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Une dernière mobilisation avant expulsion vers la mort ?

Réfugiés

Hier en début d’après-midi devant la préfecture de la Corrèze à Tulle, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées pour dire non à l’expulsion prévue aujourd’hui de Mohamed Mousse Farah vers la Somalie, voyage synonyme d’une mort certaine selon les associations des droits de l’Homme.

Les militants des droits de l’Homme avaient accroché sur les grilles de la préfecture de nombreux portraits dessinés de Mohamed Mousse Farah. Ils ont voulu par ce geste symbolique montrer une dernière fois le visage d’un homme de 31 ans qui pourrait disparaître rapidement après son retour en Somalie.

Cet homme finit de purger aujourd’hui une peine de prison au centre de détention d’Uzerche en Corrèze. Cette peine fait suite à son jugement dans le cadre l’affaire du Tribal Kat. Mohamed Mousse Farah a participé à une attaque d’un catamaran au large des côtes somaliennes en 2011.

Lors de sa détention, il a déposé en 2018 une demande d’asile auprès de l’OFPRA. Son dossier a été

rejeté. Sans attendre la fin de la procédure de recours déposée par ses avocats devant la CNDA (Cours national du droit d’asile), le préfet de la Corrèze Frédéric Veau a pris la décision de l’expulser vers son pays d’origine en délivrant une obligation de quitter le territoire français (OQTF).

«Le préfet de la Corrèze a décidé de l’expulser vers la Somalie, un pays en guerre. On n’est pas du tout d’accord avec cette mesure. Depuis des années, les Somaliens détenus en France pour actes de piraterie n’ont jamais été expulsés vers la Somalie. La justice sait très bien que c’est un pays en guerre, sans Etat où règne les Shebabs et Daesh. Mohamed Mousse Farah a coopéré avec la justice française quand il a été arrêté. Il a donné des noms, expliqué ce que chacun faisait dans le bateau, donné les noms des chefs de pirates. On s’imagine bien que s’il retourne là-bas, il va être exécuté» explique Sabine Pardon, membre du groupe local de la CIMADE à Peyrelevade.

Les militants des droits de l’Homme ont demandé au préfet d’annuler cette obligation. Ils rappellent que la condamnation de Mohamed Mousse Farah n’avait pas été assortie d’une ITF (Interdiction de Territoire français). Elles ont dénoncé hier une double peine envers un homme qui a payé sa dette aux yeux du droit français : «Encore une fois il y a une décision incompréhensible d’interdiction de territoire que l’on qualifie depuis toujours de double peine. Ce jeune a été jugé. Il est donc comme tout condamné à sa sortie de prison, il a droit à sa liberté et a droit à faire exercer son droit d’asile» déplore Gilles du réseau RESF 19.

Ces associations ont constaté depuis quelques mois un durcissement de la position de l’Etat via la préfecture dans le traitement des dossiers de droit d’asile. Le défenseur des droits a été saisi par elles.

«Cette histoire relie tellement d’injustices qui nous touchent : l’injustice écologique du pillage des océans, de la non séparation de la justice et de l’Etat, de luttes sociales entre les pays pauvres et riches. Il y a plein de fils qui traversent son histoire et ils sont horribles» pointait Claudine Laplace, visiteuse de prison.

Serge Hulpusch

 

Légende photo:  une délégation a été reçue à la préfecture.

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