En Corrèze, le Soudan soude les solidarités

Une centaine de personnes ont participé samedi à Tulle à un rassemblement de soutien au mouvement de contestation populaire soudanais et contre les expulsions des réfugiés de ce pays par les autorités françaises.

Entre deux drapeaux soudanais, une des banderoles accrochées au mur du cloître de la cathédrale Notre-Dame de Tulle avait le mérite d’être clair : «Il n’y aura pas d’expulsion sur la montagne limousine»...

C’est le message fort qu’ont fait passer la centaine de personnes mobilisés par le sort réservé aux réfugiés soudanais et plus particulièrement sur celui de Noraldin Altayeb Ahmed Osman, en France depuis 4 ans, installé à Tarnac en Haute-Corrèze. Il est sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF) et d’une interdiction de retour sur le territoire français (IRTF). Le tribunal administratif de Limoges a rejeté en avril la requête en annulation de son OQTF. Elus, militants associatifs -Cimade, MAS, RESF, PEC 19, LDH- sont très inquiets de sa situation d’autant plus que le Soudan est actuellement en proie à une crise politique majeure depuis la chute du dictateur Omar Al Bachir sous la pression du peuple soudanais.

Le pays est aux mains des militaires du Conseil Militaire de Transition et de groupes paramilitaires sanguinaires. Le 3 juin dernier, les Janjawids ont attaqué le sit-in géant tenu depuis des semaines par le mouvement de contestation. Au moins 118 personnes sont mortes, plus de 500 blessées, et des centaines de personnes ont été arrêtées et portées disparues. Khartoum est en état de siège. Voilà donc le pays vers lequel on veut renvoyer Noraldin Altayeb : «Cela fait quelques semaines que le préfet de la Corrèze a durci le ton sur les exilés et les déboutés notamment soudanais. On a d’un côté des positions de la France qui s’indigne de ce qui s’est passé au Soudan et en même temps on continue à expulser des gens» déplore Benjamin Rosoux, élu de Tarnac.

Les manifestants ont dénoncé la vente d’armes par la France à l’Arabie Saoudite, à l’Égypte et aux Émirats arabes unis, principaux soutiens du pouvoir au Soudan ainsi que le rôle de l’Union européenne (rencontre de la Valette à Malte en 2015). L’UE a envoyé des millions d’euros au Soudan dans le but de contrôler les flux migratoires, une «re-source» de répression supplémentaire.

Serge Hulpusch

Légende photo : Les manifestants ont porté des masques d’Hemetti et du préfet Veau (SH)

 

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