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« C’est toute une politique à revoir »

Réseau éducation sans frontières

L’association Réseau éducation sans frontières (Resf) Dordogne-Périgueux alertait la semaine dernière sur la situation de quatre familles, avec enfants, de réfugiés refoulés du droit d’asile, et dont l’hébergement n’est plus pris en charge depuis lundi matin. S’ils ont trouvé une solution pour le lundi soir grâce aux soutiens de particuliers, mais ce n’est que provisoire...

Elles sont quatre familles avec des enfants, dont le plus jeune a deux ans et les plus âgés sont majeurs, aux parcours différents mais aux histoires tellement similaires.
Emile se tient la tête entre les mains. Arrivé en 2016 avec sa femme et ses enfants, il était hier matin dans l’incertitude quant au sort réservé à sa famille pour la nuit à venir. La passeraient-ils dehors ? Trouveraient-ils un abri pour la nuit ? Et si oui, quid des nuits suivantes ? Homme jeune et dans la force de l’âge, il est aujourd’hui dans une impasse, refoulé du droit d’asile et de tous les recours déposés auprès du tribunal administratif, et donc du dispositif d’hébergement du Cada (Centre d’accueil des demandeurs d’asile). Hébergé depuis cet hiver  dans un hôtel par le 115, il vient, comme les autres familles, d’en être exclu. Comme ils ont épuisé tous les recours offerts par le Droit français, ils font l’objet d’une Obligation de quitter le territoire français (Oqtf, autrement dit un arrêté d’expulsion) pris avec diligence par la préfecture dès le dernier recours rejeté. Ils sont 15 en tout dans ce cas, enfants compris. Et tous racontent peu ou prou la même histoire pour expliquer leur exil. Le kanun (voir encadré) qui sévit de façon de plus en plus arbitraire dans des pays dont les gouvernements ne sont pas en mesure d’assurer la sécurité de tous leurs citoyens, les persécutions encore très présentes dans les Balkans où de nombreuses milices et groupes armés font régner la terreur dans certains secteurs, sont des réalités vécues par tous ces demandeurs d’asile. Seul problème, ils ne peuvent fournir de preuves écrites de ces dangers qui les menacent au quotidien dans leurs pays d’origine, et l’Europe ferme les yeux sur toutes ces exactions pour décréter que ces Nations sont sûres, et donc leurs habitants en sécurité. Conclusion, ils n’ont pas à solliciter l’asile dans d’autres états. ça, ce sont les gens au pouvoir qui le disent. Mais comme de plus en plus souvent, la distorsion entre leurs discours et la réalité constatée par les citoyens est abyssale, et ces derniers sont choqués de constater que de tels traitement sont réservés à des familles ne demandant qu’à vivre en sécurité. Philippe est un résident de l’hôtel où étaient hébergées ces quatre familles, et estime la situation « totalement anormale. Elles se retrouvent sur la pelouse avec leurs valises, c’est intolérable. Beaucoup de clients sont aussi choqués que moi ».  Dominique et Hervé sont venus de Cubjac avec un carton de nourriture et d’eau.  Eux aussi se déclarent choqués par la décision de les mettre à la rue, « et c’est la même chose pour les Sdf. C’est toute une politique à revoir, avec l’accueil des migrants. Quand on voit que certains villages ont reçu deux ou trois familles, et que ça se passe très bien, on ne comprend pas que ce ne soit pas généralisé, puisqu’on voit que ça fonctionne. La fraternité et la solidarité ont un peu disparu ». Et tout ça coûte « un pognon de dingue », mieux utilisé pour payer les déplacements présidentiels...

Le Kanun, une réalité
Le Kanun est le nom de codes de droit coutumier médiéval auquel se réfèrent encore certains clans des territoires albanais du nord, y compris au Kosovo. Un des usages controversés du Kanun est la gjakmarrje, « reprise du sang », forme ritualisée de la vendetta : un meurtre doit être vengé par la mort d’un homme de la famille du coupable. Mais certains l’utilisent par intérêt, pour récupérer un bien sur lequel ils louchent, avec l’impunité conférée par le manque de moyens des forces de l’ordre dans ces pays.

« Ils n’ont pas le temps de faire leurs preuves »
Hélène Elouard, de Resf Dordogne-Périgueux, accompagne ces familles.
Depuis des années, elle intervient, avec les au-tres membres du Réseau, auprès des déboutés du droit d’asile. Elle indique que pour la préfecture, « il y a trop de recours qui n’aboutissent jamais, alors dès qu’arrive la notification de rejet du dernier recours, elle sort les déboutés du dispositif et prend des Oqtf à leur encontre, attaquées par les associations qui sont rarement entendues. Ces arrêtés d’expulsion sont pris de plus en plus tôt, ce qui interdit aux demandeurs de pouvoir faire leurs preuves d’intégration et d’autonomie. Pour ces quatre familles, nous cherchons des solutions d’hébergement auprès de particuliers, c’est inimaginable que ce soit à nous de s’en charger. Mais les pouvoirs publics le font exprès, ils savent que nous n’allons pas les laisser dans cette situation, mais ça ne s’organise pas en deux jours. Nous lançons donc un appel à solidarité et générosité auprès de tous, mais souvent nous trouvons un abri pour un laps de temps restreint, on doit organiser des roulements. Certains ont des locaux vides, mais à la campagne, ce qui pose des problèmes de transport, surtout pour les enfants qui sont scolarisés. Pour cette nuit, je sais que des citoyens ont décidé de payer de leur poche une nuitée d’hôtel, c’est toujours ça que l’état n’a pas à payer. Il est temps que notre ministre de l’Intérieur démissionne. On croyait avoir connu le pire avec Hortefeux, on s’était trompé ». Toute personne désireuse de signer la pétition lancée par Resf ou d’apporter une aide de toute sorte peut se rapprocher de l’association : mail (courrier@resf24.info), site internet (resf24.eklablog.com/), facebook (Resf 24 Périgueux) ou téléphone (06 16 56 72 20).

15
C’est le nombre de personnes aujourd’hui concernées, et pour lesquelles la préfète de la Dordogne indique qu’elles ne répondent pas aux critères de la loi pour pouvoir prétendre à rester en France, qu’elles peuvent solliciter une aide au retour, et que l’Albanie est un pays sûr !

 

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