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Le chronomètre comme alibi

Des tests inadaptés mettant la pression aux élèves, qui conduisent à leur faire perdre confiance en eux... Tout cela pour remettre en cause l’école et le travail des enseignants.

«Pour l’école de la confiance». C’est le titre générique de cette opération conduite sur l’ensemble du territoire visant à évaluer les élèves de CP et CE1. Au regard de la réaction des parents d’élèves et des organisations syndicales, la série de tests imaginés et administrés à chaque élève au mois d’octobre suscite plutôt une vaste défiance.
D’abord parce que, gardée secrète, la méthode d’évaluation a été découverte au dernier moment. Et donc, comment préparer à une épreuve si on ne sait rien des modalités de celle-ci ? Sur la forme, Marie-Mélanie Dumas, membre du bureau du SNUIPP-FSU 87 estime l’évaluation «piégeuse avec une énorme quantité d’items dans les questions. On noie les enfants parmi une vingtaine de lettres qui font justement partie des acquisitions de l’année à venir.» D’autres voix dénoncent même la «malveillance» d’une façon de faire où «on met les élèves sous pression.» Deux exemples parmi d’autres : 60 comparaisons de chiffres compris entre 0 et 10. Un jeu d’enfant pensez-vous ? Sauf que les enfants testés en question ont entre 5 et 6 ans, qu’ils doivent, à chaque comparaison, rayer le chiffre le plus grand et, surtout, qu’ils n’ont que 60 secondes pour le faire. «La consigne est dans chaque rectangle, barre le nombre le plus grand», explique une animation en ligne du SNUIPP-FSU. Mais juste avant le début du travail, l’enseignant, chronomètre en main, doit dire à l’élève : «C’est un exercice de vitesse, il dure seulement une minute, vous n’aurez certainement pas fini mais ce n’est pas grave. Ce qui compte c’est d’en faire le plus possible. «Ah bon, c’est donc ça ? Moi qui avais compris qu’il fallait barrer les nombres», rétorque l’élève.»
En CE1, un texte à lire puis des questions. Normal. Sauf que le texte en question parle de cycle, de sommeil paradoxal, de mélatonine ou encore de glande pinéale... «On place les enfants dans des situations de stress inutiles, surtout en début d’année. Et les enfants ne sont pas dupes. C’est dramatique pour la construction de l’image de soi, déplore Marie-Mélanie Dumas. Et c’est aussi très décourageant pour l’enseignant.»
Pas opposées sur le fond à des évaluations, les organisations syndicales craignent que celles-ci ne soient utilisées à dessein. Déjà, alors que l’ensemble des résultats n’étaient pas connus, on entendait la petite musique des résultats insuffisants des écoliers. «Derrière tout ça, le but c’est clairement d’analyser l’efficacité des enseignants et d’opposer les écoles entre elles.» Car quelle critique pourrait bien formuler le ministère quand il confie «30 élèves de maternelle à un enseignant, quand il a de plus en plus recours à des vacataires non formés ? Le métier d’enseignant ça s’apprend. Cela nécessite une formation longue.» Un investissement bien difficile à assumer quand on ressasse le poids de la dette publique et donc les nécessaires économies à réaliser. Marie-Mélanie Dumas résume : «Le but de ces évaluations c’est de dire que notre école, notamment notre école maternelle, ne marche pas.» Et in fine, on prônera les «jardins d’enfants» à l’allemande plutôt que la maternelle à la française.
Et alors, ce seront les parents qui choisiront. Pour ceux qui en ont les moyens, naturellement.