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Mobilisation solidaire contre l’expulsion de René Bokoul

Jeudi 14 février, le Préfet de la Haute-Vienne Seymour Morsy recevra une délégation du comité de soutien au peintre René Bokoul, congolais d’origine devenu limousin par adoption réciproque et menacé d’expulsion d’ici la fin du mois. Cette délégation sera soutenue par un rassemblement, devant la préfecture.

 

«Impensable, je ne peux pas croire qu’il s’agisse d’autre chose que d’une de ces ratées qui naissent parfois des lourdeurs administratives françaises». Cette réaction d’un artiste limousin («de souche», selon l’expression à la mode ) à l’annonce de l’ultimatum adressé au plasticien congolais René Bokoul d’avoir à quitter le territoire français d’ici la fin du mois qui vient, résume bien l’incompréhension que soulève ce décret d’expulsion.

Petit rappel des faits. René Bokoul, de son patronyme familial Mahoungou Leticia Paterne, né en 1973 à Brazzaville, est devenu très jeune un peintre important dans son pays. En 2006, menacé de mort par la guerre civile politico-ethnique qui ravage son pays, avec Sassou N’Guesso (la milice des «Cobras») contre Pascal Lissouba (la milice des «Zoulous»), il quitte le Congo pour l’Italie. Puis, en 2012 pour la France.

Un comité national de soutien

Et plus précisément pour le Limousin : il pose ses valises à Saint-Junien en Haute-Vienne. Son intégration y est quasi instantanée : il donne des cours particuliers de technique picturale, anime des ateliers pédadogiques à Saillat-sur-Vienne et à Limoges, organise plusieurs expositions. La préfecture de Haute-Vienne lui décerne un titre de séjour au titre «compétences et talents».

Ce titre est valable trois ans. En 2017, René Bokoul demande à régulariser sa situation. C’est la même préfecture qui lui conseille de demander un droit d’asile, au titre de réfugié politique. Droit qui, un an plus tard, le 13 décembre 2018, lui est sèchement refusé, avec obligation de quitter le territoire sous trente jours. Selon son avocate Blandine Marty, «dans cet arrêté, aucune mention n’est faite de son statut d’artiste, de son ancienneté sur le territoire, ni de ses liens ici».

«Le temps presse»

Des liens qui se concrétisent immédiatement. Un comité national de soutien se constitue aussitôt, à l’appel en urgence de 139 artistes, animateurs culturels, élus politiques et militants syndicaux. A commencer par Pierre Allard, maire de Saint-Junien, de la quasi-unanimité de son conseil municipal et Joël Ratier, président de la communauté de communes Porte Océane du Limousin. Un appel vite fortifié par plusieurs centaines d’adhésions à la pétition «le temps presse». Laquelle pétition demande «que le préfet revienne sur sa décision d’expulsion de René Bokoul et qu’un titre de séjour lui soit accordé, lui permettant ainsi de reprendre ses activités professionnelles».

C’est un lieu commun au «pays des droits de l’Homme» : se vanter d’être la seconde patrie des artistes et intellectuels menacés par des pouvoirs totalitaires, Pablo Picasso, Max Ernst, Mikis Théodorakis, Mistlav Rostropovitch, Pablo Casals, Raoul Hausmann et bien d’autres. C’est le moment de prouver que cette seconde patrie n’est pas sélective.

Pour l’adhésion à la pétition de soutien :

renebokoul87@gmail.com

 

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