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11:02 hélas ne pourra pas lui rendre hommage

A Cannes, les GM&S ont pété l’ambiance !

Les ex-GM&S étaient hier à Cannes pour soutenir le documentaire qui retrace leur parcours «On va tout péter», réalisé par Lech Kowalski. Le film, sélectionné à la quinzaine des réalisateurs a été projeté hier. Partis en bus de La Souterraine mercredi soir à une quarantaine, les «GM&S» ont ancré leur histoire ouvrière sous les paillettes cannoises.

Sans effort vestimentaire, particulier, une quarantaine de GM&S ont déferlé sur la Croisette hier. «Nous voulions d’une part dire que pour nous la lutte n’était pas finie et d’autre part soutenir le travail de Lech», explique Patrick Brun, un ex-GM&S pas peu fier de participer à l’aventure. Car le travail de Lech Kowalski retrace leur histoire, celle d’une camaraderie qui s’est soudée dans la lutte, de vies brisées par une politique industrielle aux appétits d’ogre. L’expérience de ces GM&S est d’autant plus intéressante que de leur combat est né un projet de loi élaboré par les salariés de l’usine creusoise et visant à responsabiliser les donneurs d’ordre vis-à-vis de leurs sous-traitants. Cannes est donc une opportunité pour eux de dire ce qu’ils pensent de la politique industrielle destructrice des donneurs d’ordre. Les GM&S ont d’ailleurs fait fabriquer des t-shirts pour l’occasion. Une première projection du documentaire, réservée aux professionnels et à la presse, a permis aux GM&S de commencer ce périple cannois.

Cette projection avait lieu hier en fin de matinée, «on n’a pas pu y assister, mais on a pu monter sur la scène après pour en débattre éventuellement avec les spectateurs» indique Patrick Brun, «on nous a applaudis et il y a même eu une standing ovation, il m’a semblé que le documentaire était très bien accueilli. On a profité de ce moment de parole pour rappeler notre combat, notre lutte contre les constructeurs qui n’ont pas respecté leur parole et pour dire que la vraie vie c’est pas du cinéma, notre parcours c’est pas des paillettes. Nous avons un de nos collègues qui fait des sculptures à partir de matériau de l’usine. Il a remis une palme d’or fabriquée avec des boulons à Lech». Il ajoute que cette sélection a remis en lumière leur combat, «on est sollicités par tous les médias, tout se passe bien et l’accueil est bienveillant».

Après plusieurs rendez-vous avec la presse et une longue balade sur la Croisette pour marquer sa présence auprès du public, la délégation a pu assister à la projection publique du documentaire prévue en fin d’après-midi. Si les GM&S n’ont pas pu «monter les marches», ils ont sans nul doute été des stars peu conventionnelles de cette journée ! Il n’est en effet pas très fréquent que les festivaliers se retrouvent nez-à-nez avec des «acteurs», venus d’une usine d’un département, certes charmant, mais aussi rural que la Creuse. Outre les GM&S, plusieurs soutiens étaient présents dont le Creusois et ancien secrétaire départemental du PCF Alain Tesseidre, qui lui aussi a été marqué par cette lutte exemplaire, regrettant au passage, comme les principaux acteurs de cette gabegie, les conséquences de la liquidation de l’usine sur les 70 ex-GM&S pour qui aucune opportunité d’emploi ne s’est présentée. Les GM&S doivent rentrer aujourd’hui. Même si le documentaire de Lech Kowalski ne remporte pas de prix, une chose est sûre pour eux, le réalisateur a remporté celui de leur fierté et de leur gratitude.

 

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