Marcel Corivaud : le communisme au cœur

Rochechouart

Samedi matin, la municipalité de Rochechouart a choisi d’honorer trois hommes qui,  par leurs actions, ont contribué d’une façon décisive à la vie de la commune. De Claude Marchat, on se souvient qu’il fut le président et le fondateur de l’association Pierre de Lune, mais aussi de l’énergie qu’il a déployée pour la création du musée Paul Pellas et de la Réserve naturelle ; très récemment disparu, Michel Fages, passionné de sport, était un proche de Jean-Marie Rougier, dont il partageait l’engagement au parti socialiste et les convictions, il fut ainsi élu de 1977 à 2014, comme conseiller municipal, maire-adjoint et conseiller général ; enfin, le communiste Marcel Corivaud, fut élu durant plus de 30, et maire de la commune de 1989 à 2001. Si des projets particulièrement importants virent le jour sous ses deux mandats (aménagement du centre-bourg, construction de la caserne des pompiers, acquisition des infrastructures ferroviaire), sa vie à elle-seule résume les combats auxquels fut confronté le mouvement ouvrier depuis la fin des années 1930.
Comme un symbole c’est en 1920 que naquit Marcel Corivaud, l’année de la fondation du Parti communiste. Il connaîtra la lutte contre le nazisme et ses affidés de l’extrême-droite française, avant de partir pour l’Algérie. Syndicaliste à l’UGSA, membre du Parti communiste Algérien, il combattra la barbarie du colonialisme et de l’impérialisme, dont le le symbole reste le témoignage de son camarade Henri Alleg, sur la pratique de la torture par l’armée française dans le livre «La question». Menacé de mort, son retour en France ne sera pas facile à l’heure d’une répression à laquelle la SFIO socialiste participait largement .
Comme l’a dit sa camarade Hélène Tricard samedi, lors du bel hommage qu’elle lui a rendu  : «Il avait retiré de toute la période de sa jeunesse et de sa jeune vie d’adulte, cette haine contre l’injustice, la guerre, la main-mise des grandes fortunes sur l’économie.»
Après avoir connu la violence de deux guerres de libération, Marcel Corivaud, qui devait donner son adhésion au Pôle de la renaissance communiste en France, n’acceptait pas l’abandon de la référence à la dictature du prolétariat par son parti.
Il était l’homme d’un siècle partagé entre deux mondes, le monde de l’impérialisme et le monde socialiste (qui n’était d’ailleurs pas ce qu’il prétendait être... Mais le soit-disant monde libre l’était-il vraiment).
Ces deux mondes-là ne se combattaient pas dans le ciel des idées ou dans des débats démocratiques feutrés. Ils prenaient vie un peu partout sur la planète, dans les usines, dans les quartiers,  chez les paysans, chez les opprimés, dans chaque geste minuscule par lequel se construisaient la lutte et la vie. C’est cet engagement immédiat, qu’a encore décrit Hélène Tricard en disant qu’Marcel Corivaud  «mettait tout en oeuvre pour faire du service public municipal un véritable instrument de progrès au service de l’ensemble des Rochechouartaises et des Rochechouartais», avant de conclure : «J’ai beaucoup travaillé avec Marcel Corivaud, j’ai beaucoup appris avec lui et je me suis formée à l’action municipale à son contact. Je veux ici, et sûrement comme beaucoup, l’en remercier très sincèrement. Je veux ici en témoigner, Marcel avait une véritable passion pour sa commune, marquée par ses nombreuses réalisations. J’ai une autre certitude. Je suis certaine que Marcel n’aurait pas aimé que nous lui adressions des éloges, mais je suis également certaine qu’en enrichissant la mémoire collective de notre commune avec ce parc qui porte son nom, nous rendons un juste hommage à mon camarade. De cela, je suis fière.»
Une fierté partagée par celles et ceux qui l’ont connu et qui poursuivent son engagement, et s’il n’y a plus de pays socialistes depuis bien longtemps, on peut remarquer que cela n’a pas rendu l’impérialisme plus humain et le capitalisme plus acceptable. Au sein de cette planète réunifiée, il reste bien deux mondes, celui des exploiteurs et celui des exploités.