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Ian Brossat : élections européennes «Soit l’Europe change, soit elle mourra !»

Interview avec Ian Brossat tête de liste PCF aux élections européennes est en Limousin ce week-end.

 

Qu’attendez-vous du Gouvernement après le Grand débat lancé en pleine crise des Gilets jaunes ?

Malheureusement, je n’en n’attends plus grand chose. Le président de la République a lancé ce grand débat national suite à ce mouvement. Que demandaient les Gilets jaunes et les Français qui les soutenaient ?

Ils demandaient plus de pouvoir d’achat pour les familles modestes et les classes moyennes. Ils demandaient que le travail paye. Quelle est la réponse du gouvernement : elle est nulle ! Aujourd’hui au contraire, ce gouvernement multiplie les provocations. Il envisage le report de l’âge de départ à la retraite. Il envisage la mise en place d’une journée de travail gratuite rebaptisée journée de solidarité, soi-disant pour financer la dépendance. Il envisage des contreparties aux aides sociales alors qu’elles n’atteignent pas le seuil de pauvreté. Bref, le gouvernement n’entend que de l'oreille droite. Donc il va falloir que cette colère sociale s’exprime dans les urnes, notamment aux élections européennes du 26 mai.

 

Comment se déroule votre campagne? On a l’impression que votre participation à l’émission politique de France 2 a mis au devant votre liste et vos thèmes. Y-a t-il une dynamique?

Je sens un frémissement. Le débat de France 2 est à la fois un aboutissement puisque j’ai exprimé des propositions que je porte depuis longtemps car je suis en campagne depuis neuf mois maintenant. C’est aussi le début de quelque chose parce que cette émission m’a permis de mettre en exergue au grand jour mes convictions sur la question européenne. Une idée simple : l’UE doit cesser d’être une grosse machine à produire de la régression sociale et il est temps que les peuples d’Europe soient entendus et qu’on en finisse avec ces politiques d’austérité, cette mise en concurrence généralisée qui nous pourrit la vie partout en Europe depuis trop d’années.

 

Les gens avant l’argent, c’est un beau slogan mais quel projet politique recouvre-t-il au niveau de la France, de l’UE et de régions rurales comme ici ?

Il reste deux enjeux fondamentaux. Le premier est qu’il faut que le travail paye. L’UE en sanctuarisant la loi de la concurrence libre et non faussée appauvrit les travailleurs européens. Depuis 10 ans, le PIB, les richesses des travailleurs produites en Europe, sont passées de 15Mards d’euros à 17Mards d’euros. Et pendant la même période, le taux de travailleurs pauvres est passé de 7% à 10%. Autrement dit, nous produisons plus de richesses et nous sommes plus pauvres. Pourquoi, précisément à cause de cette règle de la concurrence libre et non faussée qui met en concurrence le travailleur français avec le travailleur polonais, et le travailleur polonais avec le travailleur bulgare. La conséquence de tout ça, au lieu de nous tirer vers le haut, l’Europe nous tire vers le bas. Il est temps de mettre en place une véritable harmonisation sociale à l’échelle européenne. Je note que les députés européens ont harmonisé leurs indemnités par le haut et sont tous payés pareil. Cette harmonisation si elle a été possible pour eux, il faut qu’elle soit possible demain pour les travailleurs européens. Pas d’un coup de baguette magique. Je propose un SMIC européen dans chaque pays fixé à 60% du salaire médian, ce qui signifierait pour la France un SMIC à 1.400e nets. Cela permettrait que les travailleurs puissent vivre dignement.

Sujet essentiel pour les territoires ruraux, la question des services publics. Depuis 20 ans, l’UE impose la règle des 3% de déficit public que nous n’aurions pas le droit de dépasser. Au nom de cette règle, on a sacrifié, tué nos services publics qui ont disparu les uns après les autres : bureaux de Poste, petites lignes de train, les maternités, les classes dans les écoles... Tout cela n’est plus possible. C’est pour cela que je plaide pour un nouveau traité européen dans lequel on se débarrasse de cette camisole d’austérité qu’on nous a obligé à enfiler et qui plombe nos services publics.

La Banque centrale européenne a versé depuis 10 ans sans condition ni contrepartie 3Mards aux banques privées. Je propose que cet argent aille aux services publics et notamment en zones rurales.

 

Jean Mouzat, élu corrézien président du MODEF est présent sur votre liste. Quelle inflexion faudrait-il donner à la PAC pour aller vers une agriculture plus vertueuse, respectueuse et qui rémunère le travail des agriculteurs ?

Je pense que la première des choses est de préserver la Politique Commune Agricole. Elle est doublement menacée.

Premièrement par une baisse considérable de son budget dans les années qui viennent de 15% à euro constant des crédits de la PAC. Un certain nombre d’Etats ont aussi la tentation de démanteler la PAC, que chaque Etat ait sa propre politique agricole. Cela conduirait de fait à une concurrence encore plus acharnée entre les pays européens dans ce domaine, avec le risque d’avoir un abaissement des normes avec une forme de dumping. Nous voulons une nouvelle PAC qui se fixe deux objectifs : permettre aux agriculteurs de vivre de leur travail avec des prix rémunérateurs et permettre aux Européens de bénéficier d’une nourriture de qualité. Or, nous souffrons d’une règle de la concurrence qui fait que nous voyons dans nos assiettes des produits du bout du monde, souvent de mauvaise qualité et qui soumettent les agriculteurs à une concurrence déloyale. Il faut donc en finir avec les traités de libre échange en mettant en place une exception agricole, que les produits agricoles soient exclus de ces traités.

 

Quand on voit le défi climatique et environnemental devant nous, la notion des «biens communs» peut-elle être une donnée politique européenne ?

C’est une notion fondamentale. On voit bien à quel point la tentation de tout vendre, de tout céder au privé est antinomique avec l’exigence de répondre au défi climatique. Car dans une logique libérale, c’est la loi du profit qui triomphe sans aucun souci des populations et le respect de l'environnement. Il faut préserver les biens communs des logiques de marché.

 

Justement, on a l’exemple en Corrèze du renouvellement de la concession des barrages.

Tout cela est le résultat de directives de libéralisation. L’UE a servi de machine de guerre contre les services publics. Il faut voir d’où on arrive. La France, après 1945, s’est dotée d’un secteur public puissant adossé à des entreprises publiques disposant d’un monopole : transport, énergie, télécom. L’UE a voulu tout terrasser et le résultat de tout ça est que la situation a considérablement empiré. Le fret ferroviaire par exemple a fait l’objet d’une directive de libéralisation en 2010. Résultat, la proportion de marchandises transportées en France a été divisée par deux et demi. Quant au secteur de l’énergie, on nous avait promis une baisse des tarifs. La réalité, c’est qu’ils ont explosé. Maintenant on nous explique qu’on veut livrer au privé nos barrages hydroélectriques. C’est un véritable scandale. Je plaide pour deux choses : un moratoire sur ces directives de libéralisation dans tous les secteurs de l’économie et une clause de non régression sociale. L’UE veut nous faire rentrer dans un moule libéral qui ne correspond pas à nos traditions, ni à nos valeurs et notre histoire. En Europe, tout Etat devrait pouvoir disposer de cette clause face à une décision de l’UE qui conduit à une dégradation.

 

Brexit au forceps, montée des national-populismes, clivage autour de la notion de progressistes versus souverainistes... la campagne se déroule dans un climat nouveau et tendu en Europe. Quel idéal incarne encore l’UE et peut-elle incarner ?

L’Europe est à la croisée des chemins. Elle traverse une crise existentielle comme elle n’en a jamais traversé. Les peuples d’Europe sont de plus en plus dégoûtés du cours actuel de l’UE dès lors que ce sont les délocalisations, le travail détaché, la disparition des services publics, les bas salaires... Qui veut de l’UE ? Personne sauf ceux qui tirent profit de cette situation. Soit l’Europe change, soit elle mourra. Il est temps d’arrimer l’UE à un projet social qui nous tire vers le haut. Tout ça n’est possible qu’à la condition de rompre avec ces traités européens et la logique qui les sous-tend.

 

La gauche ne gagne que quand elle est unie. La division actuelle est le signe de quel état ?

L’élection européenne est un scrutin particulier, à un tour et à la proportionnelle. Elle est différente de toutes les autres élections que nous connaissons. Je dis aux électeurs que je regrette la dispersion de la gauche. Cela dit, sur les enjeux européens, la gauche est traversée de débats depuis longtemps. Le Parti communiste a ceci de particulier qu’il a mené cette bataille européenne avec constance et cohérence. Nous sommes la seule formation politique de gauche à avoir rejeté tous ces traités ultra-libéraux. Nous n’avons jamais fait croire que nous pourrions faire une Europe sociale avec des traités qui disent tout l’inverse. A ceux qui nous lisent je dis faites le choix de la cohérence, de gens qui n’ont pas tergiversé 40 fois, qui ne changent pas de conviction comme on change de chemise. En votant pour nous, on se dote de députés qui rejetteront les logiques libérales.

 

Le scrutin européen est marqué traditionnellement par une forte abstention. Que dites-vous à ceux qui ont renoncé à voter depuis des années?

Je leur dis deux choses. S’ils veulent que ça change en France, il faut que ça change en Europe. Aujourd’hui, nous souffrons d’une politique française directement liée à ce qui est appliqué à l’échelle européenne. Deuxièmement, ce qui se décide au parlement européen est très important. Exemple concret, la directive de libéralisation dans le secteur du transport ferroviaire des personnes. Elle a été adoptée à 24 voix près. Si nous avions été un peu plus nombreux pour refuser ce 4e paquet ferroviaire, il n’y aurait pas eu la loi sur la SNCF et la fermeture de lignes jugées non rentables qui vont se multiplier dans les années à venir. Donc intéressez-vous à l’Europe parce qu’elle, s’intéresse à vous quoi qu’il arrive.

 

Propos recueillis par Serge Hulpusch

 

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