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Des cheminots «méprisés» à tort

Parce qu’à leur yeux leur sécurité et celle des usagers n’a pas de prix, les cheminots ont exercé vendredi leur droit de retrait après un accident de train en région Champagne-Ardenne. Suite à ce retrait, le Premier Ministre a jugé ce droit illégal, indiquant avoir demandé à la direction SNCF d’examiner les suites qui pouvaient être données, notamment judiciaires.

Historique ! c’est ainsi que le cégétiste cheminot, Franck Arrivé conducteur de train basé à Brive (19), a évoqué le mouvement de protestation qui souffle sur la direction de la SNCF. «C’est sur les réseaux sociaux que «radio sacoche» s’est exprimée et a circulé comme une traînée de poudre. C’est historique, on n’a pas souvent connu cette réactivité du personnel». Si autant de cheminots ont voulu exercer leur droit de retrait, c’est parce que l’accident de train en Champagne-Ardenne, élément déclencheur de ce mouvement, a été la goutte d’eau. C’est en tous les cas ce qu’en déduit Jean-Marc Lahousse du syndicat régional CGT-cheminots : «c’est la conséquence d’une succession d’annonces et de modifications de la réglementation qui responsabilisent encore plus les conducteurs de train notamment sur les tâches liées à la sécurité». Il rappelle que son syndicat dénonce, de longue date, les choix dangereux pour la sécurité des circulations et des usagers imposés par la direction, évoquant entre autres les EAS (Equipement Agent Seul), ses trains circulant sans contrôleur, dont la région SNCF de Limoges est dotée. «Nous avons alerté nos directions sur les problèmes de ce nouveau matériel. Le dispositif d’alerte interne est installé sur le devant du train, donc en cas de choc il est hors-service, plus moyen de stopper le trafic sur la voie, ni de donner l’alerte. C’est ce qui s’est passé avec l’accident en Champagne-Ardenne, le conducteur a appuyé sur le bouton d’arrêt, mais rien n’a fonctionné, il a eu à gérer seul les usagers. Ce conducteur a dû sortir sur la voie pour éviter un suraccident au mépris de sa propre sécurité, alors qu’il était blessé», déplore Jean-Marc Lahousse. «Ces anomalies concernant ce dispositif sont connues de la direction, mais il a fallu attendre l’accident pour qu’elle le prenne en compte, c’est déplorable» ajoute-t-il. «Le risque zéro n’existe pas, on le sait, mais il est de la responsabilité de notre direction de veiller au mieux à la sécurité de ses agents et des usagers», estime Franck Arrivé.

Pour la CGT du secteur de Limoges, cet accident est donc «la conséquence des politiques de risques calculés menées par la direction SNCF depuis des années. Ces choix hasardeux guidés par des appétits financiers de certains de nos dirigeants mettant en péril la sécurité des circulations et des usagers». Ce qui explique aussi une telle réactivité des cheminots face à cet événement c’est le silence de la direction, comme le souligne Franck Arrivé : «l’accident a eu lieu le mercredi soir, sollicitée par les cheminots sur place, la direction régionale de Reims leur a répondu qu’il n’y a pas de problème avec l’EAS, sauf en cas d’accident ou d’imprévu ! la direction nationale n’a même pas réagi», et Jean-Marc Lahousse d’ajouter, «ni

l’une ni l’autre n’ont eu un mot pour le conducteur blessé pas plus que pour les voyageurs. Par con-tre très vite, le national a reproché aux organisations syndicales de récupérer cet accident et de prendre les usagers en otage, comme le gouvernement d’ailleurs, qui ne s’est toujours pas prononcé sur la dette de la SNCF ou sur l’état du réseau».

Les syndicalistes précisent que le droit de retrait se prend individuellement, «on n’est pas sur un conflit social, il s’agit là de démarches individuelles. La direction ne veut pas entendre la souffrance et les risques psychosociaux auxquels sont exposés les cheminots, qu’ils soient roulants ou sédentaires. Elle préfère faire monter la pression avec les usagers pour préparer l’opinion publique à sa politique de management et pour faire face à ce débordement». Dimanche les cheminots du secteur de Limoges étaient à Bordeaux pour rencontrer la direction régionale, «le Comité de vigilance citoyenne de la région de Limoges a écrit un courrier au vice-président en charge des transports au conseil régional. La dernière convention TER signée entre SNCF Mobilité et la Région dit que tous les trajets TER doivent être accompagnés d’un contrôleur, or 160 par mois roulent sans contrôleur à bord sur les secteurs de Brive et Limoges. La SNCF ne respecte pas sa prestation alors qu’elle est payée pour ça. On reste vigilant sur cette question et sur toutes celles concernant la sécurité». Le travail a repris progressivement, mais la CGT n’exclut pas un mouvement social cette fois-ci, si la direction ne tient pas ses engagements.

Avant la manifestation du 5 décembre sur les retraites, les cheminots iront à Paris pour des manif autour du fret (31-10), du commercial (5-11) et de l’infrastructure (19-11).

 

Photo : Pour la CGT, la direction est seule responsable de la sécurité des salariés et des usagers et doit donc l’assurer.