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L'objectif est de «gagner le Tournoi» dès 2018

XV DE FRANCE : Entretien avec Jacques Brunel

Le nouveau sélectionneur du XV de France Jacques Brunel a déclaré à l'AFP ambitionner de « gagner le Tournoi des six nations » dès 2018 et compte, pour atteindre cet objectif et briser la spirale négative des Bleus, « repartir sur des choses simples ».
Le XV de France vient de subir six défaites de suite, dont cinq en test-matches, et de concéder un match nul face au Japon. Avez-vous hésité à accepter le poste ?
« Bien sûr. Cela a été une surprise. Jamais de la vie je ne m'attendais à ce qu'on m'appelle. D'une part parce que je ne pouvais imaginer qu'il allait se passer ça (mise à l'écart de Guy Novès, NDLR), même si je sais qu'en tant qu'entraîneur nous sommes soumis à ces aléas. D'autre part, parce que je suis engagé (avec Bordeaux-Bègles, NDLR), il a donc déjà fallu savoir si je pouvais me dégager. Après, l'équipe de France... J'ai fait trois Coupes du monde (comme adjoint du XV de France et sélectionneur de l'Italie, NDLR), préparé environ 130 matches internationaux, donc je ne cherche pas à battre des records, je n'attends pas une nomination ou un titre de plus, je n'ai pas besoin de soigner mon image, ni de notoriété. Je n'attends rien ! Mais c'est difficile de ne pas y aller. »
Comment redonner confiance à un groupe moralement touché ?
« Le changement va peut-être pouvoir apporter un peu de confiance, perdue. Après, on a l'ambition de gagner le premier match (du Tournoi des six nations 2018, le 3 février contre l'Irlande, NDLR). A partir du moment où il y a la victoire, tout va s'enchaîner. Donc mon premier objectif ne va pas plus loin que l'Irlande. »
Faut-il réduire la voilure au plan du jeu ?
« De toutes façons, de part le temps imparti, les bases du jeu devront être simples et assimilées par les joueurs. Il faut partir de choses assez simples. Mais le rugby international suppose de travailler sur l'intensité, la vitesse et le mouvement, c'est évident. Il faut jouer de façon équilibrée, avoir une assise défensive forte. Ce sont des basiques. »
« Prendre les joueurs les plus en forme »
Guy Novès a testé 74 joueurs. A moins de deux ans de la Coupe du monde, faut-il restreindre le groupe ?
« Il reste encore deux ans avant la Coupe du monde. Il ne faut pas se baser dessus. Peut-être, au-delà de ce mandat, qu'on s'est trop focalisé sur l'objectif Coupe du monde et qu'on n'est pas assez resté sur l'instant présent. Et c'est le Tournoi : tous les ans, la France se doit d'être compétitive pour la victoire finale. Donc pour ce Tournoi, il faut prendre les meilleurs joueurs, les plus en forme. Il n'y a pas à se projeter sur dans deux ans. Dans une équipe, il faut un mélange de joueurs jeunes et plus expérimentés. Il y a des jeunes de qualité, mais il faut trouver cet équilibre. »
Le rappel de Morgan Parra, étincelant avec Clermont mais ignoré en bleu, semble dès lors une évidence...
« Je ne vais pas prendre de noms en particulier. Mais Parra fait de très bons matches. »
Estimez-vous que cette génération a les qualités pour rivaliser avec les meilleures nations mondiales ?
« De l'intérieur, je vois de la qualité dans les joueurs français, tous les week-ends. Par rapport au potentiel de l'Italie, il y a un monde de différence. Ici, il y a vraiment le potentiel pour gagner le Tournoi. cela doit être notre objectif. »
Dès 2018 ?
« Bien sûr. L'Irlande sera déterminante pour la suite. Mais l'objectif de la France doit être de gagner le Tournoi. Parce qu'elle l'a prouvé par le passé et en a le potentiel. On le voit lors des confrontations de Coupe d'Europe, où les Français ont leur mot à dire. Au moins au niveau du Vieux continent, on est capable de lutter pour la victoire. »
Un staff pour le Tournoi en « fin de semaine prochaine »
Vous comptez vous entourer de cinq-six entraîneurs du Top 14, qui resteraient salariés de leurs clubs. Dès le Tournoi-2018 ?
« Il va falloir que je consulte les gens dont j'aimerais m'entourer. Mais je pense que, en raison de la proximité du Tournoi, et des échéances qu'il y a encore en club, il sera difficile de rassembler très rapidement tout le monde. »
Souhaitez-vous qu'ils interviennent tous en même temps ?
« Oui. Dans l'idéal, j'aimerais un spécialiste de la mêlée, un de la touche, et deux ou trois techniciens de clubs plus généralistes. »
Pouvez-vous nous donner des noms de techniciens déjà sondés ?
« Je viens juste d'être nommé. Et toute la liste des entraîneurs du Top 14 est passée (dans la presse, NDLR). Mais il est évident que j'ai plus d'affinités avec certains entraîneurs, puisque je les ai entraînés (Bruno, Galthié, Bonnaire), ou j'ai entraîné à leurs côtés (Azéma). Je vais sonder dès demain les entraîneurs, voir dans quelle mesure ils ont envie de venir, dans quelle mesure ils sont disponibles, et si oui quand. Cela suppose leur aval, mais aussi des présidents. Cela ne se fait pas comme ça. Mais on va y arriver. Il faut qu'à la fin de la semaine prochaine on ait constitué un staff pour le Tournoi. Et peut-être que d'autres arriveront plus tard. »
De l'extérieur, cela ressemble à du bricolage...
« Toutes les choses neuves peuvent paraître un peu bizarres. Mais les Lions britanniques le font, et j'ai moi-même travaillé avec Bernard Laporte, en novembre 2000 (Brunel entraînait alors Pau, NDLR), sur une échéance internationale. Donc ce n'est pas irréalisable, même si elle était très courte. »
La différence, c'est que les championnats sont terminés quand les Lions partent en tournée. Estimez-vous réaliste de convaincre les clubs de libérer sur de longues périodes leurs entraîneurs ?
« La problématique est surtout pour le Tournoi, car c'est la période la plus longue. Pour (les tournées d') été, et même novembre, c'est beaucoup plus accessible selon moi. »

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