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La Région reine de l’orientation

Education

Lors de son passage à Limoges vendredi, Jean-Michel Blanquer a annoncé le maintien des trois rectorats en Nouvelle-Aquitaine. Si cette annonce a focalisé les attentions, on en oublierait presque que le ministre de l’éducation nationale était là pour tout autre chose : l’ouverture des premières Assises de l’orientation.

Sur les 13 Régions de France, la Nouvelle-Aquitaine est la toute première à lancer une expérimentation sur l’orientation. Après le lancement des Assises de la biodiversité, voilà qu’elle se penche sur le parcours professionnel. L’objectif est de mutualiser les forces de l’état et de la Région pour créer des passerelles et des outils afin que chacun puisse s’orienter, tout au long de sa vie.

En amont du lancement de cette expérimentation, une concertation a été menée à Bordeaux, Poitiers et Limoges, réunissant à chaque fois différents acteurs de l’orientation dans l’éducation nationale, au sein de la Région, ainsi que dans les branches et les entreprises, aux premiers rangs desquels les chefs d’établissement, les professeurs principaux et les personnels des services d’orientation.

«La Nouvelle-Aquitaine est une des Régions à l’avant-garde des évolutions intéressantes de la politique d’orientation. Cette Région s’est préparée depuis longtemps à cette forte compétence» note Jean-Michel Blanquer, présent vendredi dernier à Limoges pour l’ouverture de ces assises. Ce qui n’est pas pour contredire le président de la Nouvelle-Aquitaine, qui se bat «depuis dix ans pour que la 

Région prenne la responsabilité de l’orientation». Alain Rousset assure d’ailleurs qu’«il ne faudrait pas considérer que cette réflexion va s’arrêter à quelque assise et quelque moment». 

Renforcée par des nouvelles compétences (voir encadré ci-contre), la Région veut faire face à plusieurs défis, comme celui de la «coopération entre le public et le privé» qui, selon son président, n’en finissait pas de s’étioler. «C’est un sujet, peut-être un des plus compliqués de l’action publique, ou plutôt de l’action qui doit mélanger le monde public et le monde privé». Dans l’expérimentation, il est aussi question de «mobilité», de prise en compte des réalités des «territoires» et de susciter l’implication des jeunes et des familles à travers divers outils comme les réseaux sociaux.

Car toute la question réside dans le fait de «comment on informe les jeunes pour qu’ils puissent avoir un vrai choix ? Parce qu’une formation choisie, c’est une formation réussie», la formule est trouvée. Dans un monde en perpétuelle évolution, l’orientation est un processus qui dure tout au long de la vie, comme aiment penser les défenseurs de l’ubérisation. Aujourd’hui, la carrière dans l’entreprise est remplacée par la «mobilité professionnelle», dans laquelle certains y voient même une forme de liberté et d’épanouissement.

En tout cas, l’idée est de construire des ponts entre l’entreprise et l’éducation, guider les élèves vers les métiers qui recrutent près de chez eux, d’où la nécessité de raisonner à l’échelle locale (quels sont les métiers en tensions, les débouchés professionnels, le maillage du transport ou les capacités d’hébergement...). Mais il faut également multiplier les stages, pourquoi pas loin du foyer, «l’accentuation de la mobilité de nos élèves est essentielle pour la découverte d’un choix d’orientation» dit Alain Rousset.

Le président voit aussi la nécessité de «réinventer le métier d’orienteur. C’est un vrai métier qui n’est pas simple. On ne réglera pas tout avec un seul forum, avec une feuille de chou qui donne de l’information». C’est d’ailleurs pour cela que la Région veut «avoir accès aux profs de 3e parce que c’est là que ça se joue là. Il faut qu’on puisse leur apporter l’information et la formation nécessaires à ce qu’ils deviennent eux-mêmes capables de faire de l’orientation». Voilà pourquoi «il faut que les recteurs nous aident à avoir accès directement aux profs de 3e, au moins aux profs principaux, sans avoir besoin de demander l’autorisation au cabinet du recteur ou de la rectrice. Il faut qu’on ait la ligne directe lance Alain Rousset, qui espère ne pas trop faire râler les syndicats d’enseignants»...

Avec ces nouvelles compétences confiées à la Région, l’état semble ainsi poursuivre son processus de décentralisation, constituant ainsi des réseaux régionaux d’orientation ; qui ont vocation à réunir les établissements d’enseignement, les professionnels de l’orientation et de la formation, les entreprises ou encore les cham-bres consulaires. Pour Jean-Michel Blanquer, «il faut décloisonner les personnels, les institutions et donc coopérer fortement». 

Ainsi, l’Office national d’information sur les enseignements et les professions (ONISEP) «va se moderniser» selon le ministre. Ses délégués régionaux, actuellement sous tutelle de l’état, devraient par exemple passer sous celle de la Région, «pour connaître de plus près les réalités, ce qui devrait alimenter une vision nationale des métiers en France».

 

 

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