué qu’ils voulaient partir... «ça fait mal, on pense qu’il ont en ont marre, confie le syndicaliste. C’est dommage, ce sont des compétences et des savoir-faire qui s’en vont».
Mais rien n’est perdu pour les salariés. «Il faut continuer à se battre», martèle Yann Augras.  Notamment pour obtenir une supra légale pour partir dignement. Ils seront dans la rue ce matin à La Souterraine et à Guéret cet après-midi et d’autres actions sont prévues si GMD ne répond pas aux interrogations. «Nous avons décidé avec les salariés-es de nous protéger, nous et nos familles.»
V.J.

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