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La formule du bon goût

C’est un rendez-vous qui se décline en Indre, en Creuse, en Dordogne, en Corrèze et en Haute-Vienne. Plus ou moins régulièrement, dans les chefs-lieux de canton ou les petites communes, les marchés de producteurs de pays, portés par les chambres d’agriculture départementales, sont partout singuliers tout en restant fidèles à une formule gagnante.

C’est un classique de l’été. Moins anciens que le Tour de France ou les congés payés, les marchés des producteurs de pays ne se sont pas moins installés dans le paysage local.

Dans les villes-centres ou dans les petits villages, la formule reste la même : les étals de ces marchés, réguliers ou occasionnels, fleurent bon le circuit court et l’assurance du bon goût. La qualité fermière des productions, des produits locaux, de saison et des spécialités de pays, la qualité des pratiques de production et transformation, un contact direct avec le producteur et la transparence sur les pratiques agricoles sont ainsi les points forts garantis au consommateur par une charte de bonnes pratiques à laquelle doivent souscrire les participants. Ici, pas de revente de mets achetés à Trifouilly-les-oies dans cette initiative née en Aveyron en 1988. Après ce démarrage dans le pays du Roquefort, les marchés de producteurs de pays se sont fédérés en 2002 (la marque «marchés des producteurs de pays» a été déposée à l’Institut national de la propriété industrielle en 2007). Deux ans plus tard, vint-cinq départements adhéraient à la démarche. Ils sont aujourd'hui une bonne trentaine dont l’Indre, la Corrèze, la Creuse, la Dordogne et la Haute-Vienne.

Outre la possibilité de remplir son panier avec l’assurance d’y réunir la fine fleur locale en matière de production fermière, les MPP se veulent également des lieux conviviaux. On y trouve en effet de quoi faire cuire la viande qu’on y a achetée et les tables et les couverts nécessaires pour consommer sur place, comme dans de gigantesques restaurants en plein air.

Au-delà de ce qui les unit au sein d’une marque protégée, les marchés de producteurs de pays sont à chaque fois différents. Pléthoriques et réguliers en Corrèze, proposant parfois de manger en musique, pensés à la fois pour séduire les touristes et la clientèle locale, rassemblant les vieux de la vieille ou des exploitants agricoles nouveaux venus, ils sont en tout cas l’assurance de composer un menu complet et de passer un bon moment, en prise avec ceux qui font vivre les territoires. En Haute-Vienne, il y a ceux qui drainent le plus de convives (on pense à ceux du Dorat, où on a flirté l’an passé avec les 1.000 couverts, de Saint-Léonard-de-Noblat ou de Saint-Gence) mais aussi, dans des sites plus ruraux, de séduisants rendez-vous où, avec 200 repas servis en soirée, on dépasse le nombre d’habitants de la commune accueillante.

Pour dîner sur place, il faut compter autour de 25 euros par personne. Plutôt abordable quand on regarde la qualité des produits qu’on a dans l’assiette. D’ailleurs, eu égard à la fréquentation de ces espaces fermiers éphémères, dont le succès non seulement ne se dément pas mais semble chaque année se renforcer, il semble bien que l’aspect financier ne constitue pas un frein. D’autant que, en ces temps où le souhait d’une alimentation plus saine se renforce chaque jour davantage, la formule des marchés de producteurs de pays apparaît comme particulièrement adaptée au goût du jour... et sans nul doute de demain.

Jérôme Davoine

Photo : Acheter et manger sur place des produits fermiers locaux, la formule gagnante des marchés de producteurs de pays, un concept qui se décline dans chaque département sous l’égide des chambres d’agriculture.