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Le Blanc : la maternité évacuée, la mobilisation continue

Il était environ 4 h 45 ce mardi, quand les forces de l'ordre ont pris position aux abords de l'hôpital, pour ensuite pénétrer dans les locaux de la maternité. Leur mission : évacuer sans délai la quarantaine de personnes qui, à tour de rôle, depuis une douzaine de jours, occupaient les lieux, en réponse à la fermeture définitive de la maternité, annoncée le 19 octobre.
Le collectif Cpasdemainlaveille, à l'initiative du mouvement, rejoint et soutenu par des centaines de citoyens du territoire, s'est donc résigné à quitter cet espace de vie, un espace qui donnait la vie, devenu pour un temps un espace partagé, où se côtoyaient des gens d'horizons divers, toutes générations confondues, pour débattre, échanger et imaginer un nouveau monde. Ils étaient animés d'une même envie « folle » : celle de vivre dignement là ou ils habitent et de prétendre aux mêmes services publics qu'ailleurs !
Ateliers, animations, visites des médias locaux et nationaux, accueil des publics, soutiens multiples et multiformes ponctuaient les journées, fédérant une belle émulation.
Tout cela est bien terminé. En quelques minutes, les gendarmes des forces mobiles ont évacué tout le monde vers la sortie, la bloquant ensuite pour éviter tout risque d'intrusion.
Rejoint par des dizaines d'habitants, le groupe faisait face aux gendarmes. « Pas de personnel dans les EHPAD. Une douche toutes les trois semaines pour les vieux. On ferme les maternités ! C'est ça l'État, c'est une honte ! », clame une femme. « Le Blanc debout pour la maternité! », reprennent à l'unisson les habitants.
La pluie arrive. Les femmes habillées sur le modèle de La Servante écarlate prennent la tête du cortège, direction une salle de la mairie, s'arrêtent sous les fenêtres de la sous-préfète. Nouvelle halte aux monuments aux morts, où le groupe donne encore de la voix, relayé par les klaxons de voiture. « Maternité du Blanc. Mort pour la France » et aussi « Résistance c'est pas fini ! »
Après un petit-déjeuner salle Carnot, élus et membres du collectif, écœurés par tant de mépris et de casse, mais toujours aussi vindicatifs, réfléchissent à de nouvelles actions et décident d'investir le centre des impôts, rue Jules-Ferry.
La directrice départementale accepte de les recevoir…
Le 21 novembre, ils seront à Paris.
Pendant ce temps-là, du côté de la maternité, on ne chôme pas ! Sous haute surveillance policière, les équipes sont à pied d'œuvre. De grands panneaux de bois sont apposés, barrant ainsi tout accès, et permettant un déménagement en bonne et due forme de tous les équipements de la maternité. Le chauffage, l'électricité et l'eau sont coupés. Circulez, il n'y a plus rien à voir…
« C'est scandaleux !», disait Annick Gombert, maire du Blanc, qui ne cesse de manifester sa colère et son indignation, tout comme ses collègues élus.
Mais l'espoir est là, il grandit. Les citoyens en ont assez des pouvoirs en place qui ne les écoutent pas.
Pendant ces quelques jours, ils ont expérimenté, inventé, testé un autre mode de fonctionnement, basé sur une démocratie participative où chacun a sa place, dans un respect mutuel et une entente cordiale. Vivre dans les territoires ruraux, garder les services de proximité est leur priorité et leur organisation est sans faille.
Mobilisés ils sont, mobilisés ils restent ! À suivre...
Martine Tissier