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La mère de Séréna de retour devant la justice

La cour d’assises d’appel de la Haute-Vienne a entamé hier le procès de la mère de Séréna, le bébé dit «du coffre» (de voiture), un rare cas de déni, dissimulation d’enfant et carences de soins pour lequel l’accusée avait été condamnée à deux ans de prison ferme.

Contrairement au procès de novembre 2018 devant la cour d’assises de la Corrèze, Rosa da Cruz, 51 ans, comparaît cette fois détenue. Huit ans de prison avaient été requis à l’audience, puis le parquet général avait fait appel de la sentence. La défense, qui avait plaidé l’acquittement, avait fait appel à son tour, contestant notamment la déchéance d'autorité parentale.

Jusqu’où peut aller le déni en matière de grossesse, d’accouchement, de maternité ? Le procès en appel de la mère de Séréna, le bébé dit «du coffre» (de voiture) s’est plongé d’emblée dans les ressorts psychiques d’un rare cas de dissimulation, de carence de soins, mais aussi de survie.

La cour d’assises d’appel de Haute-Vienne rejuge jusqu’au 16 octobre, Rosa da Cruz, mère «bonne» et «aimante» de trois enfants normalement élevés, et d’une petite Séréna, qu’elle garda cachée pendant 23 mois aux yeux de tous, dans une pièce au sous-sol, dans sa voiture.

Dans le coffre du break maternel où Séréna fut découverte – par un garagiste –, il y avait les «souillures», «larves», «odeur pestilentielle» de «volaille en putréfaction», «hygiène déplorable», selon les mots des témoins, pompiers et enquêteurs qui les premiers l’ont vue.

Une poupée qui survit

Et puis il y avait aussi dans le coffre des peluches, un jouet en plastique, les biberons à la tétine élargie, la trace de médicament (paracétamol) qu’on trouvera chez l’enfant. Et le fait qu’elle ait un prénom, déjà. Séréna. «Parce qu’elle était calme...», dira la mère.

«Au sous-sol, il n’y a (pour la mère) pas d’enfant, il y a une poupée qui survit. Elle va s’en occuper à la manière d’une petite fille qui va s’occuper d'une poupée. Elle ne peut pas la voir, la sentir, la ressentir comme un enfant réel». Le Pr Henri-Michel Delcroix, gynécologue obstétricien, a tenté de décrire l’état de «sidération psychique complet» de la mère de Séréna, en accouchant seule après un «déni de grossesse total». Déjà, son deuxième enfant était né lui aussi après un déni de grossesse, et sa troisième après un déni levé après sept mois seulement. Sans aucun suivi psycho-médical entretemps.

Cette sidération, poursuit l’expert, explique le «comportement clivé», «une dissociation psychique totale» chez la mère, avec déni total de grossesse, puis d’accouchement. Un comportement auquel la survie de Séréna tient du miracle.

«L’enfant s’est adaptée du mieux qu’elle a pu», a-t-il résumé, tenant la survie pour «fortement improbable» car en pareil cas, «c’est en principe soit la poubelle, soit le congélateur». L’expert dira d’ailleurs «n’avoir jamais vu une telle situation dans la littérature médicale récente», et révélera que le cas Séréna (et de sa mère) fait l’objet de travaux de recherches.

Aujourd’hui, Séréna souffre de ce que les experts ont décrit comme un syndrome autistique «vraisemblablement irréversible», constitutif d’une «infirmité permanente» et d’un «déficit fonctionnel à 80%», conséquence de 23 premiers mois de «privations sensorielles», «sans aucun contact extérieur ni stimuli».

A bientôt 8 ans, elle a le développement mental d’une enfant de 2-3 ans et partage son temps entre une famille d’accueil et un institut médico-éducatif spécialisé.

le Pr Delcroix s’est comme en première instance, confronté aux parties civiles, avançant prudemment sur le terrain de «l’irresponsabilité pénale».

«On ne juge pas Mme da Cruz pour les circonstances de l’accouchement, on ne la juge pas pour un déni de grossesse, on la juge pour des violences volontaires ayant entraîné des infirmités permanentes», a tonné l’avocat général Claude Derens, voyant au-delà de la sidération, des «stratagèmes de dissimulation» chez l’accusée.

Rosa da Cruz est apparue peu changée par un an de détention, un peu marquée, mais avec la même expression triste et lasse. Moins prostrée quand même, alors qu’elle commençait, d’une voix claire, à répondre aux questions de la cour. Elle encourt 20 ans de réclusion.

 

Photo : Le procès en appel s’est ouvert hier à Limoges. (AFP)