Le protocole de la convention TER signé au grand dam de la CGT

Nouvelle-Aquitaine

 

Les conventions d’exploitation des services TER des trois ex-Régions expirant le 31 décembre dernier, la Région Nouvelle-Aquitaine a signé en fin de semaine dernière avec SNCF Mobilités, un protocole d’accord en vue d’une nouvelle convention d’exploitation.

Avec ce protocole, la Région et SNCF Mobilités ont convenu d’acter les dispositions de la nouvelle convention 2019-2024 pour l’exploitation du service public ferroviaire régional de transport de voyageurs. L’enjeu principal étant d’améliorer l’offre ferroviaire auprès des usagers et sa performance financière. Ce protocole propose le découpage du rail régional en différentes zones géographiques, des «lots» en terme administratif, dont deux seraient soumis à la concurrence. Ce que refusent les cheminots CGT. Le protocole préconise aussi une maîtrise des charges de 10% durant sa durée d’exécution.

Une maîtrise des charges dénoncée par la CGT-Cheminot, qui estime que «les deux parties s’accordent sur la contribution

(- 10 % sur 6 ans) à apporter au «transport du quotidien et loisirs» de nos concitoyens, ces choix stratégiques ne seront pas favorables à tous. Celui-ci, comme nous l’avions dénoncé, ne va pas répondre aux besoins de mobilités et faire face aux reculs que connaît notre ruralité. Ils vont, encore une fois, créer des concurrences entre les territoires et mettre en danger leur économie».

Le syndicat de cheminots souligne que la Région, par l’intermédiaire de son président aux transports, Renaud Lagrave, s’est engagé à ne fermer aucune ligne, voire d’en rouvrir… Or pour la CGT-Cheminots, «les objectifs affichés ne sont que la continuité des stratégies déjà mises en place depuis de nombreuses années. Malheureusement, en ne tenant toujours pas compte des besoins des usagers, notamment limousins».

Selon le syndicat, «ce business plan n’indique pas une volonté de la Région de réellement améliorer le service rendu dans les territoires, mais de réduire les coûts en augmentant la fréquentation à périmètre constant, surtout sur Bordeaux Métropole, par l’optimisation du transport péri-urbain».

La CGT-Cheminot rappelle qu’elle dispose d’un projet ambitieux pour le TER régional et qu’elle a la volonté d’aider le Conseil régional à confronter l’Etat sur la nécessité absolue de financer un réseau ferroviaire dans un état catastrophique. «L’exécutif régional a pour la première fois tenu la CGT à l’écart des négociations» déplorent les cégétistes, qui ajoutent, «même si nous ne nous faisions plus d’illusion sur la vision ultra-libérale du président Rousset, il nous semble que les cheminots aient des éléments plus techniques que politiques à faire valoir pour l’intérêt du service public ferroviaire en Nouvelle-Aquitaine».

La Région rappelle de son côté que depuis la régionalisation des TER en 2002, elle a dépensé en fonctionnement plus de 3,5 milliards d’euros pour assurer l’exploitation des services ferroviaires régionaux de voyageurs. Elle dit aussi avoir accompli des efforts considérables pour améliorer le service ferroviaire régional : par le développement des dessertes avec un accroissement de plus d’un tiers de l’offre de transport, par l’acquisition de nouvelles rames et la modernisation de sites de maintenance pour le renouvellement complet du parc à hauteur de 800M€, par des tarifications régionales, aujourd’hui en cours

d’harmonisation, pour rendre le train plus attractif. Enfin, avec l’arrivée de la LGV Paris-Bordeaux en 2017, qui a boosté la fréquentation des trains, la Région a proposé de nouveaux arrêts, de nouvelles fréquences, en développant l’intermodalité entre trains grandes lignes et trains régionaux.

«Cet effort sans précédent a permis d’afficher en 2017 la plus forte augmentation de trafic voyageur en France : 9,8% de fréquentation en 2017 pour une moyenne nationale de 4,3%. La fréquentation des TER traduit aujourd’hui les fortes attentes sociétales pour une mobilité plus durable : le nombre d’abonnés a augmenté de plus d’un tiers à la rentrée 2018 par rapport à la rentrée 2017», précise la Région.

 

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