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Plan santé: les hôpitaux et EHPAD oubliés

Social

Hier, la CGT santé et action sociale a organisé une journée d’action pour dénoncer un plan santé qui ne prévoit rien pour l’hôpital public ou les établissements d’hébergement des personnes âgées dépendantes. Deux secteurs où les équipes soignantes tirent pourtant le signal d’alarme depuis bien longtemps. Si le chef de l’Etat a reconnu  que l’hôpital «risque l’implosion», après avoir pris connaissance de son plan santé Florence Metge, secrétaire CGT au CHU de Limoges, constate que «l’on est loin du compte. Le président a essentiellement évoqué la médecine libérale. Rien sur les EHPAD, rien sur les hôpitaux publics. Quand on sait qu’à Saint-Junien (deuxième commune de la Haute-Vienne, NDLR) l’hôpital a perdu les soins intensifs au printemps dernier. Au CHU de Limoges, Dupuytren 2 va ouvrir mais le Cluzeau va fermer. Au final, ce ne seront pas 340 places en plus comme on veut le faire croire mais bien des lits en moins.»  A centre hospitalier Esquirol de Limoges, spécialisé dans les soins psychiatriques, la CGT relève que 73 lits ont été fermés en 3 ans. «ça, on a des bâtiments neufs, mais pour les personnes âgées, on est passé au fil des ans de 250 à 50 lits», totalise l’infirmier Patrice Boussoutrot. «En addictologie, on a actuellement 48 personnes sur liste d’attente», déplore Laurence Lanoue. Si la prise en charge ambulatoire (c’est-à-dire sans hébergement) peut parfois se justifier, elle est le plus souvent inapte, voire dangereuse, en psychiatrie. «Pour les alcooliques, un ancien directeur a même évoqué le sevrage à domicile, rebondit Patrice Boussoutrot. ça ne marche pas. Et qui trinque en attendant ? Les familles.» Chez les patients psychotiques, la CGT remarque que, là encore faute de places suffisantes, on «fait partir les moins fragiles..., même s’ils sont fragiles quand même.»La défaillance de l’accueil des personnes âgées en psychiatrie rejaillit également sur les EHPAD. «La violence entre patients ou subies par les soignants, c’est du quotidien, relève Florence Metge. Parfois, ces derniers n’ont pas d’autres choix qu’enfermer les plus violents dans leur chambre. Et infliger ça à quelqu’un, c’est quelque chose qui détruit. Il y a une grosse souffrance des personnels.» Patrick Chaumeil, secrétaire en Haute-Vienne de la CGT explique «qu’à la commission de réforme, là on traitait avant des dossiers de salariés de 52 ans, c’est tombé à 45 ans.» Les conditions de travail dans les hôpitaux et les EHPAD ont, il est vrai, de quoi user les plus résistants. Tahra Dahmani, infirmière à l’hôpital intercommunal du Haut Limousin, témoigne d’un quotidien «où les assiettes des résidents restent pleines parce qu’on n’a pas assez de temps pour les faire manger. Et où on est parfois obligé de coucher les personnes âgées dès 16h pour soulager un peu l’équipe de nuit.» Au sud de la Haute-Vienne, on évoque un résident mort de déshydratation lors de la canicule parce qu’un personnel en nombre notoirement insuffisant ne s’était pas rendu compte de son état. «A Isle, près de Limoges, une résidente souffrant d’incontinence n’ayant droit qu’à deux couches par jour a proposé d’apporter ses propres changes. On lui a dit non parce que ça allait faire augmenter le volume des déchets», lâche Patrice Boussoutrot. Dans cette rationalisation à l’extrême des soins et de l’accueil des personnes âgées, «malgré la mobilisation des salariés, les annonces de la ministre ne sont pas à la hauteur. Sur deux ans, cela ne représente même pas une aide-soignante par EHPAD», évalue Patrick Chaumeil. Triste litanie d’un système de santé qui craque de toute part, tout le monde en convient, mais pour lequel on ne fait rien. «Emmanuel Macron a annoncé la suppression de la tarification à l’activité pour la remplacer par une tarification au séjour..., sur la même enveloppe financière. Alors ce sera la même chose», souffle Florente Metge.