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Chausson cherche indication

Six entreprises fabriquant des charentaises, en Charente et Dordogne, ont demandé la création d'une indication géographique (IG) afin de protéger la qualité et le savoir-faire artisanal du célèbre chausson français comme l’a indiqué l'Institut national de

Qui n’a pas ou n’a pas eu sa paire de charentaises, cette pantoufle si confortable et si chaude qui fait le bonheur de nos pieds quand arrivent les frimas.
Ce sont donc six entreprises fabriquant des charentaises, en Charente et Dordogne qui ont demandé la création d’une indication géographique. Comme pour la porcelaine de Limoges ou la tapisserie d’Aubusson, ces entreprises veulent ainsi préserver un savoir-faire et une qualité qui ont fait le renom de ce chausson.
Une enquête publique a donc été ouverte en vue d’homologuer cette indication et, si le dossier déposé par l’Association pour la promotion de la charentaise (APC), à Angoulême, est accepté, elle aboutira d'ici au mois de novem-bre.
Le «cousu retourné»
Environ 300 000 paires de charentaises en «cousu retourné», technique historique de fabrication, sont fabriquées chaque année par ces six entreprises qui emploient 210 personnes, pour un chiffre d’affaires total d’environ 5 millions d’euros en 2016.
La charentaise est apparue à la fin du XIXe siècle en Charente, Dordogne et sud du Limousin «pour recycler des reliquats de fabrication des industries textiles et papetières situées sur le fleuve Charente et ses affluents»,  explique l’InPI (Institut national de la propriété industrielle). Et de poursuivre : «Les feutres à papier étaient en laine. Après avoir servi au pressage et avoir absorbé l’eau de la pâte à papier, ils devenaient imperméables. Les savetiers locaux eurent alors l’idée de récupérer les feu-tres pour en faire des semelles souples et confortables.»
La technique du «cousu retourné» permet d’assembler avec un fil de chanvre la semelle en feutre ou cuir et la tige, avant de retourner le chausson pour lui donner sa forme définitive.
La charentaise, célébrissime chausson, est donc assurément née des différents feutres originels destinés à la construction navale et à l’industrie papetière de la région ainsi que des rebuts de cuirs issus de mégisseries et tanneries locales.
A son apogée dans les années soixante, plus de 70 entreprises produisent des charentaises jusqu’à la crise des années soixante-dix. Les balbutiements de la mondialisation entraînent l’ouverture des marchés, des délocalisations dans les pays en développement.
Le savoir-faire du «cousu-retourné», entretenu aujourd’hui par quelques entreprises dans la zone Charente – Dordogne, perpétue la tradition régionale des savetiers et la fabrication de la charentaise historique.
La loi dite «consommation» a élargi les indications géographiques aux produits manufacturés, et non plus seulement aux produits agricoles et viticoles, pour reconnaître la qualité et la provenance des produits de l'artisanat et de l'industrie. Trois indications géographiques ont déjà été homologuées par l’INPI : le siège de Liffol (Vosges), le granit de Bretagne et la porcelaine de Limoges.
Les dossiers en cours sont la tapisserie d’Aubusson dont nous avons parlé dans nos colonnes la semaine dernière, le grenat de Perpignan, la pierre de Bourgogne, et le savon de Marseille. La demande d’IG pour les espadrilles de Mauléon a en revanche été refusée.

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