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Face à Marine Le Pen, Cublac montre les dents et les idées

Manifestation

A l’appel d’un collectif citoyen local, une manifestation en protestation à la venue de Marine le Pen à Cublac le 13 octobre prochain a été organisée samedi matin devant la mairie.
Banderoles «Aquarius Stop Fascistes», «Mobilisation citoyenne» accrochées aux grilles de la mairie et barricades à tous les coins de rues, l’heure n’est plus à la plaisanterie. Alors que le Rassemblement National a annoncé sa venue le week-end prochain dans le cadre de sa «Fête du drapeau», ils étaient un peu plus d’une centaine à se réunir pour partager leur inquiétude et leur détermination.
«On craint qu’il ne soit un peu compliqué de pouvoir s’exprimer la semaine prochaine, c’est pourquoi nous avons décidé d’organiser cette manifestation ce samedi. Nous sommes un collectif citoyen non structuré, formé pour la circonstance» explique Samuel Gesbert, membre du collectif. Cette
fête du Rassemblement National doit rassembler des militants du grand Sud-Ouest et de l’Occitanie autour d’une «sorte de kermesse, une fête privée qui doit servir à renflouer leurs caisses». Une initiative qui a scandalisé le collectif, qui juge dans un tract que «Marine le Pen et ses collaborateurs vont mettre Cublac en état de siège».
Les partis politiques à tendance gauche n’ont pas manqué d’apporter leur soutien à ce rassemblement où pointaient quelques drapeaux, comme pour aiguillonner un Cublac encore groggy par la nouvelle. «Beaucoup de gens nous ont apporté leur soutien par message, et nous espérions les voir ici aujourd’hui, mais ils n’ont pas fait le déplacement. Voilà, c’est l’ambiance du village...» regrette Samuel Gesbert. Outre la signature d’une pétition, cette manifestation a permis le dialogue entre citoyens, militants ou non. Laurent Loubère, militant de la France Insoumise au groupe d’action de Saint-Pardoux-l’Ortigier, constate les mécanismes de séduction de l’extrême droite : «j’ai travaillé dans une entreprise à la Rivière-de-Mansac, et quand ça a fermé tous les gens se sont retrouvés au chômage. Mais à cause de la jalousie du voisin qui a un peu de fric, ils se sont regroupés entre eux, non pas pour manifester pour leur droit au travail mais pour se liguer contre les autres». Pour lui, le succès du RN ex-FN tient pour beaucoup du chômage galopant. Le remède ? «C’est l’éducation des plus jeunes et l’acceptation de la différence» affirme Nadia qui travaille dans l’Education Nationale.

« Il ne faut pas oublier un passé pas si lointain »

Vincent Capy et Pierrette Fourastié, élus de l’opposition de la commune, ont pris la parole et ont rappelé les funestes événements qui se sont déroulés à La Rochette à Cublac durant la guerre de 39-45, les habitants déportés, fusillés… Des anciens ont évoqué cette période avec beaucoup d’émotion, et ils ont insisté sur les similitudes qui existent entre le nazisme et les propos tenus par les militants du Rassemblement National. « Il ne faut pas oublier un passé pas si lointain ». Colère et honte étaient les sentiments exprimés par les élus présents.

Les élus ont toutefois rappelé qu’ils ne souhaitent pas « mettre à l’index le maire » mais qu’ils lui reprochent de ne pas avoir consulté son conseil sur la location de la salle au Rassemblement National. « Nous ne souhaitons pas être mis à l’honneur par ce parti. Nous ne voulons pas que notre village soit associé au RN et que les habitants de Cublac soient traités de fachos. On ne peut pas accepter ce discours de haine et de discrimination, d’exclusion. Ne sombrons pas dans le fatalisme. Ce parti est dangereux pour la démocratie. On le voit dans les communes où il a été élu ». « Liberté égalité fraternité, ce ne sont pas que des mots ».

 

Vladimir Fouillade et Brigitte Ovaguimian

 


Le PCF appelle à manifester samedi 13 octobre
Les fédérations départementales du PCF de la Corrèze et de Dordogne appellent à la mobilisation le samedi 13 octobre prochain et donnent rendez-vous aux citoyens à 13h30 à l’entrée du village de Cublac pour protester contre «le Parti de l’injustice sociale, de la haine, du racisme, de la violence. Nous avons en Corrèze, le souvenir de leur dernière venue avec son cortège de violences verbales et physiques et nous ne souhaitons pas que cela se reproduise à Cublac. Ce parti qui est toujours le même malgré son changement de nom, manie l’insulte envers les salariés qui luttent pour leurs emplois, leurs salaires et leur Sécurité Sociale, n’a pas sa place dans nos départements à l’heure où les luttes pour les salaires, le pouvoir d’achat, l’emploi et la sauvegarde de nos services publics sont engagées. Qui plus est, leur haine des migrants, leur volonté de se rallier à la politique des «fascistes italiens» au pouvoir est pour nous intolérable et nous renvoie aux heures les plus sombres de notre histoire», soulignent Alain Guilbert et Julien Chouet.