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Ophtalmo : des patients très patients

Dans un contexte de désertification médicale de plus en plus prégnant en zones rurales, l’ophtalmologie est une spécialité de plus en plus prisée sur nos départements. Hors urgence, obtenir un rendez-vous dans des délais raisonnables pour renouveler ses lunettes par exemple relève désormais de la gageure. Le résultat d’années de politiques délétères tant pour les usagers que pour les territoires.

Entre 33 et 35 médecins ophtalmologistes en Haute-Vienne en 2018, une quinzaine en Corrèze, et... trois équivalents temps plein en Creuse. Une Dordogne relativement préservée, mais des difficultés également constatées en Indre... Par les temps qui courent, mieux vaut se rapprocher des grandes métropoles et aligner la monnaie pour obtenir rapidement rendez-vous à mesure que sa vue baisse.

«Les urgences sont gérées, pour les exigences c’est plus compliqué résume Stéphane Veyriras, médecin généraliste membre de l’ALDUS (association limousine des usagers de la santé). A Limoges, les grandes urgences sont assurées à Chénieux ou à l’hôpital, dans la journée. Pour la semi-urgence, soit l’urgence «ressentie», le médecin traitant évalue le besoin, et vous obtient un rendez-vous rapide, ou vous renvoie dans le lot commun. Pour les moins de 65 ans, concernant la prescription de lunettes ou une modification de la vue, compter entre 6 et 7 mois pour une consultation».

Délai bien en deça des témoignages récurrents d’usagers faisant le pied de grue au téléphone quand il veut bien répondre, multipliant les tentatives pour un rendez-vous aux calendes grecques, sauf à consulter en périphérie ou dans une grande métropole, dépassements d’honoraires et frais de déplacement à l’appui.

«Le résultat de mesures prises par le passé pour protéger la profession, par les politiques certes, mais aussi par les professionnels eux-mêmes» assène Stéphane Veyriras.

Médecin ophtalmologiste à la clinique Chénieux, Christian Lafleur s’est installé à Limoges dans les années 1990, au moment de la création du MICA (mécanisme d’incitation à la cessation d’activité) : «Il s’agissait de faire partir en pré-retraite un certain nombre de médecins spécialistes en accord avec la théorie «plus de médecins égale plus de dépenses de santé», comprenant l’idée d’un médecin poussant le patient à consommer du soin» souligne ce membre du Syndicat des Ophtalmologistes de France.

Autres causes à la pénurie, un manque d’anticipation concernant la limitation du numerus clausus, mais également la féminisation de la profession et les nouvelles façons de travailler, et surtout l’explosion des pathologies chroniques et du vieillissement : «On entend souvent dire qu’il n’y a jamais eu autant de médecins rapportés à la population. Mais il y a aujourd’hui trois fois plus de personnes âgées qu’il y a trente ans. La médecine qui autrefois soignait principalement les maladies aiguës, doit maintenant également prévenir et soigner les maladies chroniques -cataractes, DMLA, glaucome, maladies de la deuxième partie de la vie. Plus la population allait vieillir, plus il était évident qu’il y aurait besoin d’ophtalmologistes. Le SNOF l’a dit, sans effet».

Rustines

L’usager pressé est depuis peu invité à se retourner vers... son opticien, autorisé à effectuer les mesures permettant au médecin traitant de renouveler voire modifier si nécessaire une ordonnance datant de moins de trois ans. Pour pallier le déficit de spécialistes, le pôle vision de la clinique Chénieux s’appuie pour sa part sur plusieurs orthoptistes et infirmières formées. «Une école d’orthoptistes doit ouvrir prochainement à Limoges, ce qui permettrait de démultiplier les mesures les plus simples comme la mesure de la vue, la prise du tonus oculaire, et d’absorber un grand nombre de rendez-vous pour le renouvellement de lunettes. Pour l’instant, le fait qu’on ne puisse pas répondre à toutes les demandes pose également un problème d’organisation de gestion des appels déplore Christian Lafleur. L’Agence régionale de santé a «bien conscience des difficultés», mais ne nous propose rien !».

Spécialité très demandée, l’ophtalmologie ne souffre pourtant pas de déficit de vocation. «L’université française, l’hôpital, ont toujours formé les spécialistes en fonction de ce que les services pouvaient former et pas en fonction des besoins de la population. A ce titre, la suppression progressive du numerus clausus ne devrait pas fondamentalement changer la donne» poursuit le Dr Lafleur.

Surtout, des étudiants parvenus au titre de spécialistes en ophtalmologie après 12 ans d’études, ont envie de choisir le lieu, et la façon dont ils veulent travailler. «Souvent c’est plutôt en ville, ou au soleil faute d’attractivité de nos territoires conclut Stéphane Veyriras. Il n’y a pas de remède miracle, quand il n’y a plus rien en milieu rural, en attendant que la libération du numerus clausus donne son plein effet en 2025.

Ce qui qui pourrait changer la donne ? Des obligations, des contraintes, ou des incitations, qui ne sont pas monnayables : outre l’amour de son métier, une certaine qualité de vie par exemple».

 

Légende photo: Il faut compter plusieurs mois pour obtenir un rendez-vous de lunettes.