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Lame en peine, plaies et pardon

Assises

Quand il ouvre la porte cette nuit-là, à 1h, Augustin ne comprend pas. Il se retrouve bientôt avec une plaie de 8 cm de long sur le bras, une griffure sur la tempe et une entaille sur le cou, à un cheveu de la carotide. Si l’assaillant a manqué le ventre, visé au départ, il a gagné sa place dans le box. Sylvain comparaissait, hier, aux assises de la Creuse pour tentative d’assassinat en récidive légale. Il encourt la réclusion à perpétuité.
Le soleil a disparu depuis longtemps du ciel de Gioux, ce 8 janvier 2016 et Sylvain est à bout. Cigarette sur cigarette, café sur café, il fait les cent pas comme un futur papa dans la salle d’attente. Sauf qu’il attend Stéphanie, sa soeur, qui aurait dû rentrer à la maison depuis des heures. Premier coup de fil à 18h15, Sylvain, qui revient de la garderie avec les deux aînés, cherche à savoir où en est sa soeur, partie sur Guéret, exercer son droit de visite sur un troisième enfant, en famille d’accueil. Et c’est Augustin qui a fait le taxi. Le hic, c’est que l’un et l’autre ont un problème d’addiction à l’alcool, en 3 mois de séjour chez sa soeur, Sylvain, qui boit aussi à l’occasion, l’a bien vu. Les coups de téléphone se multiplient, à l’autre bout, l’agressivité monte aussi. Un « ferme la porte à clé ce soir et je te pète la gueule », venant répondre à un ultimatum.
À 700 m de là, Augustin s’escrime à convaincre Stéphanie de rentrer chez elle. Sans succès. Ils parlent, comme  souvent. Elle ne supporte plus son frère qu’elle cherche à réexpédier en Normandie. Il est 1h, Stéphanie, part se coucher dans la chambre d’amis. Il est 1h, Sylvain frappe à la porte. Les faits il les reconnaît (1), la tentative de meurtre aussi. Meurtre, pas assassinat. Sa volonté de tuer est venue sur place, le couteau de cuisine dont il s’est servi était à l’origine seulement destiné à faire peur. « Stéphanie me traitait de violeur devant les petits et même devant Augustin. Elle me disait t’as peur hein ? t’as peur ? Bin moi j’ai voulu lui faire peur », déclare à la barre l’accusé, condamné en 1994 pour viols.
Tout s’annonçait pourtant bien trois mois plutôt. Sa soeur, chez qui il avait déjà séjourné, à Rouen, trois ans durant, pour l’aider à la naissance de son deuxième enfant, malade, puis avait disparu une fois le père réapparu. Il avait senti chez elle une descente aux enfers s’amorcer. Et puis en 2015, un coup de téléphone. Elle avait l’air d’aller bien, ses problèmes d’alcool loin derrière : « Pourquoi tu viendrais pas en Creuse, ce serait bien... » Une invitation que nie l’intéressée contredite par la déclaration de l’ami chargé de faire le taxi pour le frère.
Mais les choses ne vont pas mieux, pire, elle font ressurgir l’enfance difficile qu’a connue l’accusé : un père alcoolique et tout le cortège de « sales trucs », violences et abus. Une image qu’il transpose sur Augustin, 66 ans alors, avec qui sa soeur, la quarantaine, a une relation plus qu’amicale - ce que réfute cette dernière -. Et pas toujours discrète. Ce dont ont témoigné les enfants : « Augustin avait la tête dans la cocotte à maman ».
Ce que regrette Augustin dépassé par les appétits sexuels de Stéphanie à propos de qui « consentant est un euphémisme », dixit le sexagénaire. « Moi je ne l’étais pas tant que ça, je me suis senti agressé. » « Vous comprenez que ça peut gêner l’homme qui se trouve derrière moi d’entendre le témoignage des enfants ? », l’interroge Philippe Lefaure, l’avocat de la défense. « Ça peut heurter, oui. Les gendarmes m’ont dit qu’il avait cru voir son père devant lui. Et j’ai compris. Moi, j’ai connu la violence ma mère battue par mon père quand il avait bu. À 67 ans, j’ai toujours des montées d’angoisse », répond la victime, qui ne s’est pas portée partie civile. « Je l’ai pardonné dès le lendemain. C’est une victime de la vie. Et je profite de cette tribune... », s’élance Augustin, qui poursuit après que le président, Luc Sarrazin, lui ait fait remarquer qu’il s’agissait de la  barre des témoins : « les gens dans cette difficulté, ce n’est pas la coercition qui arrangerait les choses, c’est un suivi psychologique. »
Un point de vue que partage le psychologue Jean-Yves Charvieux qui décrit un contexte familial qui a créé « une blessure affective narcissique, et des angoisses chroniques » et conclut : « Je suis inquiet de la dangerosité sociale chez lui, j’ai l’impression que le complexe issu de son enfance qui le fait passer à l’acte à tout moment n’est pas résolu. Une injonction de soins me paraît opportune. »
Verdict demain.

(1) L’accusé a fait appeler les gendarmes et s’est constitué prisonnier d’entrée « Il était soulagé de nous voir », précise le directeur d’enquête. « L’affaire s’est déroulée sans problème jusqu’au bout. » Le nombre de coups de couteau et l’existence ou non d’un échange verbal avant l’agression diverge toutefois entre la version de l’accusé et celle de la victime.
S.G.

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