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Agriculture: Pour le Modef, c'est «au législateur d’imposer les prix»

Samedi, les exploitants familiaux du Modef de Creuse, Corrèze et Haute-Vienne étaient mobilisés devant Carrefour Boisseuil pour dénoncer l’échec de la loi Agriculture et Alimentation sur l’évolution de leurs revenus. S’ils interpellent l’assemblée nationale pour imposer des prix planchers permettant leur juste rémunération, ils en appellent aussi à une prise de conscience plus forte des consommateurs.

 

«Une situation de mal-vi-vre jamais connue auparavant». Samedi, c’est en toute convivialité que les adhérents creusois, corréziens et haut-viennois du Modef se sont réunis devant l’hypermarché Carrefour de Limoges-Boisseuil pour dénoncer l’échec de la loi Agriculture et Alimentation. «Au lendemain de l’élection du président de la République, on nous a promis des états généraux de l’alimentation et des prix rémunérateurs pour les agriculteurs rappelle Jean Mouzat, président du MODEF. On nous a assuré que les grands distributeurs et transformateurs allaient jouer le jeu et qu’on allait voir ce qu’on allait voir ! Sauf qu’à ce jour, six mois après la promulgation de la loi, rien ne bouge. Encore une fois, nous avons été bernés. à l’heure actuelle, nombre d’agriculteurs se retrouvent dans une situation critique, ce qui entraîne une catastrophe sociale et chacun connaît des cas particuliers où la misère s’installe dans les exploitations. Aujourd’hui, cette crise profonde, qu’on subit terriblement, impose de donner une autre dimension à l’aménagement du territoire. Celle d’un revenu pour les agriculteurs qui, avec les commerçants et artisans, font la vie des territoires».

Quatre centrales d’achat pour 10 000 fournisseurs, la primeur accordée aux importations pour casser les prix, des grandes surfaces bénéficiant de 522 millions d’euros de CICE, +4% d’augmentation des prix à la consommation depuis le 1er février pour un prix d’achat des produits à l’agriculteur diminué de 0.4%... Pour le Modef, le temps du renforcement des règles encadrant les pratiques de la grande distribution est une urgence vitale, à partir des coûts de production.

«Le prix du bovin viande à l’éleveur n’a pas bougé depuis trente ans alors que les charges ont augmenté sur les exploitations abonde Sophie Bezeau, directrice du MODEF et épouse de paysan éleveur en Corrèze. Ce qui nous oblige à diminuer certaines charges -de mécanisation par exemple- avec pour résultat plus de temps de travail, de pénibilité, toujours moins de revenus, et des prêts de trésorerie obligatoires pour passer le cap. Nous attendons du gouvernement qu’il agisse pour que le revenu des paysans augmente. Ainsi que l’interdiction de commercialisation des 10 à 20% de produits importés ne respectant pas les normes françaises».

Autour d’un barbecue de viande locale proposée à l’entrée de l’hypermarché, les exploitants familiaux distribuent des tracts expliquant leurs difficultés et revendications, dont l’aboutissement passe aussi par une prise de conscience plus forte du consommateur. «Nous sommes ici pour que les gens prennent conscience que la profession subit des politiques délétères qui se répercutent aussi sur leur porte-monnaie. Aujourd’hui, le consommateur tend à revenir vers plus de proximité et de qualité. Et je crois qu’on va s’appuyer là dessus» poursuit Jean Mouzat. La conversation s’engage avec les passants, qui s’arrêtent volontier pour échanger.

«On décourage les jeunes qui veulent s’installer, il y a trop de contraintes. Et les dégâts sont considérables sur nos campagnes de plus en plus désertées dénonce Gérard. On paie cher une politique agricole européenne qui pénalise la nôtre. Et nous consommateurs, sommes en quelque sorte pris en otage, parce que bien souvent on fait ses courses en fonction du temps qu’on a, au plus pratique».

«Nous venons de la campagne, la logique pour l’alimentaire, c’est de privilégier les productions locales et d’éviter les autres» poursuit ce jeune couple.

«Aujourd’hui les coefficients multiplicateurs sont de 3, 4, 5, 6... il n’y a pas de limite. J’avais proposé au président de la République la mise en œuvre de prix planchers : il nous a répondu directives européennes et concurrence libre et non faussée conclut Jean-Mouzat. L’Europe nous écrase avec la complicité de la politique nationale, alors qu’il suffirait d’une volonté politique forte pour organiser la mise en œuvre d’un revenu pour nos agriculteurs. Il faut que le législateur l’impose au travers de prix planchers avec un coefficient multiplicateur permettant de répartir l’ensemble des marges sur la filière. L’assemblée nationale peut et doit s’en donner les moyens. Parce qu’aujourd’hui après quarante ans de carrière,

je vais vendre mes bêtes moins chères que je les ai payées quand je me suis installé. C’est ça la

réalité».Samedi, les exploitants familiaux du Modef de Creuse, Corrèze et Haute-Vienne étaient mobilisés devant Carrefour Boisseuil pour dénoncer l’échec de la loi Agriculture et Alimentation sur l’évolution de leurs revenus. S’ils interpellent l’assemblée nationale pour imposer des prix planchers permettant leur juste rémunération, ils en appellent aussi à une prise de conscience plus forte des consommateurs.

Isabelle Haderer

Légende photo: Les exploitants familiaux ont échangé avec les consommateurs autour d’une dégustation de viande locale.