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Problèmes du futur, solutions du présent

Journée eau et agriculture

La Chambre d’agriculture de la Dordogne et les structures hydrauliques du département organisaient hier une journée autour de l’eau et de l’agriculture, sujet complexe et primordial dans les zones agricoles que sont nos départements. Un éclairage particulier a été apporté sur les Asa, leurs rôles et l’intérêt de leurs actions.

La gestion de l’eau est une problématique de plus en plus prégnante en ces époques de réchauffement climatique, et si l’état surveille le débit des cours d’eau pour prendre des arrêtés de restriction de prélèvement dans les périodes d’étiage, c’est à chacun de se débrouiller pour son utilisation.
Les agriculteurs, souvent montrés du doigt dès qu’une sécheresse survient, sont depuis longtemps organisés en réseau. Suivant les départements, la façon d'aborder la problématique diffère, mais la finalité reste la même, ne pas épuiser les ressources naturelles, et ne pas se ruiner pour payer cet élément indispensable aux animaux et aux plantes.
Actuellement, les eaux de surface (cours d’eau et leurs nappes) représentent 70 % des prélèvements effectués, les eaux souterraines 15 %, et les eaux stockées autant. Mais les besoins en irrigation vont augmenter pour répondre aux conséquences du réchauffement climatique, à la demande supplémentaire pour l’agriculture et à l’adaptation au contexte économique. Les études menées par Adaptaclima démontrent que le changement climatique représente 30 mm d’eau de pluie en moins l’été, soit une perte de 7,5 millions de m3 pour les surfaces irriguées, et 50 millions pour les cultures pluviales, pour conserver le potentiel agronomique actuel. « Même des départements naturellement irrigués ont aujourd’hui besoin de supplément » note Jean-Claude Blanc, président de l’Asa de France, qui révèle que le Royaume-Uni, pourtant connu pour disposer d’une pluviométrie importante, se penche sur le sujet, après deux épisodes de sécheresse. « L’enjeu est de faire face à ce changement, qui a un impact clair, par le biais d’une gestion toujours plus fine, en cherchant le bon équilibre entre tous ». L’animateur de ce réseau, Marc Polge, insiste pour qu’on n’oppose pas « les agriculteurs aux rivières. Nous devons réfléchir à sécuriser les agriculteurs avec l’irrigation, en préservant aussi les rivières. Ce n’est pas incompatible, mais c’est à travailler ensemble ».D’autant que pour eux, « l’irrigation participe à l’aménagement du territoire ». Une gestion intelligente de l’eau passe par son captage en hiver, quand les cours d’eau sont au plus haut, pour la stocker en prévision du printemps, pas toujours pluvieux, et de l’été, période de moins en moins arrosée. En Dordogne, 80 Asa sont regroupées au sein de l’association départementale d'hydraulique agricole (Adha 24), et cette dernière a anticipé sur des problèmes d’usage à venir en faisant appel à un notaire lors de la création des Asa. En effet, certains systèmes d’irrigation sont en place depuis des décennies, et les tuyaux passent dans des terres qui peuvent parfois entre temps, avoir été vendues pour être construites, créant un conflit d’usage. Adha 24 a donc fait appel à un notaire pour qu’il relève les servitudes d’usage sur les terrains privés, et les dépose aux Hypothèques.

Les ASA
Une Asa est une Association syndicale autorisée regroupant des propriétaires fonciers de terres desservies par un réseau d’irrigation. Elle permet de financer, collectivement, un aménagement public lié au foncier, et de garantir sa pérennité. Considérée comme une administration, c’est une structure de droit public, sectorisée. Suivant les régions, l’irrigation est dite sous pression (c’est le cas en Nouvelle Aquitaine), ou irrigation gravitaire. Les Asa interviennent aussi dans l’entretien des rivières, les Dfci, et la voirie et les réseaux en lotissement.

Le point dans nos cinq départements
Chaque département, et chaque cham-bre d’agriculture, a sa façon d’aborder le problème.
En Corrèze, rares sont les exploitations agricoles à disposer de système d’irrigation individuel (seulement 180) ou collectif (700). Le développement de l’irrigation à partir de retenue collinaire est une priorité pour l’agriculture corrézienne.
En Creuse, c’est le Contrat territorial, outil financier proposé par l’Agence de l’eau Loire Bretagne qui a été retenu, et on en compte actuellement six signés sur le département (Martinats, Source en action, Creuse aval, Petite Creuse et Sédelle), deux sont en cours d’élaboration (Gartempe et Creuse amont), et un en réflexion (Cher amont).
Dans l’Indre, la chambre d’agriculture réalise des messages gratuits de conseils irrigation à destination des agriculteurs du département, pour les aider dans leurs pratiques d’irrigation (analyses climatiques, bilans hydriques, consommation en eau des cultures...), dans un but d’optimisation des ressources. Il permet également de faire un point plus global sur
l’état des ressources en eau de ce département.
En Dordogne, l’Adha 24 regroupe environ 80 Asa, et l’irrigation y concerne près de 2 000 agriculteurs, prélevant 30 millions de m3 par an, soit 0,4 % de la pluviométrie annuelle, et s’appuie sur la présence de 120 réseaux collectifs. La Haute-Vienne compte 5 843 exploitations agricoles, et la gestion de l’eau s’appuie sur la chambre d’agriculture qui a mis en place la certification Area (Agriculture respectueuse de l’environnement en Aquitaine) et apporte des informations sur les différentes techniques, et la façon de développer sa propre méthode d’auto-diagnostic.

1 087
C’est le nombre d’Asa recensées en Nouvelle Aquitaine, sur les 4 000 environ existant en France. Elles interviennent dans des domaines qu’elles ont sélectionnés, qui sont principalement, dans nos cinq départements, la gestion de l’eau.

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